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Fethi Ghares, le coordinateur du MDS, un parti algérien de gauche, condamné à deux ans de prison ferme

Fethi Ghares, le coordinateur du MDS, un parti algérien de gauche, condamné à deux ans de prison ferme

Le coordinateur du Mouvement démocratique et social (MDS), un parti algérien de gauche, Fethi Ghares, a été condamné, dimanche 9 janvier, à deux de prison ferme et plus de 1300 dollars d’amende par le tribunal de Bab El Oued, à l’ouest d’Alger.

Lors de son procès, fin décembre 2020, trois ans de prison ferme et 600 dollars d’amende ont été requis à son encontre par le procureur de la République.

Fethi Ghares a été arrêté, au début du mois de juillet 2020. Il a été poursuivi pour « atteinte à la personne du président de la République », « outrage à corps constitué » et « diffusion d’informations pouvant porter atteinte à l’unité nationale et à l’ordre public ».

Commentant ce verdict, le vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), le qualifie de « scandaleux et de honteux ».

«Un verdict lourd pour des poursuites infondées avec un dossier vide. Ce verdict est une preuve de plus, une dérive de trop dans la criminalisation de l’acte politique.

Fethi est poursuivi pour ses opinions et pour son engagement politique en tant que responsable du MDS, un parti politique agréé et légal. C’est une escalade contre les libertés ! », écrit-il sur sa page Facebook.

Lors de son procès qui s’est déroulé, le 26 décembre dernier, le coordinateur du MDS a dénoncé « une affaire politique ».

« C’est un procès politique ! Vous êtes en train de juger un coordinateur d’un parti politique. Cette qualité je la garde même dans ma cellule », avait-il déclaré en réponse aux questions du juge.

Lors de cette audience, le magistrat l’avait interrogé sur ses propos sur le système.

« De qui parlez-vous en disant que nous refusons d’être gouvernés par les enfants de Bigeard (Général de l’armée coloniale française en Algérie) ? », lui avait-il demandé. En réponse, le chef du MDS avait déclaré : « Il ne refuse ces propos que celui qui se sent visé ». « Qu’est-ce que vous entendez par le régime criminel ? », l’avait interrogé à nouveau le juge.

L’accusé avait rétorqué : « Le régime qui emprisonne des innocents est criminel, le régime qui dilapide 1000 milliards de dollars l’est aussi. J’ai critiqué le régime de Bouteflika qui a dépensé cet argent. Aujourd’hui, je suis poursuivi pour cela, ça veut dire que le régime n’a pas changé», avait-il lancé.

Pour rappel, les défenseurs des droits de l’homme dénoncent, depuis quelques mois, « la politique répressive du pouvoir », marquée, selon eux, par l’emprisonnement de plus de 300 militants et activistes du Hirak et l’engagement de poursuites judiciaires contre d’autres.

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