Dakar-Echo

Election d’Aliou Sall à la tête de l’AMS: quand la real politik dicte sa loi

aliou_sallLa victoire écrasante d’Aliou Sall, 463 voix sur 512 votants, lors de l’élection du président de l’Association des maires du Sénégal (AMS) semble bien partie prouve que la manœuvre a été colossale pour le maire de Guédiawaye.

Même si la coalition Bennoo Bokk Yaakaar (BBY), mouvance présidentielle à laquelle appartient le nouveau patron de l’AMS, est sortie majoritaire lors des dernières Locales (avec plus de 400 collectivités locales sur la six-centaine que compte aujourd’hui le Sénégal), rien n’augurait en effet d’une victoire aussi éclatante d’Aliou Sall.

Un triomphe dont les tenants et les aboutissants sont analysés, ici, par des voix autorisées comme Mame Less Camara, journaliste et analyste politique, Moustapha Samb, maitre de conférences à l’UCAD, ainsi que l’ex-président de l’AMS, Abdoulaye Baldé. Lesquels s’accordent tous sur le fait que la real politik a fortement joué sur ce score enregistré par Aliou Sall.

MAME LESS CAMARA, JOURNALISTE ANALYSTE POLITIQUE : «C’est l’ancien PDS qui s’est reconstitué autour d’Aliou Sall»
«Si on passe au décompte des voix, on sait que l’élection d’Aliou Sall n’aurait jamais été possible, non pas sans quelques défections, mais sans l’arrivée massive des élus du PDS», a déclaré Mame Less Camara, journaliste analyste politique, joint par la rédaction.

Interpellé sur la victoire éclatante du frère du président de la République, lors de l’élection du président de l’Association des maires du Sénégal (Ams), M. Camara a estimé que «c’est l’ancien PDS qui s’est reconstitué autour d’Aliou Sall».

Mieux, il a indiqué «qu’entre le PDS et l’APR, il n’y a pas de cloison étanche». Pour lui, les relations interindividuelles sont restées intactes et entre les deux formations, il n’y a pas de rupture sur bien des aspects. Ce qui lui a amené à dire «qu’en vérité, l’APR et le PDS portent la même empreinte Adn».

Par ailleurs, Mame Less Camara a trouvé qu’il y a «une sorte de jeu de dupe entre l’APR et le PDS, d’une part et de l’autre au sein même du PDS parmi tous ceux qui ont des ambitions ou qui prennent des distances par rapport à la candidature de Karim Wade».

Pour lui, c’est cela qui donne cette impression de paradoxe entre d’un côté, la guerre déclarée par l’opposition à Macky Sall, et de l’autre, la victoire éclatante d’Aliou Sall.

ABDOULAYE BALDE, MAIRE DE ZIGUINCHOR, EX-PRESIDENT DE L’AMS : «Par rapport à son élection, c’est lui qui a fait plus de campagne»
«Généralement, les gens votent pour quelqu’un qui a tendance à apporter quelque chose à l’association, soit en termes de proximité avec la présidence, soit par rapport à son influence auprès des autorités. En même temps, ils ne veulent pas de quelqu’un d’inféodé au pouvoir.

Donc, il faut une personne qui va prendre leur parole quand il s’agit de défendre les intérêts des maires». Ces propos sont du maire de Ziguinchor, ex-président de l’Association des maires du Sénégal, Abdoulaye Baldé. Selon l’édile de la capitale du sud du pays, il y a un certain paradoxe dans le but recherché, lors de l’élection du président de l’association.

Toutefois, il a indiqué que n’étant pas candidat, «j’ai essayé de jouer pour qu’il y ait un consensus afin que l’association ne vole pas en éclats».

Poursuivant, il a estimé qu’Aliou Sall peut faire l’affaire, «si les gens recherchent la prise en compte de leurs aspirations au plus haut niveau, parce que s’il est frère du Président, il peut le voir sans heure».

Cependant, Abdoulaye Baldé a fait remarquer que «par rapport à son élection, c’est lui qui a fait le plus de campagne». A l’en croire, le maire de Guédiawaye a battu campagne partout au Sénégal.

Mieux, «Aliou Sall avait déjà constitué son bureau et il y avait mis presque tous les groupes politiques», a-t-il appris. C’est la raison pour la quelle, ses adversaires n’ont pas eu de chance devant lui, selon Baldé.

Qui plus est, il n’y avait pas de candidature sérieuse en face de lui, car les autres se sont présentés par principe, une fois arrivés dans la salle, a tenu à indiquer Baldé.

MOUSTAPHA SAMB, MAITRE DE CONFERENCES A L’UCAD, PROFESSEUR CESTI : «Certains candidats de l’opposition ont combiné réalisme et opportunisme»
«Si on passe au décompte des voix, on sait que l’élection d’Aliou Sall n’aurait jamais été possible, non pas sans quelques défections, mais sans l’arrivée massive des élus du PDS», a déclaré Mame Less Camara, journaliste analyste politique, joint par la rédaction.

Interpellé sur la victoire éclatante du frère du président de la République, lors de l’élection du président de l’Association des maires du Sénégal (AMS), M. Camara a estimé que «c’est l’ancien Pds qui s’est reconstitué autour d’Aliou Sall». Mieux, il a indiqué «qu’entre le PDS et l’APR, il n’y a pas de cloison étanche».

Pour lui, les relations interindividuelles sont restées intactes et entre les deux formations, il n’y a pas de rupture sur bien des aspects. Ce qui lui a amené à dire «qu’en vérité, l’Apr et le Pds portent la même empreinte Adn».

Par ailleurs, Mame Less Camara a trouvé qu’il y a «une sorte de jeu de dupe entre l’APR et le PDS, d’une part et de l’autre au sein même du PDS parmi tous ceux qui ont des ambitions ou qui prennent des distances par rapport à la candidature de Karim Wade».

Pour lui, c’est cela qui donne cette impression de paradoxe entre d’un côté, la guerre déclarée par l’opposition à Macky Sall, et de l’autre, la victoire éclatante d’Aliou Sall.

Jean Louis Verdier- Bloggeur- Rédacteur en chef Digital -Paris
E-mail: dakarecho@gmail.com Tél (+00) 33 7 51 10 29 13

Articles similaires

Laisser un commentaire