Dakar-Echo

Controverse autour de l’intervention directe de Me Wade dans la gestion foncière et domaniale: Antoine Diom reçoit régulièrement les appels de Macky Sall

crei_antoine_felix_ablaye_diomeC’est un fait qui ne manquera pas de susciter des réactions dans l’appareil d’Etat. Surtout à ceux qui pensent à une équidistance des pouvoirs publics dans la gestion des affaires judiciaires.

Et pour cause, selon Karim Wade, « le substitut du procureur spécial, Antoine Felix Diom, répond régulièrement au téléphone du Président Macky Sall ». Tout souriant, le substitut du procureur spécial , habitué à demander la parole pour des séances d’explications, choisit la voie de la stratégie du silence.Point de réponse à Karim Wade. Il choisit librement de classer l’affaire sans suite.

Cette déclaration de l’ancien ministre d’Etat intervient à la suite des accusations de la partie civile et du parquet spécial selon lesquelles l’ancien Président Me Abdoulaye Wade interviendrait directement pour donner des instructions au directeur des domaines et à celui du cadastre sans passer par la hiérarchie.

Et pour écarter tout soupçon d’interférence, Karim Wade explique que le directeur des domaines (Ibrahima Wade) et celui du cadastre (Tahibou Ndiaye) n’étaient appelés au Palais par son locataire que pour les projets structurants du Président Wade qui lui ont permis de réaliser un bon bilan.

Et pourtant, Assane Dianko, directeur général des impôts et domaines (2001 à 2006) a affirmé n’avoir jamais été au courant des allers et retours des directeurs relevant de son autorité. Selon lui, ceux-ci effectuaient des déplacements au Palais sans l’informer. Pour autant, Ibrahima Wade est d’avis qu’il rendait compte de tous ses déplacements professionnels à son directeur général, Assane Dianko.

Par ailleurs, ils ont reconnu n’avoir jamais transmis des baux ou effectué des titres fonciers au bénéfice des personnes sur recommandation de Karim Wade.

Soupçon d’utilisation de voie détournée: la défense lave les supérieurs et parle de voie normale
cire_karimL’opération d’échange entre l’Etat du Sénégal et Abdou Mody Ndiaye a fait l’objet de blocage à un moment de la procédure. C’est en effet Assane Dianko, directeur des impôts et domaines d’alors qui, se basant sur l’inopportunité et l’inéquité, avait refusé de transmettre le dossier à l’autorité supérieure pour approbation.

Et, selon Aly Sine (le directeur des domaines 2000 à 2002), « dès que Abdou Mody Ndiaye a su que son dossier a été rejeté par le directeur général des impôts et domaines, Assane Dianko, il a sollicité une voie supérieure et utilisé des voies détournées en allant exposer le cas au Ministre du budget ».

Ainsi, avance-t-il, « j’ai transmis directement le dossier à ce Ministre qui me l’a demandé sans passer par le directeur général des impôts et domaines ». La partie civile saute sur l’occasion et parle d’instructions données d’en haut pour sauver des intérêts.

Pour contre-carrer l’argumentaire des conseils de l’Etat, Me Demba Ciré Bathily fait remarquer que l’intervention d’Abdou Mody Ndiaye est à ranger dans le cadre « d’un recours que tout citoyen dont le dossier est bloqué exerce auprès de la hiérarchie ».

Dans la même veine, Me Pape Leyti Ndiaye souligne que: « Abdou Mody Ndiaye n’a fait que s’adresser à l’autorité chargée d’approuver l’acte dès qu’il a constaté que son dossier ne bougeait pas ».

Toujours est-il qu’Aly Sine a reconnu n’avoir jamais rencontré Karim Wade, encore moins reçu des instructions directement ou indirectement afin de faciliter l’obtention des terrains pour la constitution de sociétés.

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

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