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Indonésie : six trafiquants de drogue exécutés, dont un Nigérian et un Malawite

Abuchi-NgwokeL’Indonésie se retrouve au coeur d’une tempête diplomatique après les exécutions de six personnes condamnées pour trafic de drogue, dont cinq ressortissants étrangers. Outre une Indonésienne, les condamnés à mort venaient du Brésil, des Pays-Bas, du Vietnam, du Malawi et du Nigeria.

Ces exécutions sont les premières depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau président Joko Widodo fin octobre.

La grâce présidentielle refusée.
Les six détenus, qui avaient été condamnés à mort entre 2000 et 2011, ont été passés par les armes ce dimanche peu après minuit, selon les autorités indonésiennes. Ils avaient tous été condamnés pour contrebande de drogue, à l’exception du Néerlandais, âgé de 62 ans, qui avait été reconnu coupable d’avoir orchestré la production d’ecstasy à grande échelle dans une gigantesque usine. Tous avaient formulé une demande de grâce, rejetée par le président Joko Widodo.

Le chef du parquet indonésien, H.M Prasetyo, a souligné que les exécutions avaient été menées à bien conformément à la loi même s’il ne s’agissait pas «d’une chose plaisante». «L’Indonésie doit être sauvée de la drogue». Il s’agit d’un «crime contre l’humanité qui met en danger le moral de la jeune génération», a-t-il dit. L’Indonésie avait suspendu les exécutions en 2008, avant de les reprendre en 2013. La législation de l’archipel en matière de trafic de drogue est l’une des plus sévères du monde.

Dilma Roussef «indignée».
L’Union européenne avait appelé Jakarta à renoncer à ces exécutions, que le Brésil et les Pays-Bas ont immédiatement condamnées. La présidente brésilienne Dilma Rousseff s’est dite «angoissée et indignée» que Jakarta ait ignoré ses appels répétés à la clémence en exécutant Marco Archer Cardoso Moreira, selon un porte-parole. «L’application de la peine de mort, qui est de plus en plus rejetée par la communauté internationale, affecte gravement les relations entre nos pays», a-t-il ajouté.

Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Bert Koenders, a réagi en rappelant provisoirement son ambassadeur après la mort de Ang Kiem Soei, qualifiant les exécutions des six condamnés de «terriblement tristes». «Je suis de tout coeur avec leurs familles», a-t-il ajouté, expliquant que le gouvernement néerlandais avait tout fait pour que cette affaire trouve une issue plus heureuse.

«Etat d’urgence» face à la drogue
Le président Widodo, surnommé Jokowi en Indonésie, avait douché les espoirs des associations de défense des droits de l’Homme qui espéraient que ce président à la réputation de réformiste se montrerait clément. Il a réfuté toute possibilité de grâce en la matière. Pour lui, la peine de mort est justifiée par le fait que le pays est en «état d’urgence» en raison de la drogue. D’après les autorités, jusqu’à 50 jeunes Indonésiens meurent chaque jour d’avoir consommé de la drogue et le pays compte environ 4,5 millions de toxicomanes. L’Indonésie compte quelque 250 millions d’habitants.

Pour le moment, pas de réactions des autorités du Nigéria et du Malawi.

Selon les autorités indonésiennes, une vingtaine de détenus sont en attente d’exécution. Parmi eux, une grand-mère britannique de 56 ans, arrêtée en 2013 à Bali avec près de cinq kilos de cocaïne, de même que deux Australiens et un Français.

La France a fait part vendredi de sa «préoccupation» quant au sort de ce dernier, Serge Atlaoui, condamné en 2007 à la peine capitale pour avoir travaillé dans un laboratoire clandestin de production d’ecstasy, près de Jakarta. Arrêté en 2005, il a déposé un recours devant la Cour suprême, qui ne s’est pas encore prononcée. «La France ne souhaite pas que la peine capitale soit utilisée», a déclaré le ministre français des Finances, Michel Sapin, en visite à Jakarta.

Jean Louis Verdier- Bloggeur- Rédacteur en chef Digital -Paris
E-mail: dakarecho@gmail.com Tél (+00) 33 7 51 10 29 13

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