Dakar-Echo

Des milliers d’élèves pris en otage dans le bras de fer entre l’Etat et les syndicats d’enseignants

greves-eleves-senegalA l’orée de la mise en œuvre des Concertations nationales sur l’avenir de l’Enseignement supérieur (CNAES) et la tenue des assises de l’Education et de la Formation, le secteur de l’éducation, tel qu’il se dessine maintenant, est en mal de repères. La situation de l’école sénégalaise est pour le moins confuse.

Si les problèmes profonds de l’école ne sont pas tous engendrés par le système, notamment les effectifs pléthoriques des classes, le déficit d’enseignants, à tous les niveaux des cycles scolaires, des infrastructures, des manuels scolaires et des matériels didactiques, il n’en demeure pas moins les grèves répétitives des syndicats d’enseignants persistent. C’est la régression totale d’un système éducatif pris en otage par une certaine catégorie d’acteurs toujours en négociations.

L’école sénégalaise bat de l’aile. Elle a renoué avec les perturbations interminables. Les syndicats d’enseignants ont réagi sur la manière cavalière du gouvernement de gérer les questions de l’heure. Le Grand Cadre des syndicats d’enseignants exigent sans ambages l’application du protocole d’accords signé le 17 février 2014, décrétant des séries de débrayages, de grèves et une marche nationale (voir par ailleurs).

Mamadou Lamine Dianté et Cie ont procédé, pour la mise en œuvre de leur deuxième plan d’actions, à la rétention des notes de premier semestre et au boycott des cellules pédagogiques. Pendant ce temps-là leurs camarades de l’Education du supérieur se radicalisent.

Le syndicat autonome de l’Enseignement supérieur (Saes) dont les militants sont en grève de 72 heures à compter d’hier, mercredi 4 mars, exige la relecture de cette loi relative à la gouvernance universitaire déjà promulguée.

De par la persistance des grèves, force est de reconnaitre, sans risque de se tromper, que le corps enseignant et le gouvernement du Sénégal ont pris le système en otage pendant au moins trois semaines. Si Les syndicats d’enseignants n’arrêtent pas d’appuyer sur l’accélérateur, pendant que les autorités expriment le souhait de finir avec les négociations. L’approche prônée par le gouvernement sur les questions de l’heure laisse perplexe les syndicats d’enseignants en ordre de bataille.

Par conséquent, la qualité de l’enseignement et le niveau général des élèves continuent de baisser d’année en année, conséquences du non-respect du quantum horaire mais aussi des effectifs pléthoriques des classes, de l’insuffisance, à tous les niveaux des cycles scolaires, des infrastructures, des manuels scolaires, des matériels didactiques. S’y ajoutent le faible taux de pré scolarisation et les faibles taux aux examens scolaires.

Les milliers d’élèves pris en otage par les deux acteurs du système éducatif en pâtissent. A la place des assises et des concertations, l’excellence ne s’est pas encore invitée dans nos établissements publics. C’est la régression.

Aux difficultés spécifiques de l’école, s’ajoutent les crises à l’université et dans l’élémentaire et le moyen secondaire. Les grèves s’y multiplient, au point de dévier la direction définie par les assises et les concertations pour refonder et restaurer l’école.

A la considération des problèmes de tous genres, le système a besoin d’actes forts qui pourraient le sortir des énormes difficultés dans lesquelles il s’est empêtré à cause des négociations. Le président de la Fédération nationale des parents d’élèves et étudiants du Sénégal (Fenapes) ne dira pas le contraire. Bakary Badiane se veut clair : « Notre souhait est de voir les élèves entre les mains des enseignants ».

Espoir, donc, de voir le ministre de l’Education nationale et ses homologues concernés de sauter la barrière des négociations dans la mesure où il y va de leur crédibilité, du fait que les syndicalistes maintiennent toujours leur grève.

Mamadou Diop « Castro » du Comité national de dialogue social, section Education et Formation (Cnds/Ef) croit dure comme fer que le « dialogue est la voie obligée pour restaurer la confiance entre les acteurs, faire respecter les engagements pris de part et d’autre ».

Ibrahima Baldé 

Jean Louis Verdier- Bloggeur- Rédacteur en chef Digital -Paris
E-mail: dakarecho@gmail.com Tél (+00) 33 7 51 10 29 13

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