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Arrestation en cascade des responsables du PDS: Macky Sall en terrain miné

Arrestation en cascade des responsables du PDS: Macky Sall en terrain miné

L’arrestation à tous azimuts des responsables libéraux serait un piège pour le régime de Macky Sall. À en croire Momar Diongue, directeur de publication du magazine Visions Mag, de même que son confrère Momar Seyni Ndiaye, journaliste formateur, en procédant à ces arrestations en cascade, Macky Sall et régime sont tout simplement en train de tomber dans le piège du Parti démocratique sénégalais (PDS) qui voudrait que le verdict du procès de Karim Wade prévu pour le 23 mars prochain ne soit pas rendu dans un climat de sérénité, mais plutôt que de tension.

Interpellé sur les arrestations en cascade des responsables du Parti démocratique sénégalais (PDS), le journaliste, directeur de publication du magazine Visions Mag, Momar Diongue estime que l’actuel régime, avec ces interpellations, réagit conformément à la stratégie mise en place par le PDS.

Il n’y a rien de surprenant, dit-il, dans ce qui se passe hormis le fait que le pouvoir est en train de tomber dans le piège du PDS qui voudrait donner une connotation entièrement politique à cette affaire.

«Dès qu’il y’a eu le déclenchement par le pouvoir de Macky Sall, de ce qu’on appelle communément la traque des biens supposés mal acquis, et qui a suscité la réaction de la Cour de l’enrichissement illicite (CREI), Abdoulaye Wade avait dit à son parti qu’il fallait se battre sur trois niveau : judiciaire, politique et sur le plan médiatique.

Le judicaire est derrière nous, parce que le procès a eu lieu, même s’il y’avait beaucoup de péripéties et aujourd’hui, on attend le verdict. Par contre, la bataille que le Parti démocratique sénégalais compte mener et poursuivre est celle sur le plan politique et médiatique. Et, c’est ce, à quoi on assiste aujourd’hui», argumente Momar Diongue.

Jugeant «légers» les arguments avancés pour justifier l’arrestation de certains responsables libéraux, le directeur de publication du magazine Visions Mag précise par ailleurs que la multiplication des arrestations ainsi que la sortie des jeunes de l’Alliance pour la République (APR) illustrent à juste titre que le régime marche tout droit vers le piège tendu par le PDS.

Ce dernier voudrait que le verdict ne soit pas rendu dans un climat de sérénité mais plutôt dans un climat fait de tension. «Autant moi, je peux comprendre l’arrestation de Me Amadou Sall qui a quasiment appelé à l’insurrection à Guédiawaye où il appelait la population à prendre des gourdins et pilons pour faire face aux forces de l’ordre le 23 mars prochain.

Autant je comprends son arrestation du fait des propos outrageants à l’endroit du chef de l’État dont –il dira, qu’il ne passera pas une nuit au Palais si jamais Karim était condamné. Mais je ne peux comprendre l’arrestation de responsables libéraux sur la base de simples suspicions et de suppositions.

Je pense exactement le cas de ce maire, arrêté, parce que simplement, on a trouvé dans les locaux de sa municipalité des pneus destinés, dit-il, à entourer et à protéger les plants dans le cadre d’une opération de reboisement», déplore –t-il. Non sans mettre en garde la logique revancharde des jeunes « aperistes » qui disent qu’ils vont apporter la réplique aux libéraux. Car, dit-il, en procédant ainsi, les poulains de Macky Sall sortent carrément de leur rôle.

Abondant dans le même sens, le journaliste et formateur, Momar Seyni Ndiaye, pense que le pouvoir est dans une sorte de psychose. Estimant que la violence appelle la violence, le journaliste formateur a déploré la façon dont la Cour de l’enrichissement illicite (CREI) a conduit ce dossier.

Selon lui, tout ce qui se passe aujourd’hui trouve son origine dans la façon dont les poursuites ont été menées par cette juridiction spéciale. «Le procès Karim Wade est la base de cette tension.

Car tous les actes que la CREI a eu à poser dans le cadre de la traque confortent la thèse disant que ce dossier est politique. Sur la liste de la CREI, il y’avait 25 personnes, il est quand même étonnant que seul Karim Wade puisse être arrêté, jugé et probablement condamné. Je ne cherche pas à disculper Karim Wade, mais le gouvernement doit savoir qu’il y’a eu trop de violence dans la démarche de la CREI vis-à-vis de Karim Wade.

Car, de mon point de vue, c’est ça l’origine de la situation que nous vivons aujourd’hui. Car, malheureusement comme on le dit, la violence appelle la violence et le PDS est tombé un peu dans l’excès verbal grave et inacceptable à l’endroit du chef de l’État».

A l’en croire, le pouvoir actuel est tout simplement pris dans son piège. «Quand vous créez une situation, il faut savoir la gérer. Aujourd’hui, on va tout droit vers l’escalade.

Je pense que le pouvoir a un peu des craintes par rapport à son avenir. Le pouvoir est dans une sorte de psychose du fait de la perte de la plupart des grandes capitales régionales lors des dernières locales.

Cela lui fait penser à ce qui est arrivé au PDS en 2009. Les mesures économiques et sociales n’arrivent pas encore à régler la crise que traversent les Sénégalais. À cela s’ajoute le taux de croissance encore au bas de l’échelle comparé aux autres États de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA)».

Nando Cabral GOMIS 

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