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Comment Apple cherche à rendre son Apple Watch indispensable

Comment Apple cherche à rendre son Apple Watch indispensable

Tim Cook

La montre sera disponible en précommande à partir du 10 avril et commercialisée le 24 avril. Elle sera vendue de 399 à 18.000 euros. L’autonomie atteint 18 heures.

Comme une dernière piqûre de rappel avant le grand lancement. Six mois précisément après avoir dévoilé l’Apple Watch pour la première fois, Apple s’est permis de dédier une seconde présentation à sa montre lundi, lors d’une conférence de presse organisée à San Francisco et suivie mondialement. Aucun autre de ses produits n’avait eu le droit à pareil traitement jusqu’alors.

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Apple a répondu lors de cette nouvelle conférence à des questions concrètes, laissées jusqu’alors sans réponse. L’Apple Watch sortira le 24 avril mais sera disponible à l’essai dès le 10 avril dans les Apple Store et aux Galeries Lafayette en France.

Elle sera vendue 399 et 449 euros selon la taille pour le modèle sport en aluminium, et de 649 à 1249 euros pour le modèle standard en acier inoxydable. Le modèle en or sera vendu entre 11.000 et 18.000 euros, en quantité limitée. Des bracelets supplémentaires seront vendus entre 59 et 499 euros.

L’autonomie sera de 18 heures lors d’un usage normal. L’Apple Watch devra ainsi être rechargée la nuit, grâce à son alimentation magnétique.

À quoi sert l’Apple Watch?

La présentation de septembre avait permis de planter le décor. Après la micro-informatique et la téléphonie, Apple s’apprêtait à entrer dans le secteur des accessoires de mode. Son PDG, Tim Cook, avait insisté alors sur l’ampleur de la tâche accomplie pour mener ce projet, le premier de l’ère post-Steve Jobs.

Le designer en chef d’Apple, Jonathan Ive, s’est par la suite chargé d’inscrire le groupe informatique dans la longue histoire de l’horlogerie, livrant un nombre inhabituel d’interviews. «Ceux qui travaillaient sur le premier iPhone méprisaient les téléphones de l’époque. Ce n’est pas le cas ici. Les gens dans notre groupe adorent leurs montres», confiait-il la semaine dernière au magazine du Financial Times, How to spend it.

Lundi, Apple s’est aussi efforcé de répondre à une question qui taraude les amateurs de montre: à quoi peut bien servir de mettre autour de son poignet un tel objet connecté, avec écran couleur tactile, vibreur et connexion Bluetooth? Jusqu’alors, les ventes de montres connectées sont restées confidentielles, avec quelque 720.000 modèles fonctionnant avec le système Android Wear livrés en 2014, selon Canalys.

Les premiers acheteurs sont des technophiles. Le public cherché par Apple va bien au-delà. Dans une note récente, Goldman Sachs a dit s’attendre à 18.4 millions d’Apple Watch vendues durant sa première année de commercialisation. Certains sont encore plus optimistes.

Une première série d’applications

Comme lors des débuts de l’iPhone, l’attrait de l’Apple Watch pourra venir de son catalogue d’applications. Ces quatre derniers mois, les développeurs ont aussi travaillé pour livrer des versions de leurs applications adaptées à la montre.

Elles permettent, en premier lieu, de recevoir les notifications venues de son téléphone. L’idée est de moins se servir de l’iPhone, qui reste néanmoins nécessaire au bon fonctionnement de la montre. «Nous pensons que votre montre va devenir partie intégrante de votre journée», a glissé Tim Cook. Bref, un objet dont on ne pourra plus se passer.

Le PDG d’Apple a mis l’accent sur une utilisation sportive de l’Apple Watch, qui peut surveiller l’activité de celui qui l’a au poignet. L’Apple Watch pourra même avertir son propriétaire lorsqu’il est resté assis pendant trop longtemps.

Ce dernier pourra aussi regarder des photos sur Instagram, lire des messages Facebook, commander un trajet sur Uber, reconnaître une chanson avec Shazam, se repérer en ville avec Citymapper, gérer ses billets d’avion ou viser une réservation d’hôtel. La montre peut également servir de télécommande pour les objets domotiques connectés.

Une section spéciale sera ouverte dans l’App Store avec les applications pour Apple Watch. Elles devront être installées depuis l’iPhone. Ces applications rejoindront celles proposées directement sur la montre, pour répondre à des textos, des mails, ou à des appels. La montre dispose aussi d’une application, intitulée «Digital Touch», pour communiquer entre deux Apple Watch. Elle permettra d’envoyer des dessins éphémères, un petit mot, ou, plus insolite, son rythme cardiaque.

Le défi de l’obsolescence

Avec cette monte connectée, Apple rejoue la partition de l’iPhone. Il entre pourtant sur des territoires et des gammes de prix totalement inédits pour un groupe informatique. Ceux des horlogers de luxe. L’Apple Watch reste malgré tout un produit technologique.

Les différentes fonctions des applications présentées reposent sur des composants électroniques et se périment au gré des innovations. Le premier des iPhone, il y a huit ans, était nettement plus épais que l’iPhone 6, ne savait pas filmer des vidéos et ne connaissait même pas la 3G. Que dira-t-on de la première Apple Watch dans quelques années?

Le défi d’Apple sera aussi de gérer cette inévitable obsolescence, pour un accessoire supposé durer des années. De faire en sorte que les applications soient suffisamment durables, et le système mis à jour durant assez longtemps. À moins d’imposer l’idée qu’une montre, comme un smartphone, se renouvèle en moyenne tous les dix-huit mois, quel que soit son prix.

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

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