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Des milliers d’internautes moqueurs disent « ça suffit » à Recep Tayyip Erdogan

Des milliers d’internautes moqueurs disent « ça suffit » à Recep Tayyip Erdogan

Dans un discours, le président turc avait déclaré que si un jour « la nation lui disait ça suffit », alors il partirait. De nombreux Turcs l’ont pris au mot.

Des milliers d’internautes turcs ont manifesté avec humour mardi leur ras-le-bol du président Recep Tayyip Erdogan. Après 15 ans au pouvoir, ce dernier brigue un nouveau mandat en juin.

Dans un discours mardi matin, devant les députés de sa formation politique, l’AKP (islamo-conservateur), le président turc a involontairement tendu une perche à ses opposants. « C’est ma nation qui m’a porté à la tête de la mairie d’Istanbul, de l’AKP, du gouvernement et de la présidence. Si, un jour, ma nation me disait ça suffit (en turc : « tamam »), alors je me mettrais sur le côté », a lancé le chef de l’Etat turc.

Le prenant au mot, des milliers d’internautes ont saisi leur clavier pour dire leur exaspération. Aussitôt, ce mot Tamam, un terme qui peut signifier « d’accord », « prêt » ou encore « ça suffit », est devenu viral sur les réseaux sociaux. Depuis mardi, le mot #Tamam a été partagé plus d’un million de fois sur twitter.

Une fronde numérique six semaines avant la présidentielle
Tantôt en calligrammes, d’autres fois avec des extraits de films comportant ce mot, les internautes turcs ont fait preuve de créativité

Cette fronde numérique survient alors que des élections présidentielle et législatives anticipées sont prévues le 24 juin. Ce scrutin intervient deux ans après la tentative de coup d’Etat raté et les importantes purges qui ont suivi. Il est crucial, car il marquera l’entrée de la plupart des mesures renforçant les pouvoirs du chef de l’Etat, aux termes d’une révision constitutionnelle approuvée par référendum l’an dernier. Recep Tayyip Erdogan avait alors remporté cette consultation de justesse (51 % de oui, 49 % non).

Les opposants utilisent #Tamam aussi
Les opposants à Erdogan à la présidentielle, qui n’ont pas réussi à s’unir, ont eux aussi rejoint le mouvement sur Twitter : « Vakit tamam » (« C’est l’heure »), pour Muharrem Ince, candidat du principal parti d’opposition CHP ; « Tamam Inchallah » (« C’est bon, si Dieu le veut ») pour l’islamiste Temel Karamollaoglu ; ou tout simplement « TAMAM » pour la « Dame de fer turque » Meral Aksener.

Le président turc reste l’homme politique le plus populaire du pays, mais ses 15 années au pouvoir ont profondément divisé la population entre ceux qui l’adulent et ceux qui le haïssent. Alors que la quasi totalité des médias sont acquis au gouvernement, les détracteurs et opposants se tournent volontiers vers les réseaux sociaux pour faire passer leurs messages, même si ceux-ci sont étroitement surveillés.

Jean Louis Verdier- Bloggeur- Rédacteur en chef Digital -Paris
E-mail: dakarecho@gmail.com Tél (+00) 33 7 51 10 29 13

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