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Assiatou raconte talata Nder le 11 mars à Lille

Assiatou raconte talata Nder le 11 mars à Lille

yeuxpereDans «Les Yeux de mon père», Solo Gomez raconte Assiatou, mal assise entre deux cultures

Par un voyage initiatique au pays de ses ancêtres, une jeune fille d’origine sénégalaise découvrira d’où elle vient. Solo Gomez, qui l’a créée à partir de sa propre histoire, l’incarne sur scène. Une pièce à voir le 11 mars à Lille.

La pièce Les Yeux de mon père, Solo Gomez la porte depuis longtemps. Elle en a imaginé les prémices en 2009, a abordé l’écriture en 2012, avant de partir avec Ch’ti Teranga, à Nder, au Sénégal. Là-bas, rencontrant le chef du village, la communauté des femmes et des jeunes, elle a mesuré à quel point un événement vieux de presque 200 ans, dont lui avait parlé Boubacar Diongue, directeur de l’association lilloise, était encore prégnant.

Cette histoire extraordinaire, c’est celle du sacrifice des femmes de Nder (dans le pays du Walo, animiste) face aux assaillants maures, en 1819. Abandonnant son idée première d’évoquer les esprits du fleuve, l’auteure, conteuse et comédienne en fait le récit qui révèle à la jeune héroïne du spectacle des origines dont elle devrait être fière et non honteuse. « Sa grand-mère lui dit tu viens de là, de cette force-là, il faut juste que tu t’en rendes compte . »

Assiatou, 13 ans, que Solo incarne sur scène, est « mal assise entre ses deux cultures ». Révoltée, elle ne parvient pas à trouver sa place, part à la dérive. Grâce à la médiation de son père, qui lui prêtera ses yeux, elle découvrira qui elle est, d’où elle vient.

« Les questions que je me posais ado »
Solo Gomez ne cache pas la part autobiographique des Yeux de mon père : « Assiatou exprime les questions que je me posais ado. Pourquoi vit-on si mal ici quand on est noir ? Pourquoi me parle-t-on d’intégration alors que j’ai la même culture que les autres ? » Elle, l’orpheline de père, dont la mère ne voulait pas parler d’une histoire familiale douloureuse, a renoué avec ses racines en découvrant, jeune adulte, la littérature africaine.

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« Cela a permis de mettre de la lumière sur ma part d’ombre. » Artiste, elle a à son tour éprouvé le goût de transmettre.

C’est au public adolescent que s’adresse Les Yeux de mon père. Qui parle de la nécessité de connaître son histoire, qu’on soit ou pas issu de l’immigration. Qui dit aussi que l’adolescence est une période difficile, « qui finit par passer ». Qui affirme enfin la place de l’adulte dans l’éducation. « Il y a un proverbe en Afrique de l’Ouest qui dit qu’il faut tout un village pour élever un enfant. » Message universel.

Le spectacle
Mis en scène par Anne Conti, il réunit les musiciens Babacar Mbaye (kora et percussions) et Simon Demouveaux (guitare), la danseuse Naima Gaye et la comédienne Solo Gomez (écriture, chant et jeu). La lumière est signée Juliette Delfosse, le son Arnaud Dervaux et les costumes Lucie Destailleur.

La représentation
Jouée une première fois au Channel, à Calais, en novembre, la pièce est donnée mercredi 11 mars, à 15 h, à la Maison folie de Wazemmes (70, rue des Sarrazins), dans le cadre du festival Contes et Légendes (5,50/3,50/2 €, tél. 03 20 78 86 86). On la verra aussi le 17 avril, à 20 h, au centre Effel à Carvin, où l’équipe était en résidence en mai. Dès 12 ans.

La compagnie
Ch’ti Teranga rassemble « peuples du Nord » et « peuples du sud » autour de projets culturels. www.chtiteranga.org

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
dakarecho@gmail.com – Tél (+00) 33 6 17 86 36 34

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