Dakar-Echo

Déballage grandeur nature d’Ousmane Sonko à l’assemblée nationale

Déballage grandeur nature d’Ousmane Sonko à l’assemblée nationale

Le vote de la «loi de Finances rectificative (LFR)» a servi de tribune au député et leader de Pastef, Ousmane Sonko, pour faire un grand déballage sur la gestion de certains dossiers.

Le député, qui décriait l’introduction de nouvelles dispositions fiscales du projet de loi de Finances rectificative (LFR) de l’année 2018, a fait des révélations sur la société de droit suisse ADDAX ENERGY S.A. coupable de fraude fiscale à hauteur de plusieurs dizaines de milliards. Selon Sonko, cette société est aujourd’hui entrée dans les grâces de Macky Sall.

D’emblée, Ousmane Sonko a dénoncé l’introduction de trois nouvelles taxes qui, selon lui, sont faites sur le dos du pauvre consommateur sénégalais «plus que jamais pressuré». Parlant du prélèvement sur les opérations de consignation de produits pétroliers et d’avitaillement en hydrocarbures des navires battant pavillon étranger, le leader de Pastef révèle que ce prélèvement est taillé sur mesure pour la société de droit suisse ADDAX ENERGY S.A qui fait aujourd’hui objet d’un redressement de plusieurs dizaines de milliards pour fraude fiscale sur ces opérations. A en croire le député, ce prélèvement serait un petit arrangement entre amis pour absoudre la société de cette forfaiture qui fait suite à l’autre affaire, celle-là de la SAR.

En plus de ce cadeau fiscal, poursuit l’ex-inspecteur des Impôts et Domaines, le président Macky Sall a décoré le patron de cette société malgré ces affaires pendantes devant la justice et le fisc. «On peut lire sur le site de la Présidence que Jean-Claude Gandur, président d’Addax & Oryx group (AOG, mines et énergies), a été élevé à la dignité de Grand-Croix dans l’Ordre national du Lion par le chef de l’État», déclare Ousmane Sonko.

A l’en croire toujours, les services de Macky Sall ne mentionnent, évidemment, pas que la société de Gandur, Addax, est au cœur des remous à la Société africaine de raffinage (Sar). Ces remous ont abouti au limogeage d’Oumar Diop de son poste de directeur général de la Raffinerie. «Il lui est reproché d’avoir octroyé à la société suisse, sans l’aval du Conseil d’administration, un marché de fourniture de 8 cargaisons de brut pour 400 milliards FCFA.

L’un des actionnaires majeurs de la Sar, Locafrique (34%), dénonce ce contrat. Il a annoncé deux procédures judiciaires. Une à Londres pour, notamment, obtenir l’annulation du contrat, et une autre à Dakar contre Oumar Diop et X», a-t-il expliqué.

Il n’a pas manqué de déplorer le fait que l’Assemblée nationale soit absente et défaillante de son rôle de contrôle de l’action du gouvernement. «Je signale au passage pour conclure que ADDAX détient une partie du capital de la société ORYX dont le président de notre auguste assemblée serait également actionnaire, même s’il prétend avoir cédé ses actions en 2006», a-t-il indiqué, égratignant au passage Moustapha Niasse.

CONTRIBUTION SPECIALE DU SECTEUR DES TELECOMMUNICATIONS» (CST) ET PRELEVEMENT SUR LES COMPAGNIES D’ASSURANCES (PCA)

Revenant sur l’introduction de nouvelles dispositions fiscales, Ousmane Sonko décrie la «contribution spéciale du secteur des télécommunications (CST)» qui, selon lui, remplace le Prélèvement spécial sur le secteur des télécommunications et de la contribution pour le développement économique.

Pour le leader du Pastef, instaurer une telle taxe constitue une fausse solution face au défi d’une juste fiscalisation d’un secteur aussi rentable que celui des télécommunications. «Le Gouvernement se plie et cède une fois encore aux lobbies des entreprises de télécommunications. (…)

Pire, le Gouvernement aménage une exigibilité particulière pour les entreprises de télécommunications. En effet dans le Code Général des Impôts, toutes les taxes indirectes ont une exigibilité mensuelle. Pour la première fois, il est aménagé un «paiement sous forme de versements à effectuer dans les quinze premiers jours suivant la fin de chaque trimestre de l’année civile» pour une taxe indirecte», précise-t-il. Il souligne que le gouvernement doit assumer sa responsabilité d’avoir supprimé la taxe sur les appels entrants en mai 2012 pour ainsi laisser échapper des recettes parafiscales de l’ordre de 50 milliards par année.

«Ce cadeau fiscal bien généreux ne se fondait sur aucun argument techniquement documenté et économiquement justifié, si ce n’est le respect d’engagements électoralistes devant les capitaux étrangers et français en particulier», souligne-t-il.

Enfin, en ce qui concerne le Prélèvement sur les compagnies d’assurances (PCA), Ousmane Sonko soutient que cette taxe de 1%, en sus de la taxe sur les conventions d’assurance va renchérir le coût de l’assurance au Sénégal et peut conduire à des comportements déviants.

Pour lui, la véritable problématique que le Gouvernement n’a pas osé affronter c’est la taxation des profits des sociétés d’assurances ou leurs importantes distributions de dividendes au lieu de toujours faire peser la charge de l’impôt sur les consommateurs.

GAP EST DE L’ORDRE DE «40 MILLIARDS» POUR L’EXERCICE BUDGETAIRE 2018

Par ailleurs, le député de Pastef a confié qu’au titre de l’exercice budgétaire 2017, la DGID a accusé un gap de 161 milliards Fcfa par rapport à l’objectif de la Loi de finances initiale (Lfi). «Cette année encore, au titre du premier semestre 2018, le gap est de l’ordre de 40 milliards», informe-t-il.

Pour lui, «il est évident que ces mauvaises performances de la DGID découlent exclusivement d’une politisation à outrance des emplois au détriment de la compétence technique et de l’éthique professionnelle.» Il laisse entrevoir en définitive un dépassement de plus 216 milliards Fcfa sur les ressources extérieures en soutenant que tous les faits précités sont à l’origine des difficultés de trésorerie dans le pays, malgré les dénégations du gouvernement.

Seydina Bilal DIALLO

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
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