Dakar-Echo

Ces pays qui tremblent face à la chute des cours du pétrole

PETROLEAlors que le baril est brièvement passé sous le seuil des 80 dollars, certains pays s’inquiètent des conséquences sur leurs budgets. Certains pays soupçonnent des manipulations de prix afin de les affaiblir. L’attitude de l’Arabie Saoudite est dans le viseur…

Où va donc s’arrêter la chute ? C’est la question qui doit actuellement empêcher de dormir les ministres des Finances de plusieurs pays producteurs de pétrole. À 90 dollars il y a encore dix jours, le cours du baril vient de réaliser une incursion sous les 80 dollars à New York. Soit une baisse de 25% depuis son pic du mois de juin où il gravitait autour de 115 dollars.

La hausse de la production de pétrole de schiste aux Etats-Unis et la demande qui se tasse et promet de ralentir dans les prochains mois au vu des perspectives macroéconomiques décevantes de par le monde, il y a peu d’indices qui permettent d’envisager une remontée des prix à court terme. Tout juste une stabilisation.

Russie et Irak en grandes difficultés
En tout état de cause, de nombreux pays ont bâti des budgets sur la base d’un prix donné, or à moins de 80 dollars, ce postulat n’est plus d’actualité. Cela remet en cause les revenus dans les caisses publiques. Pour certains pays, l’impact est plus important que pour d’autres.

La Russie par exemple, doit désormais gérer la chute des cours alors qu’elle est déjà soumise à des sanctions économiques importantes. L’Irak est également mis en difficulté alors qu’il traverse une importante crise politique et qu’il doit financer des opérations militaires extrêmement coûteuses contre l’État Islamique (Daesh).

Le Venezuela veut une action de l’OPEP
D’autres pays pourraient également être mis en difficulté, mais leur expérience leur fait bénéficier d’une plus grande souplesse face à la baisse des prix. Ainsi, le Venezuela, l’Iran et même le Nigéria seraient capables de traverser cette période difficile sans trop d’accrocs.

Cela n’empêche pas le ministre Vénézuélien de réclamer à l’OPEP (organisation des pays exportateurs de pétrole), des « actions pour stopper la chute des cours du pétrole surtout depuis que nous sommes convaincus que cela ne résulte pas d’une modification fondamentale des conditions du marché mais qu’il y a bien une manipulation du prix pour créer des problèmes aux pays producteurs de pétrole ».

L’Arabie Saoudite détient la clé
La question devrait se poser le mois prochain alors qu’une réunion de l’OPEP doit se tenir. La principale inconnue réside dans le comportement de l’Arabie Saoudite. Va-t-elle se ranger du côté des pays en difficulté et réduire sa production ? La capacité de production de Riyad est la vraie variable d’ajustement capable de faire bouger les lignes.

Elle n’a encore rien laissé filtré sur son attitude. Déjà, la Russie accuse l’Arabie Saoudite de manipuler secrètement les prix dans le cadre d’une collusion avec les Etats-Unis, selon un porte-parole de Rosneft cité par le New York Times.

Le pétrole sous les 90 dollars pour la première fois depuis avril 2013

Alors que les perspectives de croissance mondiale ne sont pas reluisantes, la production de pétrole ne cesse d’augmenter.

crude-oil-pricesLe pétrole est passé sous les 90 dollars à New York. Une première depuis avril 2013. A l’ouverture du marché, le baril de « light sweet crude » s’échangeait à 89,68 dollars, perdant 1,05 dollars.

Dans le même temps, à Londres, le Brent de la mer du Nord reculait de 1,58 dollars à 92,58 dollars. Plus tôt durant la séance, le Brent était descendu à 91,55 dollars, soit un plus bas depuis juin 2012.

« Les prix du brut, qui étaient déjà assiégés de toutes parts par des indicateurs moroses, ont été mis à terre par les prix bradés proposés par l’Arabie saoudite », a estimé Phil Flynn de Price Futures Group, auprès de l’AFP.

Une série de statistiques macroéconomiques en provenance des principales régions du monde ont jeté le doute sur la tenue de la demande de pétrole. Face à ces perspectives de croissance ternes, « les investisseurs s’inquiètent vraiment d’un ralentissement de la demande énergétique ».

Une offre très abondante
Parallèlement, l’offre de pétrole est abondante. La production ne cesse de grimper aux États-Unis grâce au développement du gaz de schiste. Et « en Russie, la production aurait atteint son plus haut niveau en huit mois et on s’attend à ce que le Kurdistan produise plus d’un million de barils par jour d’ici la fin de l’année prochaine », a détaillé à l’AFP Matt Smith de Schneider Electric.

Par ailleurs, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), qui pompe environ un tiers du brut mondial, « ne donne pour l’instant pas de signes d’une intention de réduire sa production », a relevé Phil Flynn.

Au contraire, son membre principal, l’Arabie saoudite, « semble vouloir conserver sa place de numéro un en proposant un prix réduit à la Chine ».

Articles similaires

Laisser un commentaire