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Comment les boîtes noires résistent-elles aux crashs ?

Comment les boîtes noires résistent-elles aux crashs ?

Les enregistreurs de vol du Boeing 737 ont été envoyés ce jeudi à la France pour être analysés, seul moyen de connaître les raisons précises de l’accident.

À chaque crash d’avion, l’attention se porte toujours sur les deux boîtes noires de l’avion. Ces enregistreurs de vol, qui pèsent de 7 à 10 kg chacun, sont en effet le plus souvent les seuls moyens de connaître les raisons de l’accident. Dans le cas du crash de l’Ethiopian Airlines, qui a fait 157 morts dimanche dernier, les boîtes noires ont été retrouvées en quelques jours et envoyées ce jeudi à Paris. Charge au Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) de les analyser, l’Ethiopie n’en ayant pas les moyens.

Mais comment expliquer que les boîtes noires d’un avion soient quasiment indestructibles et permettent ainsi, lorsqu’elles sont retrouvées, de comprendre les raisons d’un crash dans 90 % des cas ? Pour commencer, précisons qu’elles sont en réalité rouge orangé, pour être plus visibles.

Le terme « noir » trouve son origine dans les pellicules photo, sur lesquelles étaient enregistrées les informations de vol au début de l’aviation, et qui étaient ensuite développées dans une chambre noire. Aujourd’hui, le « Cockpit Voice Recorder » (CVR) enregistre les conversations entre les pilotes et les bruits d’ambiance dans l’avion, tandis que le « Flight Data Recorder » (FDR) capte pour sa part tous les paramètres de vol.

Trois couches de matériaux
Concernant la conception de ces boîtes noires, les trois couches de matériaux en acier – une pour la solidité, une pour la résistance thermique et une dernière pour l’isolation à l’eau – les rendent ultra résistantes. Elles peuvent ainsi supporter des chocs de 3400 G (le corps humain ne résiste qu’à 20 G maximum), d’être pendant une heure à une température de 1 100 degrés, ou encore de passer un mois en immersion à 6 000 m de profondeur, selon le cahier des charges des constructeurs.

Ce sont en tout cas les critères minimums. Les boîtes noires de l’Airbus du vol Rio-Paris avaient par exemple été retrouvées en bon état et à près de 4 000 mètres de fond dans l’Océan Atlantique, au bout de deux ans. « On avait déjà des éléments, notamment les signaux envoyés par l’avion, permettant d’incriminer les sondes Pitot à 90 %, mais juridiquement les boîtes noires apportent une preuve pour établir la responsabilité », indique au Parisien Xavier Tytelman, expert en sécurité aérienne.

Situées à l’arrière de l’avion
Par ailleurs, les boîtes noires sont situées près du toit et à l’arrière de l’avion, plus précisément « à l’avant de la queue », précise Xavier Tytelman. Soit à la position la moins exposée aux chocs en cas de crash, contrairement au nez ou au bas de l’appareil.

En plus de ça, les capacités des enregistreurs ont été récemment améliorées grâce aux innovations technologiques. Les paramètres de vol des dernières 25 heures sont désormais enregistrés, alors que la mémoire limitait ce délai à deux heures auparavant.

Sept tests
Avant d’arriver dans un avion, les boîtes noires doivent subir une série de sept tests, dont la résistance à l’eau salée, au feu, aux chocs, ou encore à une « submersion en haute mer ». En cas d’immersion, une balise se déclenche et émet pendant au moins 30 jours un signal à ultrason, détectable à environ deux kilomètres.

Malgré tout cela, il arrive que ces enregistreurs soient – au moins en partie – inexploitables, une fois retrouvés. « Mais scientifiquement on arrive presque toujours à savoir ce qu’il s’est passé grâce aux boîtes noires même si elles sont endommagées. Le problème vient souvent d’ailleurs : par exemple l’Égypte n’a pas souhaité donner les informations des boîtes noires du vol de l’EgyptAir car politiquement elle ne voulait pas être accusée d’être responsable du crash », raconte Xavier Tytelman. Ce dernier conclut : « Avec les corps des victimes, les boîtes noires sont les deux priorités à rechercher après un crash. »

Nicolas Berrod

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