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Angelina Jolie s’est fait retirer les ovaires : elle n’avait pas d’autre choix

Angelina Jolie s’est fait retirer les ovaires : elle n’avait pas d’autre choix

Après sa mastectomie préventive d’il y a deux ans, Angelina Jolie vient d’annoncer avoir subi une annexectomie, c’est-à-dire une ablation des ovaires et des trompes de Fallope.

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« Je sais que mes enfants ne diront jamais : ‘Maman est morte d’un cancer de l’ovaire.' » C’est ce qu’écrit Angeline Jolie dans le New York Times. L’actrice et réalisatrice américaine a en effet subi une ablation préventive des ovaires et des trompes de Fallope, prévue depuis longtemps. Rien d’excessif dans cette décision. « Pour que les femmes menacées d’un cancer de l’ovaire soient en sécurité, il n’y a qu’un seul chemin et c’est la chirurgie préventive », souligne  le professeur François Eisinger, responsable du département d’anticipation et de suivi du cancer à l’Institut Paoli-Calmettes, centre Unicancer de Marseille. 

Angelina Jolie est en effet porteuse d’une mutation du gène BRCA1. Or la présence d’une variation génétique de BRCA1 ou de BRCA2 (que l’on retrouve chez deux femmes sur mille environ) augmente fortement le risque de cancer du sein et de l’ovaire. En moyenne, le risque de cancer du sein tourne autour de 60%, contre 10% pour la population générale – c’est pour cela que l’Américaine a opté pour la mastectomie préventive il y a deux ans.

Pas de prévention ni de dépistage et un faible taux de guérison

Quant au risque de cancer de l’ovaire, il tourne autour de 40%, au lieu de 1% pour l’ensemble des femmes. Il est modulé par l’histoire familiale, explique le professeur Eisinger. Le risque est ainsi plus élevé et plus précoce lorsque la mutation touche BRCA1 plutôt que BRCA 2 ; c’est le cas d’Angelina Jolie. Et il est aussi augmenté en cas de cancer de l’ovaire dans la famille. Or les médecins avaient diagnostiqué un cancer ovarien à sa grand-mère maternelle et sa mère en est morte.

Contrairement à ce qu’Angelina Jolie écrit dans sa tribune, il n’y a pas d’autre choix que l’opération préventive. « Prendre la pilule pour lutter contre le risque de cancer de l’ovaire n’est pas une option raisonnable. Quant à la seule ablation des trompes, ce n’est pas une alternative. » Dans tous les cas de mutations génétiques, « la chirurgie préventive ovarienne est une contrainte qui s’impose », rappelle l’oncogénéticien. Tout simplement parce que « la prévention n’existe pas aujourd’hui, le dépistage n’a jamais fait preuve de son efficacité et le taux de guérison tourne autour de 40 à 50% ».

Mais, même si « le vrai débat n’est pas de savoir si l’on doit faire la chirurgie », mesurer le risque importe. Parce que cela peut jouer sur l’âge auquel cette opération est réalisée. Ainsi, si une femme est porteuse d’une mutation du gène BRCA2 et si aucun membre de sa famille n’a eu de cancer de l’ovaire, l’opération peut être reportée quelque temps. Idem si une femme jeune à risque envisage potentiellement d’avoir des enfants.

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