Dakar-Echo

Exilé en Amérique du sud, le Dakar doit-il conserver son nom ?

paris_dakarPour la direction du rallye-raid, une nouvelle appellation n’est pas du tout à l’ordre du jour même si l’épreuve s’est durablement installée sur le sol sud-américain.

Dimanche, le Dakar s’est élancé pour la septième fois de suite sur le continent américain pour une boucle Buenos Aires-Buenos Aires (9000 km) qui traversera l’Argentine, la Bolivie et le Chili. S’il a emprunté les terres africaines entre 1979 et 2007, le célèbre rallye-raid n’a désormais plus aucune connexion avec le continent africain déserté après l’annulation de l’épreuve en 2008 en raison des menaces djihadistes.

Malgré la protestation du ministre de la culture et du tourisme du Sénégal, le chanteur Youssou N’dour, dénonçant en 2013 l’utilisation abusive du nom de la ville sénégalaise, l’épreuve n’est pas prête de renoncer à son appellation d’origine. «Depuis sa création, le Dakar a officiellement porté le nom des villes traversées par les concurrents.

On a eu le Paris-Alger-Dakar, le Paris-Tripoli-Dakar, le Paris-Le Cap ou même le Grenade-Dakar. Au fil des années, le grand public a fini par parler du Dakar, tout simplement, pour dénommer la course et je trouve que cette appellation lui colle très bien à la peau», justifie au Scan sport Etienne Lavigne, le directeur de l’événement.

you

Après 37 éditions, le Dakar est aussi devenu une marque sur laquelle Amaury Sport Organisation peut communiquer. Un atout non négligeable au moment où l’épreuve s’internationalise un peu plus d’année en année. 53 nationalités sont représentées au départ de l’édition 2015 chez les concurrents et 190 pays vont diffuser des images des étapes. «L’ADN de la marque est très installé.

Partout dans le monde, le Dakar acquis une certaine notoriété chez les gens qui ont une certaine sensibilité aux sports mécaniques. Quand on dit Dakar à l’étranger, on pense tout de suite à course auto-moto et camions dans le sable ou le désert.», poursuit l’héritier de Thierry Sabine.

«Il leur est arrivé de me chambrer gentiment en me demandant parfois si on avait en tête de changer le nom. Mais il n’y a aucune arrière-pensée marketing derrière cela.» E. Lavigne

Succès populaire incontestable outre-Atlantique avec 3,9 millions de spectateurs au bord des routes sur deux semaines, le Dakar a été adopté par les populations locales. «En Amérique du Sud, on a observé un réel phénomène de reconnaissance autour de cet événement qui valorise les pays traversées. La presse n’a d’ailleurs aucune intention de rebaptiser l’épreuve Transaméricaine ou avec je ne sais quelle autre appellation.»

Une position soutenue par les autorités des nations hôtes qui auraient pourtant leur mot à dire. Chaque pays paie plusieurs millions d’euros pour s’offrir une exposition médiatique et valoriser leur aspect touristique. «Nos relations avec les autorités locales sont excellentes et même chaleureuses», assure Lavigne qui n’a jamais reçu la moindre revendication pour débaptiser le Dakar.

«Il leur est arrivé de me chambrer gentiment en me demandant parfois si on avait en tête de changer de nom. Mais il n’y a aucune arrière-pensée marketing derrière cela», conclut le dirigeant qui ne se fait aucune illusion sur un retour de l’épreuve sur le sol africain à moyen terme.

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

Articles similaires

Laisser un commentaire