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Daech, Ebola, nucléaire iranien : ce à quoi pourrait ressembler le monde en 2015

Un think tank américain publie les prévisions de ses experts sur les grandes questions internationales. Le groupe armé Daech devrait selon eux s’affaiblir et l’épidémie d’Ebola se poursuivre.

Quelles seront les grandes tendances à l’échelle de la planète en 2015 ? C’est sur cette question qu’ont récemment planché dix experts du think tank américain Carnegie. Leurs prévisions concernant Daech, l’épidémie d’Ebola ou encore la prolifération des armes nucléaires viennent d’être dévoilées.

Ces conjectures, non exhaustives, sont néanmoins à prendre avec précaution. Car comme le rappelle l’un des spécialistes interrogés, « aucun analyste n’a su prévoir la crise ukrainienne, la montée en puissance de l’organisation Etat islamique et l’épidémie d’Ebola ».

► L’affaiblissement de Daech

« Son futur ne sera pas autant couronné de succès que son bref passé ». C’est ainsi qu’un expert de Carnegie envisage l’avenir de Daech, après la fulgurante conquête de territoires que l’organisation islamiste a menée en Irak et en Syrie dans la première moitié de l’année. « Son leadership et sa capacité financière et militaire seront diminuées », prophétise-t-il.

Un autre spécialiste du think tank prévient néanmoins que Daech « n’est pas susceptible d’être vaincu en 2015 sans intervention militaire terrestre et sans entraînement suffisant des forces irakiennes et des opposants syriens modérés ». Le groupe armé devrait, selon lui, voir sa stature et ses partisans augmenter au cours de l’année prochaine.

Dans tous les cas, l’organisation de Daech devrait muter. Plutôt centralisé, le « califat » devrait évoluer vers une structure proche d’un réseau de franchise vis-à-vis des groupes armés qui lui prêtent allégeance, à la manière d’Al-Qaïda. La lutte d’influence que se mènent les deux principales organisations djihadistes pourrait par ailleurs conduire à des affrontements directs entre elles.

► La poursuite de l’épidémie d’Ebola

Le virus, qui sévit depuis un an en Afrique de l’Ouest (Liberia, Sierra Leone et Guinée), devrait sans grande surprise continuer à faucher des vies en 2015. Prenant leurs distances avec les prévisions de l’Organisation mondiale de la santé (qui s’attendait à 10 000 nouveaux cas par semaine en décembre), le think tank souligne que le nombre de personnes atteintes du virus n’a pas beaucoup évolué depuis le début de l’épidémie – elles sont environ 18 000 début actuellement. « L’épidémie d’Ebola ne sera pas vaincue [en 2015], mais elle ne semble pas non plus susceptible de se transformer en pandémie mondiale », estime un expert.

► Des craintes sur les programmes nucléaires iranien et nord-coréen

L’Iran et les participants aux pourparlers (France, Allemagne, Royaume-Uni, Etats-Unis, Russie et Chine) se sont donnés plus de temps – jusqu’en juillet 2015 – pour arriver à un accord sur son programme nucléaire. « Si les négociations devaient échouer, l’Iran poursuivrait sans doute l’enrichissement de son uranium vers des niveaux supérieurs, ce qui aggraverait la crise, bien que le pays ne soit pas en mesure d’assembler une arme nucléaire dans l’année qui vient », prévient un expert du think tank.

Celui-ci semble davantage préoccupé par la Corée du Nord, qui a relancé sa production de plutonium en 2013 : « Ce ne serait pas une surprise si le pays testait des technologies nucléaires en 2015 ». D’autres pays pourraient aussi étendre le problème de la prolifération nucléaire, comme l’Egypte et l’Arabie Saoudite, qui se refusent encore à donner certaines garanties exigées par l’Agence internationale de l’énergie atomique.

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