Dakar-Echo

Filles kidnappées du Nigéria: 8 mois déjà, ne les oublions pas

bringbackMercredi 10 décembre 2014, deux adolescentes habillées en hijab, âgées de 17 et 18 ans, se sont fait exploser au Nigéria, dans les toilettes d’un marché de l’Etat de Kano, tuant au moins quatre personnes.

C’est dans la Grande mosquée de cette même localité, qu’en fin novembre dernier, un double attentat-suicide suivi d’une fusillade, attribués à Boko Haram (l’Education est un pêché) avaient fait au moins 120 morts.

Boko Haram poursuit ainsi son infernale descente dans les abysses de l’ignominie et de la folie en faisant exploser des jeunes filles bardées de ceintures d’explosifs avec certainement la promesse de mourir en martyrs et de se retrouver au Paradis. Comme si les portes de la félicité pouvaient s’ouvrir aux assassins de l’aube.

14 avril 2014-15 décembre 2014, cela fait 8 mois et un jour que plus de 200 adolescentes âgées entre 15 et 18 ans ont été kidnappées par Boko Haram.

Cette organisation de drogués, de déclassés enfermés dans leur archaïsme, qui ont kidnappé ces jeunes pensionnaires d’internat du lycée du petit village de Chibok, à quelque 130 kms de la capitale régionale de Maiduguri, avaient promis au nom d’Allah (suprême hérésie), de les réduire en esclaves et de les vendre ou de s’en servir comme objets sexuels.

Difficile de croire que ce grand pays a fait tout ce qu’il pouvait pour retrouver ces jeunes filles. Nul ne sait encore où elles sont parquées.

L’armée et les forces de sécurité du Nigéria, désormais première puissance économique et démographique d’Afrique, se sont montrées d’une inquiétante et désespérante inefficacité. Elles ont plutôt installé la confusion en distillant des rumeurs de localisation, de discussions et de libération imminente, rendant encore plus pathétique leur incurie.

Et qui plus est, on ne sent même pas une mobilisation, ni dans ce pays ni en Afrique. Au contraire, le président Goodluck, le mal nommé, à mille lieux de faire montre d’empathie, se pavane de pays en pays, mine de rien, son chapeau de néo cow-boy vissé sur la tête. Et pire incongruité, il semble obnubilé par sa réélection. Extraordinaire tout de même!

A se demander ce que pèse le quotidien d’enfer de ces petites filles de chair et sang, enlevées de leurs écoles, soustraites à leurs familles, privées d’avenir et de rêves et qui, même si elles venaient à recouvrer la liberté demain, seraient stigmatisée dans nos sociétés machistes qui ont tendance à couvrir d’une double peine les victimes de viol ?

Violées par des gens qui ont chosifié leurs corps, voilà qu’elles seront ensuite réduites à moins que rien par un regard social qui au lieu de faire montre de compassion, les enfermera dans une culpabilité mortifère.

Aussi, à moins de deux semaines de l’année 2014 qui s’apprête à fêter Noël, à envelopper ses heurs et malheurs sous ses ailes énormes, et à ouvrir de nouvelles pages que l’on espère beaucoup plus gratifiantes, importe-t-il d’exprimer une vive indignation et d’avoir une forte pensée pour ces 200 adolescentes et leurs familles.

Pour toutes les filles violées, mariées contre leur gré, à qui on refuse l’école, pour assouvir les pulsions de mort de ces forces du mal. Pour le Nigéria, ce géant aux pieds d’argile. Nous ne devons pas oublier ces 200 adolescentes qui sont encore entre les mains de cette organisation qui se nourrit du sang des autres.

Vieux SAVANE

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

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