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Etude : 75 % des jeunes sénégalais veulent émigrer dans les cinq prochaines années

immigration_europeUne étude du GRDR et l’IFAN de ce mois de janvier renseigne d’un point de vue social, que plus d’un ménage sénégalais sur deux compterait un émigré à l’étranger (52%). Mieux, 75% de la population âgée de 18 à 39 ferait le choix de quitter le territoire national au cours des cinq prochaines années.

Le gouvernement du Sénégal travaille d’arrache-pied pour mettre les immigrés à l’aise dans leur pays d’origine et d’accueil. C’est la conviction du secrétaire d’Etat, Souleymane Jules Diop, chargée du département des Sénégalais de l’extérieur. Pour mieux réussir cette mission le Sénégal a commandité une étude sur la question pour mesurer l’impact de ce secteur mais aussi pour mieux s’organiser en matière d’intervention. Le ministre s’exprimait ainsi lors de la restitution de l’étude sur la migration réalisée par GRDR et l’IFAN au de ce mois de janvier.

Selon cette étude menée, l’émigration sénégalaise observe une montée en puissance depuis les années 80. Des statistiques qui situent la proportion de migrants internationaux entre 05% et 23% de la population sénégalaise estimée en 2013 à plus de 12 millions d’habitants. Les chiffres avancés varient selon les auteurs entre 650 000 et 3 millions de migrants.

Replacé dans le contexte mondial, cette étude révèle que le Sénégal qui a fait son entrée dans le cercle des pays d’émigration au début des années 80 ne figure pas parmi les grands pays d’émigration. Aujourd’hui, cette enquête renseigne d’un point de vue social, plus d’un ménage sénégalais sur deux compterait un émigré à l’étranger (52%), la France, représenterait 14,36% des émigrés et la première destination d’installation hors d’Afrique au sein des pays de l’OCDE.

Selon les enquêtes du programme Eumagine, 75% de la population âgée de 18 à 39 ferait le choix de quitter le territoire national au cours des cinq prochaines années. Selon cette étude : « quelles que soient les statistiques considérées, la place du Sénégal dans le classement africain des pays d’immigration, traduit le large fossé qui existe entre les intentions migratoires positives de la population et la mise effective d’un tel désir. » Aujourd’hui, les plus grands émigrés sont originaires de la vallée du fleuve Sénégal, de la Casamance et sont orientés vers la France et les anciennes colonies françaises d’Afrique de l’Ouest à savoir la Cote d’Ivoire et le Gabon.

Les acquis
La population immigrés sénégalaise en France est relativement équilibrée selon le Grdr en termes de genres (45%) et plutôt jeunes (85%,) ont entre 18 et 59 ans. Par ailleurs, la France accueillerait près de 50% des émigrants qualifiés Sénégalais selon le conseil économique et social (2007). Un manque à gagner pour le Sénégal en matière de main d’œuvre qualifiée. Cependant, cette main d’œuvre peut aussi être une bonne contribution pour le Sénégal, si ces derniers décident de rentrer chez eux.

Selon cette étude, « l’expérience et le savoir-faire acquis par les migrants, hautement qualifiés ou spécialisés dans un domaine technique ou associatif durant leur cursus migratoire constituent aussi des plus-values que ce soit pour renforcer des projets en cours, développer de nouvelles initiatives, insuffler des dynamiques de changement social, défendre des valeurs universelles où même faciliter les problématiques de réinsertion lorsqu’un retour est envisagé. » Pour l’année universitaire 2012-13, les estimations s’élevaient à 8 995 étudiants Sénégalais soit plus de 10% de l’effectif des immigrés sénégalais en France.

La contribution de la Diaspora
Les ressortissants sénégalais se sont organisés dans leurs pays d’accueil autour de « caisses de solidarité ». Ils participent ainsi au développement de leur pays à travers plusieurs projets au bénéfice de leurs terroirs. Cette contribution est aujourd’hui ressentie dans la vallée du fleuve où la plupart des infrastructures a été financée par la diaspora. Les projets tournent autour de construction d’écoles élémentaires, de lycées mais aussi de postes de santé et dans une moindre mesure, de routes.

Selon l’étude de GRDR et de l’IFAN, ce phénomène s’est fait remarquer depuis les années 60 et a été formalisé au sein d’associations de développement qui sont près de 300 en France en 2009 sur 74. Ces associations permettent de financer et de réaliser collectivement des infrastructures santé, éducation, hydraulique et d’assainissement.

A l’échelle individuelle, nombreux sont ceux qui ont aussi investi dans l’immobilier dans leur village d’origine ou dans les grandes villes, ou encore dans des activités économiques génératrices de revenus.

Les transferts d’argent
L’engouement pour l’émigration demeure fondé sur l’importance des transferts d’argent des migrants. Selon l’IFAN les volumes d’argent injectés par la diaspora dans l’économie nationale représentent 10% du produit intérieur brut du Sénégal, jusqu’à 19% selon les estimations de la BAD en 2005 qui intègrent les flux informels à savoir 46% des flux totaux faisant du Sénégal un pays largement dépendant des envois de fonds migrants.

A noter, selon cette étude, que le corridor France-Sénégal estimé à partir des flux formels représenterait entre 12% des flux totaux (banque mondiale, 2011) et 36% (BAD 2005, carte.

Les estimations intégrant les flux transitant par les comptes bancaires et les canaux informels porteraient ces envois de fonds de 100 millions à 250 millions d’euros (banque mondiale 2011).

Denise ZAROUR MEDANG 

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
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