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Décès à 91 ans du couturier Hubert de Givenchy

Décès à 91 ans du couturier Hubert de Givenchy

Le fondateur de la marque de haute couture Givenchy s’est éteint samedi dans son sommeil.

Le couturier français Hubert de Givenchy est décédé, a annoncé son compagnon ce lundi après-midi. Il était âgé de 91 ans. « Monsieur de Givenchy s’est éteint dans son sommeil le samedi 10 mars 2018. Ses neveux et nièces et leurs enfants partagent sa douleur », écrit le couturier Philippe Venet. « Ses obsèques seront célébrées dans la plus stricte intimité », précise-t-il.

Couturier majeur de la deuxième moitié du XXe siècle, Hubert de Givenchy est connu pour avoir lancé en 1952 la maison qui portait son nom et pour avoir habillé l’actrice Audrey Hepburn, sa muse.

De son premier défilé en 1952 à son départ en 1995 de sa maison de couture, vendue en 1988 au groupe LVMH (dont fait partie Le Parisien), Hubert de Givenchy a marqué pendant quarante ans le monde de la mode par l’élégance de ses créations, comme la célèbre robe noire portée par l’actrice Audrey Hepburn dans « Breakfast at Tiffany’s ».

Le créateur français a aussi habillé Jacky Kennedy, la princesse Grace de Monaco, Marlene Dietrich, Greta Garbo, Ingrid Bergman ou encore Jeanne Moreau.

« Balenciaga était ma religion »
Né en 1927, Hubert James Taffin de Givenchy (de son nom complet) était passionné de mode dès son plus jeune âge. Au point de monter à Paris à l’âge de 10 ans pour rencontrer le couturier espagnol Cristóbal Balenciaga, qu’il admirait. La rencontre tant attendue attendra encore quelques années.

Il débute sa carrière à 17 ans, découvrant simultanément l’univers des petites mains et celui des mondaines en quête de robes de soirée. Sept ans plus tard, il ouvre sa maison de couture, stimulé par l’exemple de son aîné Christian Dior, et s’impose comme le couturier du «chic décontracté».

Grand admirateur de Cristóbal Balenciaga, Hubert de Givenchy avait déclaré à son propos : « Balenciaga était ma religion. Puisque je suis croyant, pour moi il y a Balenciaga et le Seigneur ». Sa rencontre avec lui en 1953 est déterminante. Elle accentue son goût pour le vêtement architecturé et une certaine épure qui va devenir le style Givenchy: une élégance sans ostentation laissant une grande place au confort, à l’image des petites robes noires prisées de ses clientes internationales, têtes couronnées comme stars de cinéma. Grand collectionneur d’art, Hubert de Givenchy possédait de nombreuses oeuvres dans le château où il se réfugiait souvent avec son compagnon, dont de nombreux Giacometti.

«Il faut faire des vêtements avant tout confortables et bien coupés»
« Parmi les créateurs qui ont définitivement installé Paris, à partir des années 1950, au sommet de la mode mondiale, Hubert de Givenchy a donné à sa maison de couture une place à part. Tant dans les robes longues de prestige que dans les tenues de jour, Hubert de Givenchy a su réunir deux qualités rares : être novateur et intemporel », a réagi Bernard Arnault, PDG du groupe LVMH.

La maison Givenchy a également rendu hommage à son fondateur dans un communiqué, saluant une « personnalité incontournable du monde de la haute couture française, symbole de l’élégance parisienne pendant plus d’un demi-siècle. Aujourd’hui encore, son approche de la mode et son influence perdurent. (…) Son œuvre demeure aussi pertinente aujourd’hui qu’alors ».

Une grande exposition avait rendu hommage au travail d’Hubert de Givenchy l’an dernier à Calais, à la Cité de la dentelle et de la mode. « Cela ne sert à rien de faire de l’esbroufe, il faut faire des vêtements avant tout confortables et bien coupés, et il ne faut jamais contrarier le tissu avec trop d’artifices, il doit bouger sur le corps de la femme. Porter un vêtement doit vous donner une sécurité », avait déclaré le couturier lors de l’inauguration, en juin dernier.

Plus de vingt ans après s’être retiré du monde de la mode, le couturier gardait un oeil critique sur les évolutions de son métier. «Maintenant, je trouve qu’il y a une sorte de laisser-aller, je pense que la mode est devenue autre chose et je ne peux pas dire que je suis enthousiasmé. Il y a la mode et des modes», disait-il en amont de l’exposition qui lui était consacrée à Calais.

Jean Louis Verdier- Bloggeur- Rédacteur en chef Digital -Paris
E-mail: dakarecho@gmail.com Tél (+00) 33 7 51 10 29 13

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