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Hapsa­tou SY: taillée pour la réus­site

Hapsa­tou SY: taillée pour la réus­site

hapsatou-sy-2015De la banlieue au petit écran, son parcours aura été sans accrocs. Hapsa­tou Sy, chro­niqueuse de Laurence Ferrari a même obtenu de D8 du sur-mesure. Chic, chic, hourra!

Les quenottes sont ravis­santes. Le teint cara­mel, à croquer. Le reste à l’ave­nant. Hapsa­tou fait son petit effet. Et le sait. Mais compense ce qui pour­rait irri­ter par une volonté d’être sympa­thique, sans façon.

C’est que Miss Sy a oublié d’être stupide. Il y a trop long­temps qu’elle pagaie au milieu des caïmans du mari­got pari­sien pour ne pas savoir comment surna­ger: le sourire, la belle histoire atypique ne sont-ils pas de formi­dables argu­ments de vente?

D’au­tant que la chro­niqueuse du Grand 8, animé par Laurence Ferrari sur D8, a des raisons d’être de bonne humeur: la chaîne lui offre sa propre émis­sion. Top départ ce 3 mars à 21h50. Nom: Projet Fashion.

Une sorte de Master­chef, mais pour jeunes créa­teurs de mode, censés confec­tion­ner un vête­ment sous l’œil d’un jury de profes­sion­nels haut en couleurs. « Vous verrez, ça va être géant! » Elle a les billes noires qui luisent. La mode, elle adore, surtout depuis qu’elle est sortie d’an­nées d’ado­les­cence complexée: « A dix-huit ans, je mesu­rais 1,35m, je n’avais aucune forme, on me prenait pour un garçon. J’ai grandi tout d’un coup. »

Le jour où Dame Nature a comblé, en beauté, son retard, Hapsa­tou s’est sentie mieux, plus en phase, en tout cas, avec son statut de « seconde maman », comme on la surnomme dans sa famille.

C’est que la numéro trois d’une fratrie de huit, a su se démarquer très vite. Une soif de vivre, de travailler, de soula­ger maman, Mauri­ta­nienne « toujours élégam­ment habillée de couleurs vives », mariée à treize ans à son héros, son papa séné­ga­lais, « qui montait des stands dans les foires, et ne se plai­gnait jamais ».

Dans la tour de dix-huit étages à Chaville, où « un jour on mangeait le thieb séné­ga­lais, un autre des falla­fels avec les voisins juifs », tous se sont construits autour du « respect des parents et une immense recon­nais­sance pour leur pays d’ac­cueil ».

Pas de lamento dans ce story­tel­ling: « On ne manquait de rien. Ce que je voulais -pour moi et les miens- je travaillais pour me l’of­frir. » Courses pour les retrai­tés du quar­tier –5 francs par ci, 10 francs par là -, Hapsa­tou, dès l’âge de 12 ans, a compris que quand on veut on peut.

A 24 ans, elle est la black citée en exemple, femme d’en­tre­prise à la tête de dix-sept centres d’es­thé­tique, une belle idée qui a tourné au dépôt de bilan en 2013, lui a valu « des nuits à chia­ler », mais aussi la force de rebon­dir.

A 34 ans, tout va bien, elle a sa gamme de produits de beauté distri­bués en France et dans le monde. Promis, juré, elle ne sera jamais une Rachida Dati alibi – « je suis bien trop entière pour la poli­tique ». Son truc, c’est femme d’en­tre­prise. Et tant mieux si la télé y contri­bue. Elle, ce qu’elle veut avant tout, c’est trans­mettre ce message aux femmes: « Sois belle et tais-toi, c’est révolu. Aujourd’­hui, c’est sois belle et fais! »

Mary­vonne Olli­vry

Photos : DARIUS SALIMI/D8

Jean Louis Verdier- Bloggeur- Rédacteur en chef Digital -Paris
E-mail: dakarecho@gmail.com Tél (+00) 33 7 51 10 29 13

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