Dakar-Echo

Comment Karim Wade “gouverne” l’opposition depuis la prison

Malgré les verrouillages de l’administration pénitentiaire, l’ancien patron de la “Génération du concret” parvient à manoeuvrer à distance. Surtout, il communique beaucoup.

Les récentes saillies médiatiques de Me Wade ne sont dues qu’au fait que son fils et ex-dauphin putatif lui aurait mis la pression afin qu’il  mette la main à la pâte. Il a insisté sur ce fait, souligné qu’au-delà de sa personne, c’est bien la famille Wade qui était visée.

Comme à son habitude, le vieux lion a alors bondi… Quand de manière délicate, les services concernés ont présenté à l’ancien président la totalité du “dossier” concernant les délits reprochés à l’ancien tout-puissant ministre d’Etat (son fils), il en a été l’un des premiers étonnés. 

D’emblée, il a soutenu que “cela ne saurait être possible”, avant de pousser les manettes en raison de considérations “paternelles”.  Il est constant, selon nos sources, que Karim Wade s’informe, informe, et donne des instructions depuis sa cellule.

“Il manipule son père alors qu’on ne l’a jamais vu dans une manifestation de l’opposition avant notre arrivée au pouvoir”, fait remarquer un jeune du PDS, lui-même qui a eu maille à partir avec la justice après leur perte du pouvoir en 2012.

D’ailleurs, les principaux  responsables de l’actuelle opposition (Oumar Sarr et Mamadou Diop Decroix) seraient les premiers à s’opposer à lui en cas de tentative d’une Opa vers 2017. Toutefois, l’ancien ministre d’Etat est parvenu à ses fins…

Lors de son incarcération en 2004, l’ancien Premier ministre Idrissa Seck s’était vu ajouter le délit de “diffusion irrégulière de correspondances” dans ses chefs d’accusation. Il avait été embarqué dans cette galère avec un célèbre avocat qui défendait alors ses intérêts.

C’est dire que les moyens que Karim Wade utilise pour “communiquer” posent de sérieux problèmes  lors que le régisseur de la maison d’arrêt de Rebeuss et ses principaux collaborateurs s’illustrent jusqu’ici par leur capacité à gérer “un hôte” que beaucoup n’aimeraient pas avoir à leurs côtés. Toujours est-il que Wade-fils déroule son plan à distance. Par quels moyens ? Il semble que cela va au-delà de ses avocats… 

Il oriente Wade depuis la prison
Toutes les récentes sorties de l’ancien président de la République, Me Wade (son refus de participer au Sommet de la Francophonie et ses déclarations belliqueuses à l’endroit de l’actuel régime), ne seraient liées qu’aux pressions qu’il subit venant de la part de son fils actuellement en détention.

En réalité, Me Wade serait lui-même abasourdi par les accusations portées contre celui qu’il entendait porter au pouvoir après lui. Mais son épouse (surtout) et son fils parviennent à le persuader de porter cet énième combat.

C’est ce qui explique en partie les batailles souterraines actuellement en cours au sein du Pds, car certains courants estiment que “le vieux” ne parle que de ce qui l’intéresse (son fils), là où un autre front commence à prendre forme, et consistant à dire qu’il est temps pour lui “d’aller se reposer”.

Depuis Paris qu’il a rejoint après son tête-à-tête avec le Khalife général des Mourides, Me Wade est sans doute, aujourd’hui plus qu’hier aux signaux qu’on lui envoie. Silencieux depuis, il sait qu’il n’a pas toutes les cartes en mains. 

Karim Wade convoqué devant la CREI concernant les bijoux de sa défunte épouse

L’ancien ministre d’Etat Karim Wade est attendu demain vendredi à la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei). Le fils de l’ancien Président Karim Wade est convoqué pour les bijoux de sa défunte épouse, Karine Marteau, qui ont été rapatriés récemment de Paris.

De 694 milliards aux premières heures du recouvrement des deniers publics lancé sous le magistère d’Aminata Touré au ministère de la Justice, les poursuites sont présentement estimées à 117 milliards de FCfa.

Dernièrement, des bijoux de Karine, de même qu’une montre de Karim, ont été rapatriés dans le cadre du dossier. S’y ajoute de petites sommes découvertes dans les comptes en banque des présumées complices de Wade-fils, à l’instar de Pape Mamadou Pouye, Alioune Samba Diassé.

Le premier est toujours dans les liens de la détention en compagnie de l’ancien ministre sous le règne de son père, à la Maison d’Arrêt et de Correction (MAC) de Rebeuss.

Ce, au moment où le second a bénéficié d’une liberté provisoire en raison de son état de santé.

Avec EnquêtePlus

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