Dakar-Echo

Flashback sur la 24e édition du Fespaco à Ouagadougou

FESPACOLe Burkina Faso accueille à partir de ce samedi 28 février et jusqu’au 7 mars prochain, la 24ème édition du Festival panafricain du Cinéma de Ouagadougou (FESPACO). Le thème de cette année est « Cinéma africain : production et diffusion à l’ère du numérique », avec l’Egypte comme pays d’honneur.

Le Sénégal y est représenté quatre fois, et dans quatre catégories distinctes : le long métrage, avec «Des Etoiles» de Dyana Gaye ; le court métrage avec «Moruna» de Moly Kane ; le documentaire enfin avec «Momsarew (Le Pari de l’indépendance)» d’Alassane Diagne. On retrouve encore, dans la catégorie « Ecoles » cette fois, le film « Sagar » de Pape Abdoulaye Seck. C’est en 1969 que voyait le jour le Fespaco, sur fond de « militantisme culturel et populaire ».

La naissance du Fespaco n’est pas si récente que cela puisqu’elle remonte au 1er février de l’année 1969, sous la forme d’une « aventure ponctuelle » et portée par un groupe de cinéphiles qui en sont les membres fondateurs et parmi lesquels on trouve un certain Sembène Ousmane.

Et aussi paradoxal que cela puisse paraître, il n’y a à ce moment-là, ni réalisateurs, ni structures de cinéma dans un pays qui ne s’appelle pas encore le Burkina Faso mais la Haute-Volta. Il faut dire que les premiers pas de ce qui sera plus tard le Fespaco se font d’abord de manière assez confidentielle.

Ce qui frappe alors, c’est qu’on se rend compte qu’il existe bel et bien des films africains, mais que ceux-là seraient ou inaccessibles ou invisibles. C’est cette aventure que raconte d’ailleurs un historien français du cinéma, dans un ouvrage intitulé « Le Fespaco, une affaire d’Etat (s). 1969-2009» et publié chez l’Harmattan en 2013.

Colin Dupré, c’est le nom de l’auteur, explique ainsi que le Fespaco voit le jour sur fond de «militantisme», «à la fois culturel et populaire», et qu’il cherche surtout à « décoloniser les écrans ». L’autre mission de ce Festival, à ses premières heures, consiste à ce que les cinéastes africains aient un point de chute ou au moins une structure qui les rassemble « au sud du Sahara ».

La périodicité du Festival n’a rien à voir avec le hasard puisque celui-ci se tient toutes les années impaires et le temps d’une semaine. En 1972, soit trois années après sa création, le Fespaco est bien plus qu’un événement : c’est une institution.

Le 1er Etalon de Yennenga, consécration suprême, date d’ailleurs de cette année-là et récompense alors « Le Wazou polygame » du réalisateur nigérien Ousmane Ganda. Entre-temps ou en l’espace de 4 décennies, il sera attribué à une vingtaine de réalisateurs.

Que serait justement le Fespaco sans sa fameuse statuette, cette « guerrière, lance à la main, juchée sur un cheval cabré. Ce trophée tire son nom du mythe fondateur de l’empire des Mossés, ethnie majoritaire au Burkina Faso.»

Pour ce qui est des symboles toujours, un monument érigé en 1987 au cœur de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso et fief du Fespaco, rend hommage à la mémoire de ces personnes qui ont honoré le cinéma africain. L’édifice représente quelques outils de travail des cinéastes : « objectifs de caméra, bobines de films, zooms et téléobjectifs ».

Dans une interview publiée à la veille de la précédente édition du Fespaco, c’était en 2013, Colin Dupré, qui a passé quatre années à creuser le sujet, affirmait que le problème de la production, en termes de nombre de films, ne se posait plus vraiment : 101 films en 2013 contre 86 cette année.

L’enjeu comme il dit aussi, est surtout financier. Que ce soit la production ou la distribution, cela a forcément un coût, dans un monde en crise et « sur un continent où la priorité n’est pas au cinéma ». Mais « le vrai problème, ajoute-t-il, c’est que les films africains ont aussi du mal à passer sur les écrans en Afrique, sur leurs territoires de prédilection. (Et que c’est) avant tout pour des raisons financières.»

Colin Dupré regrettait aussi que le dynamisme du Burkina Faso, tout au long de ces 4 décennies, soit resté « un peu minoritaire ».

Timbuktu: hors compétition au FESPACO

Mauvaise nouvelle après le succès de « Timbuktu », le film du réalisateur mauritanien Abderrahmane Sissako, qui repartait de la 40ème cérémonie des Césars avec sept statuettes sur huit, correspondant à sept distinctions dont celle du meilleur film et celle du meilleur réalisateur.

Mauvaise nouvelle, puisque le Festival panafricain du Cinéma de Ouagadougou (FESPACO) aurait décidé de le retirer de la compétition officielle, disent nos confrères du magazine Jeune Afrique, et ce « pour des motifs sécuritaires », comme l’expliquait à la rédaction le chargé de communication de l’organisation du Fespaco, Gervais Hien.

Ce que disent aussi les organisateurs, selon la même source, c’est que cette décision, ils ne l’ont pas prise tout seuls, mais en accord avec le réalisateur.

Abderrahmane Sissako, aurait pourtant déclaré à Jeune Afrique, qui l’a contacté, qu’on ne l’avait pas associé à la démarche.

« Timbuktu », rappelons-le, est le récit de l’occupation islamiste dans la vile malienne de Tombouctou, entre 2012 et 2013.

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

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