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Barack Obama en Alabama pour célébrer la lutte pour les droits civiques

Barack Obama en Alabama pour célébrer la lutte pour les droits civiques

barack-obama-goreeLe président se rend à Selma, où s’est déroulée, il y a 50 ans, la marche qui permit aux Afro-Américains d’obtenir le droit de vote dans les Etats du Sud. Cette visite est observée de près alors que le pays est confronté à une nouvelle flambée de tensions raciales.

Le déplacement est éminemment symbolique et sensible, alors que les Etats-Unis continuent de s’interroger sur les violences policières de Ferguson. Barack Obama, sa femme Michelle et leurs deux filles sont attendus, ce samedi en Alabama pour commémorer les 50 ans de la marche de Selma qui aboutit à donner le droit de vote dans le Sud du pays aux Afro-Américains.

Le premier président noir de l’histoire des Etats-Unis doit s’exprimer devant le pont Edmund Pettus sur lequel, le 7 mars 1965, 600 manifestants pacifiques furent repoussés et matraqués par la police dans un assaut qui traumatisa l’Amérique et déboucha, quelques mois plus tard, au Voting Rights Act.

L’implication de Martin Luther King, qui ne participa pas à la marche du 7 mars mais mena, trois semaines plus tard, un cortège de plusieurs milliers de personnes qui se rendit jusqu’à Montgomery, fut décisive. Le pasteur amena dans son sillage les médias, des événéments décrits dans le film Selma, qui sort la semaine prochaine en France.

Evoquant cet anniversaire, Barack Obama a insisté, vendredi: «Le travail n’est pas terminé. Je le dis à mes filles et à tous les jeunes que je rencontre, nous devons sans cesse améliorer notre nation». «Il y a beaucoup de travail à faire», a reconnu le démocrate en citant en exemple le rapport accablant du ministère de la Justice sur la police de Ferguson, gangrénée par le racisme et les discriminations systématiques envers les noirs.

Des préjugés mis au jour avec la mort d’un adolescent afro-américain non armé, abattu par les forces de l’ordre en août 2014. Le ministre de la Justice s’est d’ailleurs dit prêt vendredi à démanteler la police de la ville.

Barack Obama a beaucoup consulté autour de lui pour prononcer un discours marquant. Plutôt que de parler de lui, il devrait appeler tous les Américains à s’unir pour lutter contre les inégalités raciales et protéger la loi de 1965. Le Voting Rights Act, véritable socle des droits civiques, a été partiellement remis en cause par la Cour suprême en 2013.

Une nouvelle priorité de la présidence Obama?

Cette dernière a estimé que le pays n’était «plus divisé comme il l’était en 1965» et que la loi devait évoluer. Les démocrates accusent par ailleurs les républicains de brandir la menace de la fraude électorale pour introduire dans certains Etats des contraintes supplémentaires sur l’identification des électeurs dans le but de dissuader les minorités, qui votent majoritairement démocrate, de se rendre aux urnes.

La venue à Selma des Obama et ses multiples allusions à Ferguson, qui, à ses yeux, n’est malheureusement pas «un cas isolé», esquissent peut-être un tournant dans la présidence du démocrate. Jusqu’à présent, le chef d’Etat n’a pas fait des relations entre les minorités une priorité de son administration, même s’il a tenu des propos très forts pour condamner la mort de Trayvon Martin en 2012.

«À son arrivée à la Maison-Blanche, l’urgence était la crise économique et le retrait d’Irak et d’Afghanistan», rappelle la radio publique NPR. Et d’ajouter: «Ce samedi est non seulement l’occasion de réfléchir au chemin parcouru par notre pays, mais aussi l’opportunité pour Barack Obama de faire des inégalités raciales un thème majeur des dernières années de son mandat et de son après-présidence».

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Jean Louis Verdier- Bloggeur- Rédacteur en chef Digital -Paris
E-mail: dakarecho@gmail.com Tél (+00) 33 7 51 10 29 13

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