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Comment les Etats-Unis et la Chine se livrent bataille sur la 5G

Comment les Etats-Unis et la Chine se livrent bataille sur la 5G

La 5G pourrait apporter à l’économie mondiale la somme astronomique de 11 300 milliards d’euros à l’horizon 2035. Face à cet enjeu colossal, Américains et Chinois veulent chacun s’assurer le leadership dans cette technologie.

La prochaine grande révolution sera la 5G. Ce réseau Internet, de 10 à 100 fois plus rapide que l’actuelle 4G et très économe en énergie, devrait permettre à environ 1 million d’objets au kilomètre carré de se connecter et de communiquer entre eux.

Cette technologie pourrait générer un flux de 11 300 milliards d’euros d’échanges dans le monde à l’horizon 2035, selon une étude du cabinet IHS Markit.

Un enjeu colossal qui amène les grandes puissances industrielles à se disputer le leadership dans cette technologie. Or, selon une étude du cabinet Analysys Mason, la Chine a une longueur d’avance devant les Etats-Unis et la Corée du Sud, très loin devant l’Europe.

Grâce à une « politique gouvernementale proactive », mise en place dès 2013 avec le plan « China 2025 », les entreprises chinoises se sont engagées à lancer la 5G dès cette année. Un arrondissement de Pékin est même le cadre d’un programme d’essai sur un site en plein air.

L’an passé, le fabricant Huawei a mis au point un appareil, le « Huawei P10 », dont la vitesse de téléchargement est deux fois plus rapide qu’avec un appareil mobile 4G. De son côté, ZTE a aussi fabriqué un téléphone capable de télécharger un gigabit par seconde, soit la vitesse visée à terme par la 5G.

Naissance d’un géant américain
Face à ces avancées, l’administration américaine de Donald Trump a décidé de contrecarrer les industriels chinois pour permettre à ses fabricants et opérateurs d’être en ordre de bataille.

En avril, les groupes de télécoms américains T-Mobile et Sprint ont annoncé un accord de fusion pour créer une entité capable de développer un réseau de téléphonie mobile 5G. Cette fusion entre le 3e et 4e du secteur aux Etats-Unis va permettre de regrouper plus de 127 millions d’abonnés.

« La compagnie, qui portera le nom de T-Mobile, est un acteur dominant dans le secteur de la téléphonie mobile, de la vidéo et de l’internet à large bande aux Etats-Unis », assurent les deux entreprises, misant sur l’emploi de 200 000 personnes pour le déploiement de la 5G.

Par ailleurs, la Maison Blanche a bloqué mi-mars l’offre publique d’achat (OPA) hostile du fabricant de semi-conducteurs Broadcom, basé à Singapour, sur l’Américain Qualcomm au nom de craintes pour la sécurité nationale.

Le coup de frein US aux produits chinois
Ce n’est pas tout. Dans les prochains jours, le président américain pourrait, selon le Wall Street Journal, signer un décret limitant la vente d’équipements mobiles chinois sur le territoire américain. Une attaque en règle contre les groupes chinois Huawei et ZTE.

Ces marques vont aussi être interdites pour les personnels sur les bases militaires américaines. Motif ? Selon le Pentagone, ces appareils « présentent un risque inacceptable pour le personnel, les informations et les missions militaires. »

Encore plus fort, Donald Trump vient d’interdire à ZTE d’acheter des puces informatiques américaines pendant sept ans. De son côté, Huawei est accusé par le ministère de la Justice américaine d’avoir enfreint les sanctions économiques contre l’Iran en vendant des produits à la République islamique…

Or, la Chine importe 80 % des puces dont elle a besoin pour fabriquer ses produits électroniques. Selon la banque d’affaires CICC, ZTE ne dispose plus en stock que de un à deux mois de composants avant que cette interdiction commence à affecter son activité.

Dimanche, le Chinois ZTE a déposé auprès du département américain du Commerce un recours pour lever les sanctions à son encontre. De son côté, Pékin a exprimé « ses protestations solennelles ».

« Si les États-Unis pensent pouvoir freiner le développement de la Chine et la contraindre à faire des concessions au moyen d’un protectionnisme unilatéral préjudiciable aux intérêts des entreprises chinoises et américaines, ils se trompent », a expliqué le ministère du Commerce chinois dans un communiqué.

« La Chine doit être autosuffisante pour les technologies clés et rassembler ses forces pour faire de grandes choses », a lancé avec force le président Xi Jinping, la semaine dernière.

Plus de 30 ans d’évolutions technologiques
En attendant, les fabricants chinois pourraient riposter en rappelant aux Etats-Unis leur présence sur le territoire : ZTE concentre 14 bureaux et 6 centres de recherche ce qui permet de faire vivre directement ou indirectement près de 130 000 personnes aux Etats-Unis.

ZTE a aussi de nombreux partenariats avec des entreprises américaines dont les développements pourraient être stoppés.

L’Europe à la traîne ?
En Europe, selon le patron d’Ericsson Börje Ekholm, interrogé par le Figaro, la 5G reste au stade embryonnaire.

En France, les opérateurs n’en sont qu’au stade des expériences.

En janvier, l’autorité de régularisation des communications électroniques et des postes (Arcep) a permis aux opérateurs de réaliser des tests grandeur nature dans neuf villes : Lyon, Bordeaux, Nantes, Lille, Le Havre, Saint-Étienne, Douai, Montpellier et Grenoble.

Mais ce n’est qu’en 2020 qu’Orange entend déployer la 5G sur le territoire français.

G.Z

Jean Louis Verdier- Bloggeur- Rédacteur en chef Digital -Paris
E-mail: dakarecho@gmail.com Tél (+00) 33 7 51 10 29 13

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