Dakar-Echo

Cap-Vert: Violente éruption du volcan Pico de Fogo

PICO DO FOGODakar – De la lave continue de s’écouler du volcan Pico de Fogo, en éruption depuis le 23 novembre au Cap-Vert, où le Portugal a dépêché une frégate pour soutenir les autorités face à la catastrophe, selon l’ONU et le gouvernement cap-verdien, qui n’ont pas signalé de décès.

Les mêmes informations ont été rapportées par plusieurs médias cap-verdiens en ligne, dont FogoNews, qui publie des vidéos d’impressionnantes coulées de lave incandescente ou fumante

http://videos.sapo.pt/JNHOwDA6NEf4bSPr7a99  

http://videos.sapo.pt/fkuip34vkYCjU6w9oUL2.

Le Pico do Fogo, haut de près de 2.900 mètres, s’est réveillé « le 23 novembre au matin et affecte toute la population de Cha das Caldeiras », localité située au pied du volcan, rappelle le bureau de l’ONU au Cap-Vert dans un rapport obtenu par Dakarecho à Dakar.

[youtube]http://youtu.be/J5v2VQ92eGA[/youtube]

Environ 850 personnes vivaient dans la zone de Cha das Caldeiras avant le réveil du volcan, qui se trouve sur l’île de Fogo, dans le sud de cet archipel lusophone, selon les chiffres du gouvernement.

« Après une période de calme relatif apparent, l’éruption s’est intensifiée les 3 et 4 décembre (mercredi et jeudi), augmentant en ampleur et en termes de vitesse de lave », indique l’ONU dans son rapport arrêté au 4 décembre.

Selon le rapport, la coulée a « atteint la localité de Portela et (y) a détruit plusieurs bâtiments et infrastructures ».

« L’activité volcanique se poursuit. La coulée de lave continue à Cha das Caldeiras et le taux d’écoulement varie », indique le rapport de l’ONU, précisant que jeudi, « le front de lave (progressait) lentement, à la vitesse d’environ un mètre par heure ».

De même source, la coulée a atteint auparavant une vitesse maximale de « 60 mètres par heure », détruisant la route d’accès à des zones riveraines (Bangaeira, Cova Tina, Portela et Djeu de Lorna) et entravant les opérations d’évacuation menées par les équipes déployées sur le terrain. Elle a également détruit des zones agricoles, le siège d’un parc national, 57 maisons, une école et un hôtel.

L’ONU craint que si la lave continue de progresser à la vitesse d’un mètre par heure, elle ne détruise d’autres maisons et ne coupe la route d’accès à la zone ouverte par les équipes d’intervention d’urgence.

L’aide internationale, quant à elle, s’organise. L’Angola a promis d’envoyer des moyens aériens. Une frégate portugaise est sur place avec des équipements de protection, de logistique et des agents de santé. L’ONU, elle, coordonne.

Wendy Cue, responsable de la préparation des opérations d’urgence aux Nations unies, s’inquiète pour les habitants : « Ils acceptent que c’est la force de la nature, mais bien sûr ils sont quand même frappés par la violence et le fait que des villages entiers ont été anéantis ainsi que leurs terres, explique-t-elle.

Ils voudraient pouvoir y retourner, mais ce n’est pas possible pour le moment parce que ça dure. Et c’est ça aussi qui est difficile, on ne sait pas si cela va continuer et s’ils vont pouvoir retourner dans leurs villages. »

Dès l’entrée en éruption du Pico do Fogo, les autorités nationales ont déclaré l’état d’urgence sur l’île de Fogo et sur l’île voisine de Brava, mobilisant des forces de défense et de sécurité, de la Protection civile et des humanitaires pour les opérations, rappelle le site Internet du gouvernement, consulté vendredi par Dakarecho (http://www.governo.cv/).

Praia annonce avoir reçu en renfort une aide du Portugal, ex-puissance coloniale, qui a dépêché sur place la frégate Alvares Cabral avec des équipements de protection, de soutien et de coordination logistique.

Le navire transporte un hélicoptère, plusieurs vedettes, des personnels de santé et des chercheurs, précise-t-il.

« Nous sommes habitués à agir en cas de catastrophe et nous sommes prêts à agir rapidement sur le terrain », a dit le commandant de la frégate, Silvestre Correia, selon ses propos rapportés par le site du gouvernement.

« De nouveaux villages pourraient être évacués dans les prochaines heures. Nous ne pouvons faire aucune prévision car l’éruption continue et la situation se dégrade, indique-t-il. Si la lave atteint les pentes orientées vers la mer, elle prendra encore de la vitesse et nous devrons prendre des décisions d’urgence. »

Autre source d’inquiétude, la qualité de l’eau. Des livraisons d’eau potable sont en cours dans des villages où les citernes ont été contaminées par les cendres du volcan. Les autorités demandent aussi de ne pas laisser le bétail s’abreuver à ces réservoirs.

Il s’exprimait jeudi à l’issue d’une réunion avec les autorités.

Le gouvernement s’est par ailleurs félicité de la solidarité manifestée par le président congolais Denis Sassou Nguesso lors d’une brève visite vendredi à Praia. M. Nguesso arrivait de Cuba.

Le Cap-Vert est un archipel volcanique composé de dix îles – dont huit sont habitées – situé dans l’océan Atlantique, à environ 500 kilomètres à l’ouest du Sénégal.

L’île ravagée

Les zones agricoles et le parc national ont disparu. Les 800 habitants de l’île ont été évacué, laissant derrière eux 57 maisons, une école, un hôtel, inexorablement englouti s par ce flot incadescant. Les précédentes éruptions n’avaient pas fait de victimes. Le Cap-Vert compte dix îles, dont huit sont habitées et volcaniques.

L’explosion du volcan a été « beaucoup plus forte que celle de 1995 », la dernière en date, qui avait recouvert l’île d’un nuage de cendres et entraîné l’évacuation de 5000 personnes, a indiqué le vulcanologue Bruno Faria sur la radio nationale captée par l’AFP depuis Dakar

 

 

Jean Louis Verdier- Bloggeur- Rédacteur en chef Digital -Paris
E-mail: dakarecho@gmail.com Tél (+00) 33 7 51 10 29 13

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