Dakar-Echo

Exclusion de Malick Gackou: Niasse met l’AFP dans tous ses états

niasse-gackou-600x330Décidément, l’AFP de Moustapha Niasse est en pleine tempête. Après les huées contre le patron du parti et président de l’Assemblée nationale, la suspension de huit cadres sanctionnés comme auteurs des dites huées, le duel de positionnement ouvert pour la succession de Niasse, la guéguerre est repartie sur les chapeaux de roues entre « frondeurs» et « légitimistes » ou plus prosaïquement «pro-Niasse ».

A la source de la volée de bois vert entre responsables progressistes, le dernier communiqué de la nébuleuse…commission de communication de l’AFP exigeant purement et simplement l’exclusion du parti des incriminés, en somme de Malick Gackou et cie.

Suffisant pour que Mamadou Goumbala, initiateur d’un courant au sein de l’Afp, dénonce les « cagoulards » dont Alioune Sall, le patron de l’Ancp, et surtout le permanent du parti, Bouna Mohamed Seck, accusé d’être le conspirateur du communiqué en question, voire de monnayer des motions de soutien en faveur de Moustapha Niasse, un leader coupé de sa base, à hauteur de 300 à 500 000 F Cfa.

En réplique, Bouna Mohamed Seck a vivement démenti les assertions de Goumbala, un «mercenaire» qui a un problème avec le parti et non pas lui, et qui se fourvoie totalement pour ce qui est de sa représentativité et celle de ses compagnons frondeurs au sein de l’AFP.

C’est un Mamadou Goumbala, très remonté contre le traitement d’un communiqué supposé provenir des instances de l’Afp, qui nous a contactés pour se porter-en-faux contre les informations relayées par le texte en question. Le chef de file du courant AFP/Force du changement a tenu à préciser ainsi qu’«il n’y a aucune structure légale du parti qui a demandé l’exclusion de qui que se soit. C’est absolument faux».

Réagissant par rapport au dit communiqué faisant état de décisions prises par les instances de l’AFP, pour «infliger aux auteurs des actes (huées contre Moustapha Niasse, le 22 janvier au Terrou Bi) la sanction suprême prévue par les textes: l’exclusion».

A en croire Goumbala, la structure qui a envoyé le communiqué à la presse n’a pas donné sa vrai identité dans la mesure où «il n’y a pas de commission de communication à l’AFP. Dans ce parti, le porte-parole officiel est Malick Diop», a-t-il précisé. En outre, a-t-il estimé, «s’il y a des exclusions à prononcer, c’est nous qui devons les exclure parce qu’ils sont minoritaires». Et de renchérir : «Ceux qui nous condamnent sont minoritaires et politiquement, ils ont tort».

Mamadou Goumbala, un des frondeurs au sein de l’AFP, finira par pointer un doigt accusateur vers certains responsables progressistes. Pour lui, «ces cagoulards», ne sont personne d’autre que «le ministre du Commerce, Aliou Sarr et surtout Bouna Mohamed Seck».

Très formel dans ses déclarations, il a indiqué que «c’est le permanent de l’AFP, en l’occurrence Bouna Seck, qui demande, à travers le Sénégal, à des gens de faire des motions de soutien à Moustapha Niasse».

Enfonçant le clou, Goumbala l’a accusé de monnayer les motions de soutien à hauteur de 300 à 500 000 F Cfa.

Pis, il a estimé que tous les déboires et problèmes que rencontre l’AFP sont le fait du permanent en question. «C’est Bouna qui manipule tout, alors qu’il n’a jamais gagné une élection chez-lui à Saint Louis, même pas dans son bureau de vote».

Sur les causes de ces agitations, M. Goumbala a estimé que «ceux-là sortent parce qu’ils ont entendu parler de médiation et de remaniement ministériel. Ils pensent aussi que Moustapha Niasse va leur laisser le parti. C’est pour cela que chacun essaie de se positionner».

Niasse cloué au pilori

Récusant par ailleurs le fait que certains cadres du parti soient pointés comme les commanditaires des huées contre Niasse, l’initiateur du courant AFP/Force du changement a indiqué «qu’à l’AFP, il y a un mécontentement général qui date de loin. Il y a un bouillonnement depuis longtemps». Pour lui, des électives législatives aux joutes locales, Niasse a mis de côté l’AFP.

Jetant alors des piques à son mentor, il a fait savoir que «tout le monde dit qu’à l’Assemblée, le patron c’est Moustapha Diakhaté». Pour lui, son secrétaire général ne contrôle absolument rien au sein de l’hémicycle.

Dans la même dynamique, il a informé que «Niasse est coupé de la base. Il n’accepte pas de recevoir les militants, tout comme les responsables. Même les députés qui sont à l’Assemblée se plaignent de l’ostracisme dont ils font l’objet et que Niasse ne veut pas les recevoir».

Une médiation effective mais sans…issue

Par ailleurs, Mamadou Goumbala a confirmé l’effectivité des tractations pour une médiation entre Moustapha Niasse et le camp des frondeurs. Cependant, il a indiqué que «pour la médiation, on ne se fait pas d’illusion parce qu’on connait bien Niasse. Quand il vient aux médiations, il a toujours un couteau qu’il est en train d’aiguiser. On le connait très bien, il ne lâche jamais, il n’oublie jamais et ne pardonne pas».

Par conséquent, le responsable progressiste a fait savoir que «le moment venu, quand on présentera notre candidat, vous saurez que nous contrôlons l’AFP». En attendant d’y arriver, il a annoncé que «dans les prochains jours, nous allons faire des tournées à l’intérieur du pays pour consulter les gens qui nous sont favorables et qui sont majoritaires au niveau de l’AFP».

BOUNA MOHAMED SECK «TACLE» GOUMBALA

En réplique, Bouna Mohamed Seck ne s’est pas montré tendre envers Goumbala. Pour le chargé des élections de l’Afp, les structures légalement constituées de sa formation politique se sont bel et bien réunies pour proposer au parti de prendre des sanctions contre les camarades fautifs. Qui plus est, dégageant en touche les accusations contre sa personne, il a tenu à faire savoir qu’il n’est pas « l’alter-ego » de M. Goumbala qui nourrit une certaine haine gratuite à son égard, alors que son problème, c’est avec le parti et non contre lui.

«Mamadou Goumbala n’est pas et ne peut pas être mon alter-ego. Il n’est pas mon interlocuteur», a ainsi dit Bouna Mohamed Seck. Se disant en porte-à-faux avec les attaques dont il fait l’objet depuis plus d’un an du fait par son camarade de parti, Bouna Seck a tenu à répondre coup pour coup. Pour autant, il a indiqué qu’«il (Goumbala-ndlr) ne peut pas juger les gens à l’image de son comportement».

Pour lui, ce dernier est «un mercenaire qui se donne au plus offrant». Avant de renchérir que Mamadou Goumbala était aux cotés d’Abdoulaye Wade entre les deux tours des dernières élections. Enfonçant le clou, le chargé des élections de l’Afp a indiqué que ce dernier devait normalement lui rendre grâce «car c’est mon frère et moi qui avions fait qu’il trouve son premier emploi fixe, alors qu’il avait plus de 60 ans».

Qui plus est, a-t-il soutenu, «Mamadou Goumbala et ses camarades n’ont pas de problèmes avec moi, c’est avec le parti qu’ils ont des problèmes». Ce qui lui a fait dire qu’il ne comprenait pas les attaques dont il fait l’objet de la part de ces derniers.

Revenant sur le communiqué traité par la presse et dont il est accusé d’être l’auteur, le permanant de l’Afp a tenu à préciser que c’est bien une structure légale du parti qui est le signataire du document. Mieux, M. Seck a indiqué que le Comité ad hoc a été créé par le secrétaire général, Moustapha Niasse, et qu’une réunion s’est bel et bien tenue avec «l’écrasante majorité des responsables régionaux, des responsables des jeunes, du Mounfep, de l’Ancp, de l’Anup et de l’Anhp».

A l’en croire, c’est à la suite de cette réunion que ledit comité a proposé au parti de prendre des sanctions contre les camarades fautifs. Dans la même veine, il a confirmé la condamnation des événements qui se sont déroulés au Terrou Bi, le 22 janvier dernier, par les militants de la diaspora de l’AFP.

Suffisant pour lui de dire que «des contre-vérités ne peuvent pas effacer des faits», car selon lui, cela est la preuve palpable que les «frondeurs» constituent un groupuscule, contrairement à ce que veut laisser croire Mamadou Goumbala.

Le directeur de Cabinet du président de l’Assemblée nationale démentira fermement les accusations de Goumbala qui lui reproche de monnayer les motions de soutien à Niasse contre de l’argent. Très remonté contre de tels propos, M. Seck a estimé que «c’est manquer de respect à tous ceux qui étaient présents à l’assemblée générale de samedi, à Saint Louis».

Pour asseoir la légitimité de la rencontre, il a cité entre autres le professeur Yoro Ndiaye, Mame Khoudia Sarr, Pape Alassane Ndao, Mansour Ngom, tout comme Mamadou Diop et El Hadj Saer Diop, tous responsables progressistes à Saint-Louis présents à l’assemblée. Estimant pas ailleurs que «la haine est un mauvais conseiller», le chef de cabinet de Moustapha Niasse a dit s’en remettre à Dieu pour être départagé avec ces accusateurs.

Jean Michel DIATTA

Jean Louis Verdier- Bloggeur- Rédacteur en chef Digital -Paris
E-mail: dakarecho@gmail.com Tél (+00) 33 7 51 10 29 13

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