Dakar-Echo

Baba Diop reçoit un Tanit d’or des Journées cinématographiques de Carthage (JCC), en récompense de son « parcours exceptionnel »

Baba Diop reçoit un Tanit d’or des Journées cinématographiques de Carthage (JCC), en récompense de son « parcours exceptionnel »

Le journaliste et critique de cinéma sénégalais Baba Diop a reçu, samedi, un Tanit d’or des Journées cinématographiques de Carthage (JCC), en récompense de son « parcours exceptionnel » et pour services rendus au cinéma africain.

Il a reçu sa distinction des mains du directeur général des JCC Ridha Behi et de la ministre des Affaires culturelles, Hayet Guettat Guermazi, samedi à Tunis, lors de la cérémonie officielle de la 32e session (30 octobre-6 novembre).

« Je suis comblé pour cette reconnaissance des JCC. J’ai été honoré au cinquantenaire du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) en 2019, je ne peux qu’être fier si les deux grands festivals du continent africain m’honorent », a déclaré Baba Diop.

Il dit dédier son trophée à « l’ensemble des critiques africains, à tous les journalistes culturels sénégalais et au peuple sénégalais ».

« C’est une reconnaissance que je partage avec la Fédération africaine de la critique cinématographique (FACC) créée ici aux JCC en 2004, avec l’Association sénégalaise de la critique, avec mon pays le Sénégal. C’est un hommage rendu à l’ensemble des critiques d’Afrique », a-t-il ajouté.

Baba Diop a été président de la FACC de 2009 à 2013. Il a été aussi président de l’Association sénégalaise de la critique cinématographique de 2007 à 2009.

M. Diop, journaliste au groupe Sud Communication (privé), enseigne le cinéma à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis et à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Il estime que cette distinction « marque l’intérêt » que le secteur du cinéma porte à son travail, lui qui fréquente depuis plusieurs années les Journées cinématographiques de Carthage.

« C’est une vieille affaire entre Carthage et moi’’, a lancé Baba Diop, remerciant les pères fondateurs des JCC, premier festival africain créé en 1966 par le Tunisien Tahar Cheriaa, avec les Sénégalais Sembène Ousmane et Ababacar Samb Makharam, ainsi que l’Ivoirien Timoté Bassolé qui ont œuvré à son développement.

« Carthage m’a permis d’être en rapport avec d’autres cinématographies du Moyen-Orient, le Liban, la Palestine, l’Arabie Saoudite, la Jordanie, des cinémas qu’on n’a pas l’habitude de voir au Sud du Sahara et aussi les cinémas de la Libye, du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie », a souligné Baba Diop.

« Cela vous ouvre des horizons quant à l’Afrique et les différents types de cinématographies qui se côtoient ici aux JCC », ajoute Baba Diop. Il affirme porter Carthage et son festival dans son cœur.

« Carthage et son festival font partie de ma géographie sentimentale, j’y compte aujourd’hui des amis, j’ai eu des discussions plusieurs fois avec des journalistes, des réalisateurs, des acteurs et des producteurs. Je suis connu dans ce festival et forcément je le soutiens », insiste Baba Diop.

Sollicité souvent pour partager son expérience aussi bien dans « La quotidienne » (le journal du festival) que lors des tables-rondes, le critique sénégalais estime que les Journées cinématographiques de Carthage reste « un festival majeur sur le contient qui a fait émerger beaucoup de cinématographiques africaines et de réalisateurs ».

Baba Diop dont la passion pour le cinéma remonte au début des années 1970, au ciné-club du lycée Charles De Gaulle à Saint-Louis et bien avant, avec le Père Jean Vast (1921-2005), dans la vieille ville tricentenaire, estime que les politiques doivent aider davantage les cinématographies africaines.

Le cinéma, argue-t-il, est « le reflet d’un pays » et constitue « une source de réflexion, ce n’est pas seulement la distraction, c’est la connaissance aussi, c’est l’éducation, c’est un lieu d’humanisme, on emmagasine les mémoires avec beaucoup de cinéastes rencontrés ».

Il a fait part de sa fierté de voir que « beaucoup de jeunes aujourd’hui s’intéressent à la critique cinématographique », notant que le cinéma offre la possibilité de « suivre l’évolution d’un pays à travers son cinéma et ses préoccupations à travers les thématiques développées dans les films ».

Des hommages ont été rendus aussi à d’autres professionnels du cinéma tunisien, arabe et africain.

Il s’agit de l’actrice égyptienne Nelly Karim, du producteur Anwar Sadek Sabbah et du critique de cinéma et journaliste Khamais Khayati (Tunisie).

La Libye et la Belgique sont les pays invités d’honneur de cette 32e session des Journées cinématographiques de Carthage.

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