Dakar-Echo

Célébration du Tamkharit dans la division au Sénégal

tamkharitAprès les fêtes de l’Aïd et Fitr et l’Aïd el Kabir communément appelées Korité et Tabaski respectivement, le Sénégal est parti pour célébrer l’«A’achura» ou Tamkharit dans la division.

Alors qu’une partie de la communauté musulmane sénégalaise célèbre la Tamkharit ce lundi 3 novembre, correspondant au 10ème jour de «mouharram», le premier mois du calendrier musulman, la majorité des fidèles commémore l’édition 1436H (hégire) de la Tamkharit demain, mardi 4 novembre.

La Tamkharit est célébrée le 10ème jour de Mouharram ou A’achoura et la nuit qui le précède. En effet, dans un communiqué en date du jeudi 23 octobre dernier, la Coordination des musulmans de Dakar (CMD) annonçait la célébration de la «Tamxarit» ou «A’achura» ce lundi 3 novembre 2014.

La CMD justifie sa position par le fait que, «suite de la scrutation du croissant lunaire au niveau national et après vérification des informations obtenues au niveau international», le jeudi 23 octobre, elle n’a «pas vu le croissant lunaire et ne dispose pas non plus pas d’informations fiables à ce sujet». Conséquence, la CMD considère que le vendredi 24 octobre dernier correspondait au 30ème jour du mois de ‘’Zoul Hidja’’.

Et le samedi 25 octobre était le 1er jour de «mouharram». «A cette occasion, nous informons à la presse et à tous les musulmans du Sénégal que la fête de la Tamxarit sera célébrée le lundi 3 novembre 2014», souligne la source.

Cependant, la Commission nationale de concertation sur le croissant lunaire (Conacoc) qui s’est réunie le surlendemain, en a décidé autrement.

Selon Mourchid Ahmed Iyan Thiam et ses camarades, pour qui, le dimanche 26 octobre était le 1er jour de mouharram, 1er mois du calendrier musulman, donc le «jour de l’an» musulman, l’A’achura sera célébrée le mardi 4 novembre 2014. Soit le 10ème de mouharram 1436 (1435-1436H).

Divergences sur le sens de l’A’achoura
L’A’achoura (en arabe, le dix -du mois de mouharram-) est un événement religieux des pays musulmans. Appelé Tamkharit au Sénégal, elle est une fête mineure pour les sunnites (principal courant de l’Islam), avec le jeûne facultatif des 9ème (Ta’achiura) et 10ème (A’achoura) jours en commémoration de la victoire de Moussa (Moïse) sur le Pharaon (pour les sunnites et les juifs), etc.

En revanche, elle revêt une importance particulière pour les chiites. Pour ces derniers, c’est un jour de deuil en commémoration du «massacre» de l’imam Houssein, petit-fils du Prophète Mohamad (PSL), et de 72 membres de sa famille et partisans par le Khalifat Omeyyade à Kerbala, en Irak. Donc, l’A’achoura symbolise la lutte contre l’oppression et les injustices dans le chiisme par référence à cet événement historique.

Au Sénégal, c’est une fête à plusieurs visages: en plus des prières avec ferveur et l’observation du jeûne, le culturel domine dans le mode de célébration de cette fête du 10ème jour du nouvel an musulman.

Ici, notamment dans les grandes villes comme Dakar, la Tamkharit est marquée par la préparation d’un repas à base de couscous et un carnaval (taajabonn en wolof) qui en constitue un grand moment d’évasion la nuit du 9ème au 10ème jour.

Bref, outre cet aspect permissif, en ayant à l’esprit que «Dieu pardonnera», (c’est l’entendement populaire), cette fête est caractérisée par une journée de prière, de jeûne (les 9 et 10 de mouharram) et de festin pour encourager le partage et la solidarité chez la plupart des Sénégalais.

Pour cela, les repas doivent être prêts le plus tôt possible afin de gagner du temps à distribuer des plats aux parents, voisins et amis. Auparavant, dans le cadre des préparatifs de la fête, des femmes prennent d’assaut dès le matin les marchés et autres moulins à mil.

TAMKHARIT: APPUIS AUX COUCHES VULNERABLES – Macky offre une centaine de bœufs à des mosquées du Sénégal
A l’occasion de la fête de Tamakharit, la Présidence de la République, par l’entremise de la Délégation générale à la protection sociale et à la solidarité nationale (DGPSN), vole au secours des nécessiteux.

Selon un communiqué de la DGPSN, la Présidence de République «a appuyé les moquées des quartiers du Sénégal en leur octroyant des centaines de bœufs. L’objectif est de permettre à nos concitoyens qui sont dans des difficultés ou en situation de vulnérabilité, de passer la fête dans la dignité», informe la source.

Des écoles coraniques ont également bénéficié de cette aide de la Présidence. «Outre les mosquées, les daaras ont aussi reçu des appuis en bœuf et en riz», renchérit le document.

Et de rappeler que la DGPSN est une structure de la Présidence de la République, qui est chargée de coordonner les actions de protection sociale et de solidarité nationale et de mettre en œuvre des projets et programmes de filets sociaux.

A cet effet, elle exécute le Programme national de bourses de sécurité familiale (PNBSF) dont l’objectif est de fournir à 300.000 ménages en situation d’extrême pauvreté et ou de vulnérabilité une bourse de 100.000 F Cfa par an pour renfoncer leurs capacités éducatives, sanitaires et productives.

Muharram est le 1er Mois de l’année musulmane à l’image de janvier pour le calendrier grégorien . On célèbre particulièrement le 10ème jour qu’on appelle Achoura (qui vient du mot Achra qui veut dire 10 en arabe) à cause de nombreux événements qui ont eu lieu ce jour. 

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Ibrahima DIALLO 

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

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