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Clément Diop : de la CFA2 avec Amiens au Los Angeles Galaxy

clement_diopFormé en France et passé par Amiens, où son tempérament lui avait fermé des portes, Clément Diop va désormais évoluer au… Los Angeles Galaxy, l’ancien club de David Beckham, champion en titre de MLS ! Retour sur la trajectoire de ce jeune (21 ans) gardien qui s’est envolé aujourd’hui pour les Etats-Unis. Et qui ne cache pas son immense ambition.

Il épousait la trajectoire du footballeur élevé au bon grain hexagonal. De vertes années dans la banlieue sud de Paris, trois saisons à Vitry, sa ville natale, puis trois et demie à Ivry. Assez pour taper dans l’œil des recruteurs.

A Amiens, où il débarque début 2010, Clément Diop termine sa formation et commence à vivre son rêve. Le jeune gardien enchaîne les matches en CFA2 et va jusqu’à intégrer la sélection nationale U19. Mais sa panoplie ne présente pas que du talent.

Elle cache aussi du caractère. Un tempérament fort et direct qui lui joue des tours. Les relations avec son staff se dégradent. Sa réputation le précède et les portes d’autres clubs de L2 – Le Havre notamment – se ferment. L’intéressé en a marre. Ras-le-bol d’être traité ainsi. Alors il va tenter autre chose.

En fin de saison dernière, à l’orée de la fin de son premier contrat pro paraphé début 2012, il contacte un des recruteurs de la MLS en France. Quelques semaines plus tard, il s’envole pour Los Angeles où l’attend un test chez les Galaxy, l’ancien club de David Beckham, cinq fois titré en MLS (dernière couronne en décembre).

En deux jours, il élimine la concurrence d’un autre gardien venu de Porto. La franchise US compte lui proposer une bourse d’études. Mais son contrat pro passé à Amiens pousse les dirigeants à le faire signer pour deux ans. 5000 euros par mois plus logement et véhicule.

Avant de côtoyer Robbie Keane ou Steven Gerrard (qui arrivera en juillet), celui qui s’apprête à franchir l’Atlantique pour de bon devra s’aguerrir avec une réserve pour laquelle il a déjà disputé quelques rencontres.

Mais à 21 ans, Diop se montre ambitieux. Très. « Je me laisse un an pour avoir un temps de jeu correct et la deuxième année, je serai là pour embêter le titulaire, explique celui qui faisait encore quelques piges en début de saison avec le club amateur de Camon (DH) en Picardie.

Mon objectif est de m’imposer tôt ou tard comme le titulaire indiscutable. Et si ce n’est pas le cas, je serais peut-être prêté dans un autre club de MLS pour jouer. »

« Le LA Galaxy ? Largement dans le top 10 de L1 ! »

Sûr de ses forces, Clément apprécie d’être jugé sur ses seules qualités sportives et non sur son tempérament. Une philosophie qui l’a séduit. « C’est un pays où on ne demande que des résultats, confirme son père. Où on vous laisse prouver ce que vous savez faire. En France, on va toujours chercher la petite bête. (…) Un homme n’a pas de patrie. Il va là où il peut gagner sa vie.

Il aurait pu se dire qu’on l’avait cassé, se décourager et rester là. Mais il a opté pour une autre solution. C’est ce que j’appelle être un homme. » Formé « à la française », Diop affiche un caractère « à l’américaine », la confiance en lui XXL dans la besace.

« J’aurais pu être n°2 ou 3 dans un club de L1 ou L2, avance-t-il. Mais ce n’est pas envisageable pour moi. Je veux jouer, prouver que je suis capable de. En France, le problème a été mon caractère. A l’étranger, je pars avec un CV tout neuf. A moi d’être moins impulsif, de mettre de l’eau dans mon vin. C’est une chance et je ne vais pas la laisser passer. »

Les crocs aiguisés, Clément n’exclut pas à terme un retour en Europe. « Si je reviens un jour, mon objectif sera de jouer en première division dans un des cinq grands championnats, clame-t-il. Le Galaxy, ce n’est pas un niveau moyen. Ils sont largement dans le top 10 de L1. »

Et si un jour la sélection sénégalaise m’appelle, pourquoi pas ?

Un club où le garçon d’origine sénégalaise pourrait peut-être assouvir ses rêves d’équipe nationale. Peu importe le drapeau. « Si je suis poussé par les Américains à être naturalisé, c’est quelque chose que j’accepterais. Un peu comme Diego Costa en Espagne à une échelle différente (sic).

Et si un jour la sélection sénégalaise m’appelle, pourquoi pas. Je veux disputer un jour une Coupe du monde et ces deux sélections seront certainement jouables à un moment donné. »

Conquis par les installations du club de LA et l’ambiance du StubHub Center (le stade du Galaxy), Diop en profite pour lâcher une petite pique à son ancien club d’Amiens : « C’est exceptionnel de pouvoir jouer dans un stade plein avec des supporters toujours derrière leur équipe, même dans les défaites. Ça change de la Licorne… » Le stade au nom d’animal féerique n’en voudra pas à son ancien enfant terrible.

Avec Alexandre Herbinet avec Vincent Delzescaux

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

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