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Festival films femmes Afrique :«Hyènes» en version restaurée rend hommage à Djibril Diop Mambéty

Festival films femmes Afrique :«Hyènes» en version restaurée rend hommage à Djibril Diop Mambéty

Le Festival films femmes Afrique, qui se déroule jusqu’au 23 février à Dakar, a rendu hommage, samedi, au réalisateur sénégalais Djibril Diop Mambéty, décédé en juillet 1998. Son long-métrage “Hyènes” (1992), restauré par le producteur Pierre-Alain Meier, a été projeté samedi au nouveau Complexe cinématographique Sembène Ousmane.

C’est un film qui retrouve une deuxième vie. “Hyènes”, le long-métrage en version restaurée par Pierre-Alain Meier, producteur du Sénégalais Djibril Diop Mambéty, a été projeté dans la salle qui porte son nom, samedi, à Dakar, au nouveau Complexe cinématographique Sembène Ousmane.

Le Festival films femmes Afrique a ainsi rendu hommage au comédien, scénariste et réalisateur décédé en juillet 1998. Linguère Ramatou, incarnée par Ami Diakhaté, revient à Colobane par la grande porte après en être chassée suite à de faux témoignages orchestrés par son amant de l’époque, Mansour Diouf, dans le rôle de Dramane Drameh. Ramatou revient riche.

Elle est milliardaire alors que la mairie est en faillite. Dramane est proposé pour remplacer le maire, interprété par Makhouradia Guèye, aux fins de s’attirer les bonnes grâces de Linguère Ramatou. Il s’engage à aider Colobane. Au travers de plongées contre plongées, le réalisateur déploie son écriture cinématographique. Ramatou arrive sous les honneurs.

Le regard malicieux, un flot de souvenirs la submerge. Elle est l’objet de toutes les attentions, de toutes les curiosités. Elle est la seule survivante d’un accident d’avion. Coiffures et costumes d’époque, sous la direction d’Oumou Sy, confèrent un cachet esthétique particulier au film. L’ancien président du Tribunal, Gana, devenu valet, porte la parole de la Linguère.

Elle propose 100 milliards de FCfa pour laver son honneur, pour avoir la tête de Dramane qui l’avait enceintée. Le maire oppose un refus catégorique. Le maître mot : la solidarité. Jadis peu fréquentée, la boutique de Dramane est prise d’assaut par les populations.

Elles s’endettent à tour de bras. “Le règne des hyènes” a commencé, ironise Ramatou. Inquiet, Dramane commence à perdre raison. Il est habité par un accès de paranoïa. Il veut s’exiler à Saraba qui, dans l’imaginaire des Sénégalais, symbolise le lointain, l’ailleurs, cette localité perdue.

Depuis l’arrivée de Ramatou, Colobane a renoué avec la joie de vivre avec les apparitions de comédiens comme Thierno Ndiaye Doss, Issa Samb alias Joe Ouakam, Oumar Bâ dit Baye peul, Malick Ndiaye « fara tial tial… » Dans le déroulé du film, la musique est très présente avec des partitions de la cantatrice Yandé Codou Sène, et du musicien-chanteur Wasis Diop, auteur de la musique du film.

Ramatou devient l’espoir pour faire revivre la prospérité à Colobane. Elle a la rancune tenace. Elle promet de leur faire payer ce qu’elle a enduré avant son exil. Dramane arrive au bout d’une existence vaine avec le jugement de ses concitoyens.

Il promet de se soumettre au verdict. La donation de Ramatou est acceptée après un vote à mainlevée des jurés. Destin tragique, Dramane est exécuté.

E. Massiga FAYE

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