Dakar-Echo

Deedo, la plate-forme qui veut populariser la musique panafricaine

Deedo, la plate-forme qui veut populariser la musique panafricaine

Le Réseau Entreprendre a distingué lors de sa cérémonie annuelle organisée à Belfort un projet de création d’entreprise consacré à la musique. Et plus particulièrement à la musique Africaine : la plate-forme Deedo sera en ligne en octobre. Elle est en cours d’élaboration par un couple du pays de Montbéliard.

C’est à une niche à laquelle s’attaque Awa Girard, mais une niche qui représente des millions d’utilisateurs potentiels : sur le web tout a une autre dimension.

Cette jeune femme d’origine sénégalaise, installée depuis quelques mois dans la Pays de Montbéliard, d’où son mari est originaire, est en train de monter avec lui Deedo, une plate-forme de streaming dédiée à la musique africaine.

Leur société, une SAS, a été créée en janvier 2017. Et déjà une filiale a été montée au Sénégal : une SàRL de droit sénégalais destinée à faciliter les paiements des artistes et des fournisseurs africains

Lancement en octobre, rentabilité espérée en 2020
Pour Awa Girard, la musique est une affaire de famille. Elle a grandi au Sénégal dans ce milieu, y a gardé des contacts lorsqu’elle est partie faire ses études aux États-Unis. Son mari, qui bénéficie d’un contrat en télétravail pour une grande entreprise, pratique la guitare et leurs enfants sont eux aussi musiciens.

« L’idée de créer une plate-forme dédiée à la musique africaine est née lors d’une soirée entre amis, raconte Awa Girard. Il n’y avait pas de playlist de bonne musique africaine ; c’était très fastidieux à préparer. »

Et parallèlement, ses amis musiciens africains se plaignent du manque de visibilité sur les grandes plate-formes de streaming : ils sont noyés dans la masse de quelque 40 millions de titres.

D’où l’idée de créer Deedo: à la fois pour répondre à l’expérience utilisateurs et pour donner de la visibilité aux artistes.

Deedo vise les africains de classe moyenne, la diaspora nostalgique de la musique de leur enfance ou qui veulent transmettre leur culture à leurs enfants, et les Européens globe-trotters ou en couple mixte. Awa Girard évalue le potentiel d’utilisateurs payants à 50 millions de personnes.

Pour les trois premiers mois d’existence, elle compte toucher 30 000 utilisateurs, dont 4000 payants, puis 174 000 en 2018 et 350 000 en 2019.

Le chiffre d’affaires espéré à la fin de la troisième année est de 3 millions d’euros, avec une rentabilité espérée fin 2010. Le « point mort » est estimé à 400 000 utilisateurs.

Un premier niveau d’abonnement sera gratuit, mais avec des publicités, un deuxième niveau sera payant à 6 € par mois. Il n’y aura que ces deux formules d’abonnement, pour plus de lisibilité pour les utilisateurs. Et surtout, l’abonnement sera sans engagement, ni tacite reconduction. L’abonné choisira pour combien de mois il s’abonne en s’inscrivant, et bénéficiera d’une réduction à partir de douze mois. Un dispositif simple pour mieux déclencher l’acte d’achat.

Tout une campagne de communication multi-canaux sera mise en œuvre pour le lancement de Deedo : sur les réseaux sociaux, la la télé (CNN Afrique, France O) et des sports radio.

Avec la possibilité d’aider trois ONG
Au-delà de la démarche commerciale, Awa Girard revendique une dimension patrimoniale et éthique. Elle souhaite transmettre et donner l’occasion de transmettre aux enfants la culture musicale africaine. Par exemple leur faire connaître Cesaria Evora, Fela Kouti, Papa Wemba. Autant d’artistes dont on trouvera les œuvres sous un onglet spécifique intitulé « Monumentum ».

Autre onglet spécifique : une playlist choisie par des DJ, qui offrira donc une sélection toute prête. On en revient à la soirée entre amis où il était laborieux de préparer sa playlist de musique africaine…

Enfin, Deedo s’engage dans une démarche humanitaire. « Je ne peux pas imaginer faire quelque chose sur l’Afrique sans y associer une démarche de ce type. Mais nous sommes très vigilants sur la transparence. » Trois ONG ont ainsi été sélectionnées : Tostan, Dimagi et Speak up Africa. Les abonnés à Deedo auront la possibilité de verser une partie de leur abonnement à l’un de ces trois ONG et pourront suivre sur le site ou sur l’appli à quoi aura servi leur don.

En terme d’emplois, Awa Girard espère sept collaborateurs d’ici fin 2018: commerciaux, gestionnaires de contenus, techniciens, mais aussi une personne chargée des relations avec les ONG, pour assurer la transparence.

Outre le Réseau entreprendre, Deedo est soutenu par l’agence de développement nord Franche-Comté (ADNFC), Aire urbaine investissement, et sans doute la BPI.

Rendez-vous en octobre pour le lancement de Deedo en France, au Sénégal et en Côte d’Ivoire. D’autres pays suivront.

Ava Girard présente son projet dans une vidéo du Réseau Entreprendre accessible sur You Tube.

Pierre-Yves Ratti

dakarecho@gmail.com'
Jean Louis Verdier- Bloggeur- Rédacteur en chef Digital -Paris
E-mail: dakarecho@gmail.com Tél (+00) 33 7 51 10 29 13

Articles similaires

Laisser un commentaire