Dakar-Echo

Interdiction de manifestation au Sénégal: la Constitution bannit les restrictions

senegal_constitutionLe droit de marcher et d’exprimer librement son opinion est inscrit noir sur blanc dans la Constitution sénégalaise.

En effet, les textes de la République sénégalaise accordent une importance capitale aux libertés et à l’être humain, comme dans toute démocratie. D’ailleurs même, cette même loi qui autorise la population de manifester est renforcée par une autre qui sanctionne toute tentative de restriction de cette liberté.

Battre le macadam n’est pas interdit par les textes de la République sénégalaise. Au contraire, la Constitution du 22 janvier 2001 actuellement en vigueur au Sénégal, reconnaît clairement le droit de manifester.

Si on se fie à l’article 10 de la Constitution sénégalaise, «chacun a le droit d’exprimer et de diffuser librement ses opinions par la parole, la plume, l’image, la marche pacifique, pourvu que l’exercice de ces droits ne porte atteinte ni à l’honneur et à la considération d’autrui, ni à l’ordre public».

Plus, dans ce même document, l’article 8 stipule que «la République du Sénégal garantit à tous les citoyens les libertés individuelles fondamentales, les droits économiques et sociaux ainsi que les droits collectifs.

Ces libertés et droits sont notamment : les libertés civiles et politiques : liberté d’opinion, liberté d’expression, liberté de la presse, liberté d’association, liberté de réunion, liberté de déplacement, liberté de manifestation».

Pour venir en appoint à cette loi, un autre article, en l’occurrence l’article 9, indique clairement que «toute atteinte aux libertés et toute entrave volontaire à l’exercice d’une liberté sont punies par la loi».

Ainsi donc, l’Etat a le devoir de faire respecter le droit de manifester et même de sanctionner toute personne qui porte atteinte aux libertés précitées.

Toutefois, force est de signaler que le Sénégal a adopté le régime de la déclaration au détriment du répressif et du préventif.

Donc, sur cette base, tout Sénégalais qui désire organiser une manifestation publique est tenu d’en informer, soixante-douze heures à l’avance, l’autorité publique (le Préfet de la circonscription d’où doit se tenir la manifestation), afin que celle-ci puisse notamment prendre les mesures de sécurité qui s’imposent.

La Constitution du Sénégal

Seydi Gassama d’Amnesty International sur l’interdiction du meeting du PDS : « C’est un prétexte absolument fallacieux… »

Le président de la section sénégalaise d’Amnesty international, Seydi Gassama, a fermement condamné l’interdiction des diverses manifestations par le préfet de Dakar.

Estimant que seules les manifestations non autorisées ont été à l’origine de troubles, il a dit tenir pour responsables de toute violence qui en découlera, le préfet de Dakar, le ministre de l’Intérieur, tout comme le président de la République.

«Nous voudrions dire au préfet de Dakar, au ministre de l’Intérieur et au président lui-même, que c’est leur interdiction qui sera responsable de tout ce qui peut aboutir demain comme trouble à l’ordre public, comme décès ou violence à la suite de ces interdictions-là.

Ils seront les seuls responsables», a averti Seydi Gassama, président de la section sénégalaise d’Amnesty international. Joint par la rédaction hier, le droit-de-l’hommiste a botté en touche l’argument toujours brandi par les autorités pour interdire les manifestations.

A l’en croire, «c’est un prétexte absolument fallacieux de dire qu’on interdit à cause de menace de trouble à l’ordre public. Nous estimons que ce qui trouble l’ordre public, ce sont les interdictions.

Pendant les 15 dernières années, jamais une manifestation autorisée n’a dégénéré et n’a créé des troubles à l’ordre public». Seydi Gassama s’est dit d’ailleurs foncièrement convaincu qu’actuellement, les gens sont conscients de leur droit. «Donc, il ne saurait être question que les gens acceptent qu’on leur confisque cette liberté de manifestation», en a-t-il déduit.

Il a dans la même logique indiqué qu’il y a suffisamment de forces de sécurité de Thiès et Dakar, pour encadrer plusieurs manifestations à Dakar, qu’elles soient de l’opposition ou de la mouvance présidentielle. Ainsi, a-t-il trouvé paradoxal «qu’à chaque fois qu’on dit qu’on les interdit, on déploie sur le terrain, pour faire respecter ces interdits, beaucoup plus de forces de sécurité que pour les encadrer».

Seydi Gassama s’est par ailleurs désolé que «depuis que Macky Sall est arrivé au pouvoir, ce sont des interdictions à n’en plus finir avec toujours le même refrain, menace de trouble à l’ordre public». Selon lui, «la plupart des gens sont tombés en 2012 pour défendre la liberté de manifester. C’est ce mouvement-là qui a permis à Macky Sall d’accéder au pouvoir».

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

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