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Des milliers de partisans pour les 40 ans de la présidence Paul Biya

Plusieurs milliers de partisans du président camerounais Paul Biya ont célébré dimanche à Yaoundé, en l’absence de l’intéressé, ses 40 ans à la tête de ce pays d’Afrique centrale, a constaté un journaliste de l’AFP.

À bientôt 90 ans, le «sphinx» est le deuxième chef d’État au monde encore vivant à la plus grande longévité au pouvoir –monarchies exceptées–, derrière son voisin Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, président de la Guinée équatoriale depuis plus de 43 ans.

Mais, après une réélection très contestée pour un septième mandat en 2018, et alors que ses apparitions publiques se font extrêmement rares tant il est apparu affaibli physiquement ces dernières années, il a lancé ces derniers temps ses forces de l’ordre dans une répression encore plus implacable de toute opposition.

Sur l’esplanade de l’Hôtel de Ville de la capitale, à l’appel de son tout puissant Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), plusieurs milliers de partisans ont crié et dansé au rythme d’une sono diffusant des chansons en l’honneur du chef de l’État.

Au son entêtant des tam-tam et sous une chaleur écrasante, ces sympathisants se sont massés vêtus de chemises, robes, casquettes et d’écharpes aux couleurs vives et à l’effigie de Paul Biya. Un immense portrait déployé sur la façade de la mairie était frappé du slogan: «Un Président d’exception».

L’inscription était en français et anglais, les deux langues officielles du Cameroun, qui a acquis son indépendance en 1960 de la France et, pour une petite partie anglophone dans l’Ouest, du Royaume-Uni en 1961.

«Quarante à la tête de la nation»
Plusieurs membres du gouvernement étaient présents, le premier ministre Joseph Dion Ngute en tête, ainsi que le président du Sénat, Marcel Niat Njifenji. «Quarante ans à la tête de la Nation, ça ne s’usurpe pas, ça se gagne et ça se mérite, ce n’est pas à la portée de qui veut mais plutôt de qui peut», a lancé à l’ouverture des festivités Jean-Marie Abouna, maire du Ier arrondissement de Yaoundé et hôte des célébrations.

Paul Biya «a toujours bien géré le pays malgré des périodes difficiles. Comme dans une famille, il y a des hauts et des bas», s’enthousiasmait dans la foule Emmanuel Watat, un commerçant de 36 ans et militant du RDPC depuis 17 ans.

Samedi, sur Facebook, son principal opposant Maurice Kamto, rival malheureux en 2018 à la tête du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), a vu dans ce 40ème anniversaire «un piétinement arrogant des droits fondamentaux des citoyens et des libertés publiques» dans un pays où règne une «corruption systématique et généralisée».

Il a qualifié de «rêve sans contenu» le renouveau du Cameroun promis il y a quarante ans déjà par un Paul Biya ex-Premier ministre désigné successeur du Président démissionnaire Ahmadou Ahidjo, le 6 novembre 1982.

Jean Louis Verdier - Rédacteur en Chef Digital - Paris- Dubaï - Hong Kong dakarecho@gmail.com - Tél (+00) 33 6 17 86 36 34 + 852 6586 2047

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