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Condamnation de Karim Wade: le PDS obligé de trouver un autre candidat

Condamnation de Karim Wade: le PDS obligé de trouver un autre candidat

Après la condamnation de Karim Wade à 6 ans de prison, le PDS contraint de trouver un autre candidat pour la prochaine présidentielle

Karim Wade ne peut être candidat à la prochaine Présidentielle sauf si la Cour suprême casse la décision de la CREI. Sauf s’il bénéficie d’une grâce présidentielle. C’est une nouvelle équation pour Wade et le PDS qui doivent miser sur un candidat de rechange.

Six ans. C’est le «mandat» du candidat du Parti démocratique sénégalais investi samedi. Karim Wade, sauf cassation de l’arrêt de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI), est écarté de la prochaine Présidentielle, quelle se tienne en 2017 ou en 2019.

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Puisqu’il ne peut recouvrer la liberté, sauf encore une grâce présidentielle, qu’en 2019. Et même si, éventuellement, un «Non» du référendum de 2016 maintiendrait le mandat constitutionnel à 7 ans, il ne devrait être libre qu’en avril, donc après le scrutin de févriermars.

En gros, de ce verdict, l’on peut retenir que la CREI semble avoir déjoué les plans savamment dessinés par Abdoulaye Wade qui espérait, en accélérant le choix de son candidat -celui du PDS mettre Macky Sall devant le fait accompli.

Car, l’après 23 mars oblige le PDS à tenir compte de l’éventualité d’un plan B, donc d’un autre candidat. Babacar Gaye affirme qu’il n’y en a pas, même si au Comité directeur qui avait lancé le processus, les coulisses rapportent que l’idée de suppléance du titulaire Karim a été débattue. Et le désistement de Me Madické Niang de la présidence de la commission de réception des candidatures était, soupire-t-on, un premier essai pour l’adjoindre à Karim Wade.

Le secrétaire général du PDS avait posé ainsi une équation tout de même difficile à résoudre pour le régime actuel. Il se retrouve dans son propre piège car, il lui faudra bien une autre Wade-formula, qui sauvera le Pds d’une non-participation à la Présidentielle ?

Dans tous les cas, se pose une question : quel avenir pour Karim Wade ? Il est évident que pour un politique pressé, comme il l’a montré avec son ascendance supersonique au pouvoir, par l’escabeau discrétionnaire de son papa de Président, 6 jours, 6 semaines, 6 mois, peuvent compromettre les folles ambitions. Et il est vrai aussi qu’un séjour, si court soit-il, dans le palais sombre de Rebeuss, peut faire rêver de l’autre Palais, surtout quand on a goûté à ses lambris dorés.

Ça peut se réaliser, mais faudrait-il encore que l’on soit libre. Comment ? Quand ?

Lorsque seul celui qui «détient» désormais in fine son destin, le président de la République, en décide. Il faut dire que la CREI a refilé tout de suite après son verdict, la patate Karim à Macky Sall.

Parce que l’article 18 de la loi 81-54 du 10 juillet 1981créant la CREI dispose : «Les arrêts de la Cour sont immédiatement portés à la connaissance du président de la République par l’intermédiaire du Procureur spécial et du ministre chargé de la Justice.»

Voilà qui suppose que la liberté de Karim Wade dépend du chef de l’Etat. Mais l’embarras politique est là : Karim acceptera t-il de négocier pour sa libération ? Macky Sall se lancera-t-il dans cette opération ?

Idrissa Seck l’avait fait avec le «Protocole de Rebeuss» pour participer à la Présidentielle de 2007. Et, il faut le dire, Wade avait perdu le duel de l’opinion, même s’il a fini par être réélu dès le premier tour.

Pour Karim, il ne faut cependant «tuer» un avenir … à venir. Puisque le fils de l’ancien Président peut rejoindre le cercle de ces «politiques qui ne meurent jamais» après la prison. En politique, tout est, dit-on, question de temps, de contexte et de prétexte.

Hamath Kane 

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