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Coupe du monde d’escrime : «Je n’arrive toujours pas à y croire », confie Hélène Ngom

Coupe du monde d’escrime : «Je n’arrive toujours pas à y croire », confie Hélène Ngom

A 25 ans, l’épéiste de Beauvais Hélène Ngom a remporté ce week-end en Chine la manche de Coupe du Monde de Chengdu.

Elle n’avait jamais fait mieux que 12e à l’international depuis qu’elle est senior.

Son objectif, dans un premier temps cette saison, était de « faire un quart de finale » en Coupe du monde. Samedi, lors de la manche de Chengdu (Chine), Hélène Ngom a tout explosé: ses adversaires, et le challenge qu’elle s’était fixé. A 25 ans, l’épéiste de l’Académie Beauvaisienne d’Escrime a remporté la médaille d’or en Chine en battant en finale (15-12) l’Italienne Rossella Fiamingo, double championne du monde (2014, 2015) et vice-championne olympique à Rio en 2016. Sa toute première victoire en Coupe du Monde, la deuxième pour l’Académie Beauvaisienne d’Escrime après Jeanne Colignon en mars 2009 à Luxembourg.

«Entre le quart et la victoire, il y a un cap, lance Hélène Ngom. Je n’arrive toujours pas à y croire, mais je suis heureuse. Surtout de me rendre compte que je peux avoir ce niveau-là. » Jusqu’à présent, son meilleur résultat à l’international, toutes compétitions confondues, depuis son entrée chez les seniors était la 12e place obtenue le 12 janvier dernier à la manche de Coupe du Monde de La Havane (Cuba).

« Je me sentais de mieux en mieux en compétition, indique Hélène Ngom. Mais je ne me sens pas du tout forte aux entraînements, je ne voyais pas nécessairement les progrès donc c’était frustrant. Là, du coup, c’est le Sésame. »

C’est la preuve, aussi, qu’elle est sur la bonne voie et qu’elle « ne s’entraîne pas pour rien ». Car la jeune femme, qui partage son temps entre l’épée, ses études de psychologie en vue de devenir éducatrice et son boulot de nounou («ça fait partie du tout et des sacrifices, avec l’escrime on n’est pas pro »), a fait un choix fort : elle a décidé de ne plus être permanente à l’Insep.

«Je l’étais jusqu’en 2016, mais ça ne me convenait pas, explique Hélène Ngom. L’année suivante, j’ai décidé de devenir partenaire parce que je trouvais que la charge d’entraînement ne me correspondait pas, elle n’était pas assez personnalisée en fait. » Du coup, elle ne fait que les séances d’assaut à l’Insep avec le groupe. Les leçons sont dispensées à Beauvais par Emmanuel Mortecrette, et la préparation physique a lieu à Alfortville (Val-de-Marne).

Une organisation qui a porté ses fruits ce week-end en Chine. Ni Rossella Fiamingo, ni l’Américaine Hurley (championne du monde par équipe 2018) battue en demi-finale (15-11), ni la Chinoise Zhu en quarts (15-7) ne diront le contraire. «La dernière fois qu’on s’était rencontrées avec Zhu, elle m’avait un peu ridiculisée (NDLR : 15-9 en février 2018 à la Coupe du Monde de Barcelone), glisse Hélène Ngom. Donc c’était aussi une revanche… »

Mélissa Goram, sa coéquipière à Beauvais et son amie ( « on est très proches », assure Ngom) avait été sa première victime samedi en tableau de 64 (15-8). «C’était un peu dur, surtout qu’on était dans la même chambre, confie Hélène Ngom. On l’est toujours en compétition. Afin de passer une bonne nuit, j’aime bien ne pas savoir qui je prends le lendemain. Vendredi soir, Mélissa savait qu’elle tirait contre moi, et moi non. C’était drôle… »

Forte de cette grande première en Chine, Hélène Ngom attend maintenant la suite avec sérénité. «J’essaie de ne pas trop me projeter parce que je suis de nature un peu stressée, glisse l’épéiste. Je n’ai pas envie de me monter la tête pour être déçue ensuite. Je pense être sélectionnée pour Cali (Colombie) (NDLR : le 3 mai), j’espère y confirmer ma perf. »

V.M avec Le Parisien

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