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Alassane Ouattara octroie un passeport diplomatique à Laurent Gbagbo

Alassane Ouattara octroie un passeport diplomatique à Laurent Gbagbo

Quelques jours après sa réélection, Alassane Ouattara vient d’acter la remise d’un passeport diplomatique à Laurent Gbagbo, ouvrant la voie à un retour de l’ancien président ivoirien en Côte d’Ivoire après neuf ans d’absence. Révélations.

Engagé depuis cinq jours dans un dialogue intense avec l’opposition après sa réélection contestée du 3 novembre, Alassane Ouattara est sur le point d’octroyer un passeport diplomatique à l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo.

Ce dernier devrait recevoir le document – accordé en qualité d’ancien chef de l’Etat – en même temps qu’un passeport régulier, en début de semaine prochaine. Selon nos informations, Laurent Gbagbo pourrait ainsi regagner la Côte d’Ivoire dans le courant du mois de décembre après plus de neuf ans d’un exil forcé dont plus de sept passés dans les geôles de la Cour pénale internationale (CPI).

Acquitté en janvier 2019, le président ivoirien est, depuis, installé à Bruxelles d’où il a, à plusieurs reprises, personnellement sollicité un passeport auprès de l’ambassade de Côte d’Ivoire en Belgique. Jusqu’à présent sans succès.

Négociations secrètes
Le sujet a été directement évoqué par Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara lors de leur rencontre au Golf hôtel d’Abidjan le 11 novembre. Si la décision a été actée par le président en personne, c’est Hamed Bakayoko qui a été chargé des négociations avec le Front populaire ivoirien (FPI), la formation de Laurent Gbagbo.

Le premier ministre, qui s’était directement entretenu au téléphone avec l’ex-chef de l’Etat le 5 novembre, a ainsi reçu le 12 novembre le secrétaire général du FPI Assoa Adou en compagnie du secrétaire national du parti politique et ancien ministre, Sébastien Djédjé Dano.

Dialogue politique
Le retour de Gbagbo en Côte d’Ivoire pourrait être le prélude à l’ouverture d’un dialogue national tripartite qui réunirait le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de Bédié, le FPI et la majorité présidentielle du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

L’ancien président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, qui a appelé le 4 novembre l’armée ivoirienne à « agir » contre le pouvoir, devrait en revanche être exclu des discussions.

La France s’est tout particulièrement démenée ces derniers jours pour encourager le dialogue politique. Comme révélé par Africa Intelligence, au lendemain du premier tour qui avait été émaillé de violents heurts, Emmanuel Macron avait personnellement téléphoné à Alassane Ouattara le 1er novembre pour l’appeler à faire un « geste majeur » envers l’opposition.

Outre l’ouverture au PDCI, Paris est également très attentif à ce que le FPI ne se sente par marginalisé dans le cadre d’un futur dialogue politique.

Avec Africa Intelligence

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