Dakar-Echo

Fauteuil présidentiel

Fauteuil présidentiel

Ils sont cinq à courir derrière la belle. Quatre à vouloir la chiper d’un caudataire qui, pour la posséder, nous avait promis un monde meilleur.

Bien entendu, il ne nous avait pas promis l’Eden. Mais l’univers qu’il nous faisait miroiter était si généreux. Un autre Sénégal avec une gouvernance sobre et vertueuse. La patrie avant le parti et tutti quanti.

On l’avait cru sur parole avant de lui livrer la gonzesse. il avait même juré, la main sur le cœur, qu’elle allait libérer sa naïade après cinq ans de volupté pour laisser à d’autres la chance de la conquérir à leur tour.

Ce alors qu’il avait le droit d’en jouir pour sept bonnes années. on ignorait alors qu’il était si cachotier et si coquin. Le visage d’ange qu’il nous avait présenté était si attendrissant.

Chez le Prince où il servait, on l’avait rabroué de façon si maladroite que le bon peuple avait eu pitié de lui et avait décidé de lui offrir la belle qu’il ne veut plus lâcher.

Ses plus sérieux concurrents ont été éloignés à travers de grotesques artifices judiciaires. Plutôt que de laisser qui veut conquérir la gonzesse faire valoir ses dispositions, il s’est choisi des adversaires dont l’un vient d’être dépouillé de sa garde rapprochée.

Le malheureux ! on lui avait envoyé des sbires pour lui abréger la vie. Il a dû guerroyer pour ne pas mourir bêtement. Le coquin qui tient à sa belle résiste et soudoie ceux qui feront le choix entre lui et les quatre autres soupirants tous transis d’amour.

Rien n’est de trop pour prolonger la volupté. il a même envoyé un de ses très zélés ministres chez des familles éplorées ou éclopées des suites d’une bataille, feignant d’oublier que Saint – Louis et Fatick comptent également des blessés.

Tant pis pour ces gueux ! Une des dames de sa jeunesse si clairvoyante a envoyé un message fort au bon peuple. Ceux qui voteront pour lui seront les premiers à être servis.

Les autres pourront toujours attendre qu’il en finisse avec la belle ! Il continue ses randonnées, se gaussant des caravanes de ses adversaires.

Lui si pauvre hier, devenu si riche aujourd’hui, peut se permettre de louer des stades richement décorés.

Ah, la fortune. Surtout que, mais cela il ne le mentionne pas, les stades sont refusés à ses rivaux. Allez donc demander à Issa Sall du Pur qui voulait tenir son meeting d’ouverture au stade Alassane Djigo de Rufisque.

Refus du maire cette ville — qui n’est autre que le propre oncle du chef — de lui prêter le stade en question. Alors, quand le chef défie ses adversaires de remplir les stades… Surtout que lui-même, en 2012, n’a rempli aucun stade contrairement à Wade, et avait pourtant remporté l’élection !

Mais il a la mémoire courte… Partout où il passe, c’est un monde fou qui l’accueille.

Le transport des troupes en guise de faire valoir pour mieux légitimer le hold-up que flaire le Vieux Wade ? Seul Dieu sait !

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