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Elimane Sall: la majorité des propriétaires reviennent aux anciens prix

Elimane Sall: la majorité des propriétaires reviennent aux anciens prix

elimane_sallLe président de l’Association pour la défense des locataires du Sénégal, Elimane Sall, déplore les difficultés que rencontrent actuellement les locataires laissé à la merci des propriétaires et promoteurs immobiliers, malgré le vote il y a un peu plus d’un an de la loi portant baisse du prix des loyers. Il invite ainsi l’Etat à faire des efforts allant dans le sens de promouvoir l’habitat social pour permettre aux locataires et autres populations de souffler.

Elimane Sall, le président de l’Association pour la défense des locataires du Sénégal, interrogé hier mercredi 25 mars par la radio Sud Fm, dans le cadre des trois ans au pouvoir de Macky Sall, est revenu sur la baisse du loyer au Sénégal mais aussi sur les énormes difficultés que rencontrent souvent les locataires.

Selon M. Sall au début de l’annonce de cette décision, les gens avaient accepté d’appliquer la baisse. Mais aujourd’hui force est de constater sur le terrain que la plupart des propriétaires qui l’avaient accepté, reviennent aux anciens prix. «Ce que nous constatons réellement sur le terrain est le retour aux anciens prix et c’est désolant».

M. Sall se désole du fait qu’aujourd’hui le constat est que les locataires sont laissés à eux même. Parce que «quand un propriétaire décide de faire monter un prix du loyer de façon unilatéral, évidemment il le fait au vu et su de tout le monde», poussant les locataires à aller à la police ou à la gendarmerie avant d’abdiquer et accepter finalement les anciens prix.

C’est pourquoi, «sur ce plan, je pense qu’il fallait aussi mettre en place des mesures pour accompagner cette baisse du loyer et prendre des mesures draconiennes visant à dissuader les propriétaires véreux qui s’entent de revenir à la situation de départ. Sur ce point, nous interpellons les autorités à prendre des mesures idoines pour que cette volonté du chef de l’Etat soit traduite dans des faits réels sur le terrain», laisse-t-il entendre.

Et de lancer: «je pense également qu’on ne devrait pas tromper le chef de l’Etat en lui disant que tout va bien et que toutes les mesures sont appliquées ou que les locataires n’ont aucun problème. Car, c’est faux, ces derniers ont toujours des soucis», signale t-il.

Promouvoir le logement social pour…
A l’en croire, ces derniers procèdent par contournement. «Si ce n’est pas des assignations de foncier ce sont des assignations en expulsion qui sont données aux locataires. Parce qu’il y’a un manque sérieux de suivi de la part des autorités du pays».

Devant une telle situation, le président des locataires explique: «aujourd’hui ce que nous sommes en train de faire, c’est de leur donner les informations que nous possédons pour qu’ils puissent sauvegarder leurs droits et devoirs car il n’y a aucun suivi sur le terrain».

Toutefois, pour permettre aux locataires de souffler il préconise le développement de la politique de l’habitat social.

«Pour permettre aux locataires de souffler, il faut apporter des textes… et encourager la promotion de l’habitat social. Car, jusqu’à présent on en parle mais la majorité des sénégalais ne sait pas comment faire pour accéder à ces logements sociaux. Ils ne savent pas comment faire pour savoir si les prix sont à la portée de toutes les bourses. Et pourtant ça, c’est discutable».

Encadrer les promoteurs immobiliers
Elimane Sall suggère à l’Etat créer lui-même des programmes qu’il va gérer au lieu de laisser une bonne partie des assiettes foncières au privés. A son avis, ce qui est à l’origine des problèmes c’est que «les sociétés privés de promotion immobilière fon ce qu’on appelle de la spéculation foncière.

Ils achètent le m² par exemple à 10.000 F Cfa et le revendent à 60.000 ou voir 100.000 F Cfa. Il faut donc que l’Etat encadre ces promoteurs immobiliers et ces agences pour leur donner un cahier des charges pour qu’ils ne puissent dépasser un certain prix lorsqu’ils ont acheté à un prix bien défini».

Mieux, dit-il, «il faut des mesures de suivi et d’accompagnement pour qu’il y ait une application si on ne veut pas que la mesure soit vouée à l’échec. Mais aussi pour que les populations puissent la ressentir». Avant d’ajouter que le chef de l’Etat ne peut pas être partout pour veiller à ces décisions.

ALIMATOU DIAGNE

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

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