Dakar-Echo

Commerce du sexe à Sandaga: Pion, Thiorokh, Pasteef et pilules à gogo

sandaga1Les pilules, l’herbe (yamba ou chanvre indien) et les drogues dures s’échangent comme des petits pains, à Sandaga.

Mais, il faudra décrypter et maîtriser les codes pour évoluer dans ce milieu où on parle de «pion»,  «thiorokh» ,pasteef…

Au-delà des agressions, le plus choquant à Sandaga, c’est l’activité des résidentes du bâtiment en ruines. Pour ce commerçant, «les filles y vivent comme des reines». On n’oserait imaginer que des femmes et leurs enfants y cohabitent avec des malfrats de tous ordres.

«Des enfants de rien du tout y sont avec leurs mères et je suis sûr qu’ils n’auront pas une bonne éducation dans ce milieu insalubre», se désole notre interlocuteur.

Et d’expliquer que dans la journée, elles sont invisibles, mais la nuit, «tous les chats sont gris». «Elles se retrouvent avec leurs amants ou de probables clients. Et là, le commerce du sexe est bien organisé.

Vivant en parfaite symbiose, ces femmes sont très organisées et pratiquent bien leur rôle de femmes au foyer et d’amantes», narre-t-il.  A 18 h, raconte le marchand ambulant, «quelques unes d’entre ces femmes et jeunes filles font un petit tour aux stands des marchands de légumes qui ornent la devanture du bâtiment.

Bien sapées, elles se dévouent à la préparation d’un plat onctueux pour leur petit chéri. Elles font les courses pour acheter quelques ingrédients incontournables pour un dîner copieux».

Commerçants et passants les regardent de travers, mais cela ne le gène guère, selon toujours le marchant ambulant. «Elles prennent l’essentiel, retournent illico à la «maison » et se mette aux fourneaux.

Après un bon dîner, place au libertinage ; les clients sont là, point de marchandage, la passe commence à 1000 francs », dixit Amadou Sène. Diop, agent de sécurité, embouche la même trompette. «Ces femmes sont là parce qu’elles n’ont pas d’endroit ou vivre, elles viennent ici la nuit avec leurs enfants pour se prostituer et repartent le matin.

Ici, le commerce du sexe est fréquent dans le marché et cela est dû au fait que ces gens y vivent et que personne ne leur dit rien, souvent c’est des femmes démunies sans un sou à la poche, victimes de la rue, sous l’effet de l’alcool», révèle-t-il.

De la drogue en permanence !

Impossible de parler d’insécurité, d’agression sans parler de la circulation de la drogue qui fait des dégâts. Dans l’immeuble, différentes marchandises comme la drogue qu’il surnomme «pion ou thiorokh», le cannabis ou la marijuana «pasteef», la cocaïne et les autres stupéfiants y circulent à tout bout de champ. Même les étrangers au marché viennent pour faire des affaires aux environs de certaines heures.

Garçons comme filles distribuent ces pilules et herbe n’importe où et n’importe quand et le consomment comme ils le sentent. «Il y avait une fille qui était assise là tout près de nous, fumant un joint sous nos yeux et personne n’a pipé mot pour l’en empêcher. On ne peut même pas interpeller la police. Ce qu’il y a dans ce bâtiment est plus qu’anormal», s’indigne un passant.

DES AMBULANTS DEGUERPIS A LA PLACE DES DELINQUANTS : ON SOUPÇONNE UNE «COMPLICITE» ENTRE AGRESSEURS ET

L’insécurité à Sandaga ne laisse personne indifférent, surtout les marchands ambulants qui parlent de «situation invivable». Malgré la présence, non loi, de la police centrale. «On ne peut pas risquer nos vies puisse que la police loge à côté et est témoin de ce spectacle incohérent et intolérable», souligne un marchand ambulant de Sandaga.

M.Diallo, vendeur d’articles divers, explique que l’immeuble est un château pour ces soi-disant techniciens de surface qui occupent toutes les journées ces lieux. «Ils sont à l’aise parce qu’ils croient avoir un château à leur disposition», indique-t-il. «On mène une vie dure dans un espace nauséabond ici.

Pire encore, la police fait des rafles chaque jour à ces alentours et fait dégager tous les commerçants qui occupent cette devanture au lieu de dégager ces voyous. On dirait qu’il y a une complicité entre les policiers et ces bandits», dénonce notre interlocuteur. Et d’ajouter, «je ne sais pas si l’Etat travaille ou pas, parce qu’ici rien ne va. Ils sont très contents ces soi-disant boudioumanes.

Ils ne se soucient de personne et font comme si de rien n’était». A en croire nos interlocuteurs, ces délinquants sont sans pitié quand il s’agit d’arracher de force un téléphone portable, un appareil et l’argent des pauvres innocents, surtout les étrangers. Suffisant pour les occupants de ces alentours de lancer un cri de détresse pour demander de l’aide.

D’après eux, ce n’est pas normal que le palais présidentiel soit à moins de deux kilomètres de ce marché qu’il y ait une telle insécurité qui plonge les commerçants et marchands ambulants dans une peur bleue. Et certains d’entre eux refusent d’aborder le sujet.

Avec Walf Grand Place et Seneplus

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

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