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Douanes, Trésor, Impôts et Domaines: Effarantes révélations sur la corruption

Douanes, Trésor, Impôts et Domaines: Effarantes révélations sur la corruption

Quatre Sénégalais sur 10 environ estiment que la « plupart » ou « tous » les agents des impôts (38%) et les inspecteurs et contrôleurs dans les services de douanes, impôts et domaines, et trésor (43%) sont corrompus.

Ce que révèle l’étude d’ Afrobarometer, un réseau panafricain de recherche par sondage qui produit des données fiables sur les expériences et appréciations des Africains relatives à la démocratie, à la gouvernance, et à la qualité de vie.

L’équipe d’ Afrobarometer au Sénégal, conduite par le Consortium pour la Recherche Economique et Sociale (CRES), s’est entretenue avec 1.200 adultes sénégalais en décembre dernier.

Un échantillon de cette taille produit des résultats nationaux avec des marges d’erreur de +/-3 points de pourcentage à un niveau de confiance de 95%.

La perception de la corruption chez les agents de l’administration fiscale semble croître avec le degré de pauvreté, allant de 31% des mieux nantis à 44% des pauvres. Enfin, il apparait que la perception de cette corruption est moins élevée chez les habitants de l’Ouest (33%) qu’au Sud et à l’ Est.

S’ agissant de la confiance accordée à l’ administration fiscale, moins de la moitié des Sénégalais (46%) font « partiellement » ou «beaucoup» confiance à cette institution. La même proportion (46%) de citoyens font juste « un peu » ou «pas du tout » confiance aux agents des impôts.

Toujours selon l’étude, la confiance envers les agents des impôts est plus forte chez les habitants en milieu rural (49%), les personnes non instruites (50%) et les habitants de la zone Centre (61%) que chez leurs contreparties. Aucune différence n’ est cependant notée entre les groupes d’âges et selon le degré de pauvreté vécue.

Plus de trois quarts (77%) des adultes Sénégalais estiment qu’il est « difficile » ou « très difficile » de se renseigner sur les impôts et taxes qu’ils sont tenus de payer au gouvernement, selon l’étude. Encore plus (86%) affirment qu’il est difficile de se renseigner sur la manière dont le gouvernement utilise les recettes fiscales.

La majorité (56%) des citoyens sont d’avis que les autorités ont toujours le droit d’imposer des impôts et taxes aux citoyens. Cependant, la proportion de citoyens qui désapprouvent la légitimité de l’impôt a plus que doublé, passant de 15% en 2013 à 38% en 2021.

Près de la moitié (48%) des citoyens jugent que le montant d’impôts que les gens ordinaires sont tenus de payer est trop élevé. En revanche, la majorité (54%) pensent que les riches paient trop peu.

Huit répondants sur 10 (79%) pensent qu’il est équitable d’imposer aux riches un taux d’impôts plus élevé que celui des gens ordinaires de sorte à financer des programmes en faveur des pauvres.

Plus de six Sénégalais sur 10 (62%) affirment que les gens évitent « souvent » ou « toujours » de payer les impôts et taxes qu’ils doivent à l’ Etat.

4 Sénégalais sur 10 estiment que les agents des impôts sont corrompus
Quatre citoyens sur 10 environ estiment que la « plupart » ou «tous» les agents des impôts (38%) et les inspecteurs et contrôleurs dans les services de douanes, impôts et domaines, et trésor (43%) sont corrompus.

Seule 7% pensent qu’aucun des agents des services des impôts, de douanes n’est corrompu.

Moins de la moitié (46%) des Sénégalais font «partiellement» ou «beaucoup» confiance à l’administration fiscale. Des majorités des Sénégalais accepteraient de payer davantage d’ impôts afin de soutenir des programmes au profit des jeunes (58%), de recevoir de meilleurs services publics (51%) et de financer le développement du pays sur fonds propres au lieu des prêts extérieurs (79%).

Plus de six adultes sur 10 (63%) s’accordent sur le fait que les impôts collectés par l’Etat servent à améliorer le bien-être des citoyens.

Manque d’équité entre riches et pauvres
Les Sénégalais notent un manque d’équité entre les riches et les gens ordinaires en ce qui concerne le paiement des impôts.

Près de la moitié des citoyens (48%) jugent que le montant d’ impôts que les gens ordinaires sont tenus de payer est «un peu» ou «beaucoup» trop élevé, alors que seulement 6% d’entre eux pensent la même chose s’agissant des riches. En revanche, la majorité des citoyens (54%) pensent que le montant que les riches sont tenus de payer est trop peu.

Par ailleurs, une minorité de Sénégalais affirment que le montant d’impôts que les gens ordinaires (30%) et les riches (25%) doivent payer est presque le juste montant.

En fait, huit adultes sur 10 (79%) pensent qu’il serait équitable d’imposer aux riches un taux d’impôts plus élevé que celui des gens ordinaires de sorte à aider le gouvernement à financer des programmes en faveur des pauvres.

Plus de six Sénégalais sur 10 (62%) pensent que les gens évitent « souvent » ou « toujours » de payer les impôts et taxes qu’ils doivent à l’Etat. Le tiers (32%) des citoyens affirment que cela arrive « rarement » ou « jamais ».

Augmentation des impôts
Malgré la faible confiance à l’ administration fiscale, beaucoup de citoyens seraient prêts à payer plus d’impôts pour soutenir certains objectifs.

Près de six répondants sur 10 (58%) affirment être «quelque peu» ou «fortement» d’accord pour le fait d’augmenter les impôts afin de pouvoir soutenir des programmes au profit des jeunes, contre 35% qui s’opposent à une telle augmentation.

Si une hausse des impôts se traduit par une augmentation des dépenses dans des programmes d’aide aux jeunes, les Sénégalais ont une préférence des investissements qui doivent être orientés vers la création d’emplois et la formation professionnelle.

Une majorité plus mince des Sénégalais s’accordent sur le fait de payer davantage d’ impôts pour de meilleurs services publics. Toutefois, 45% des citoyens jugent qu’il est préférable de payer moins d’impôts, même si cela implique moins de services fournis par le gouvernement.

D’ ailleurs, la grande majorité (79%) des Sénégalais se disent prêts à accepter davantage d’impôts et taxes si c’est pour financer le développement du pays sur fonds propres, au lieu de s’endetter avec des prêts extérieurs.

M. BA

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