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Emissions politiques radios et télévisions: quand les modérateurs posent problème

Emissions politiques radios et télévisions: quand les modérateurs posent problème

Certains de nos compatriotes, au fait de la chose politique, ne manqueront certainement pas de regretter les prestations de nos compatriotes journalistes, Oumar Diouf Fall, Mame Less etc. ; pionniers emblématiques de la modération des émissions politiques de radios, dans les années 90, avant les alternances.

Cela, au regard de la façon dont certains de leurs jeunes confrères modèrent de nos jours, ces types d’émissions de Radios et … de télévisions. Car de manière délibérée, ou non, beaucoup de pratiques non orthodoxes posent problèmes au niveau des émissions de ces médias. Il y va de la distribution du temps de paroles, des coupures, des retraits intempestifs de ces temps de paroles et du choix de certains « invités professionnels ».

Sans risque de nous tromper, il ne fait aucun doute que beaucoup de téléspectateurs, irrités, par les « impairs » récurrents dans une télé de la place, ont zappé l’émission de cette chaine dont l’animateur excelle dans ce domaine. Tant, les questions, les réponses insipides des acteurs, frisent le voyeurisme. Tant également les réparties de ses  » invités inamovibles », pittoresques, sont sans consistance à propos des sujets traités.

Cela dit, on ne peut manquer de se demander que peut-il faire dans cette galère, ce sympathique professeur (un des rares débateurs pertinents de l’émission), que l’animateur laisse rarement le soin de dérouler sa pensée ?

Maintenant, pourquoi les mêmes « sociologues », les mêmes « professeurs », le même Ambassadeur sont souvent les « invités » de certaines radios et télés ?

Pourquoi n’inviteront-on pas souvent, les anciens professeurs, inspecteurs de l’enseignement, tous corps confondus, les anciens inspecteurs du trésor, inspecteurs des impôts, de la douane, les avocats et commerçants, afin que les sénégalais puisent bénéficier de leur éclairage sur les dossiers et autres sujets d’actualité qui agitent la République ?

Les Demba Waar (le paysan pauvre), eux, sont totalement ignorés des grands débats médiatiques. Pour tout dire, ils n’ont pas la voix au chapitre, comme nos braves femmes ménagères, femmes au foyer dont le travail est ignoré dans le calcul du PIB. Car tout le monde dit parler pour eux.

Mais qu’est ce qui fait que ce sont les mêmes têtes qui peuplent les plateaux de radios et de télés ? Le Per diem, l’audimat ou la position partisane ? En tout cas, nous disions récemment à une étudiante journaliste que le « late » (vulgarité envahissante), en wolof, peut tuer la com’.

Mais parmi les « invités » de ces émissions du Week-end (21 /22 mars), de l’ami, Momar Seyni Ndiaye (un des doyens journalistes sénégalais revenus heureusement aux affaires), celui qui a raflé la palme de l’arrogance et de l’impertinence, est cet économiste, prompt à faire dans la caractérisation facile, et à l’emporte pièces, à l’endroit de ceux qui ne pensent pas comme lui.

Au cours de l’émission « LIBERTÉ DE PENSER », à la question de savoir, parmi »ceux qui se sont enrichis illicitement, pourquoi un seul parmi eux, est ciblé » ? Pour toute réponse notre brave militant se réclamant d’une « certaine gauche », a servi à son intervieweur ce qui suit : « Il faut faire tomber d’abord le chef de gang. Car s’il tombe tout le monde va suivre ». Nous citons de mémoire.

Certainement les spécialistes de la « CRIM » et les enquêteurs chevronnés ont du s’arracher les cheveux en entendant ces sornettes. Pourquoi attendre la fin d’une instruction ou d’un jugement, pour engager des poursuites contre des délinquants sur qui des présomptions lourdes et graves pèsent sur eux ? D’autant que s’il y a des liens entre les délits commis par ces gens et celui du « chef de gang », ceux-là devraient être joints au fonds, comme disent les magistrats.

Si on parle de subornations de témoins, de dissimulations de preuves, c’est pourquoi ? Pourquoi attendre la fin du procès du »chef de gang » pour engager des poursuites sur l’affaire du montage financier de la « Statue de la renaissance ». Pour les mêmes raisons, pourquoi celui qui a été impliqué, arrêté et inculpé puis relâché dans une affaire de double meurtre de ses talibés, coure toujours les rues ?

S’agissant de preuves, notre ami Mody Niang, nous rappelle souvent cette sortie de l’ancien Président Wade, devant les élus locaux. Exaspéré par leurs indélicatesses, à propos des ventes illicites de terrains, il leur lança : « Si j’avais laissé la justice sévir, vous tous, vous seriez en prison, aujourd’hui ».

Un aveu de taille sur la mal gouvernance. Le laxisme, la démagogie, la politique politicienne, la justice à deux vitesses, la « mal gouvernance judiciaire »sont des choses graves ! Et malheureusement ces types de comportements sont à la base de ce qui nous arrive aujourd’hui.

Pourquoi les gens qui ont incendié la maison du député Moustapha Cissé Lo, demandent la libération de leur leader qui selon eux,  » n’a rien fait ». Pour eux, comme de nombreux délinquants courent les rues, sans être inquiétés, leur leader n’a rien fait !!!

Faut-il le souligner, ce dernier a été arrêté, des mois après les faits !

Nous ne terminerons pas ce constat, sans déplorer l’absence dans la presse, de cette « chronique-critique » de presse, du genre « Yamatelé » que faisait dans les années 90′, le sympathique journaliste Mamadou Hamath.

Comme nous l’avons perdu de vue, il est certainement, en train de superviser cette « chaire » dans une Université. Sinon, c’est tout le bien que nous lui souhaitons.

Ababacar Fall-Barros

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