Dakar-Echo

Affaire Charlie Hebdo: Anonymous pirate des sites gouvernementaux Sénégalais

hackerSuite à l’interdiction de publication du journal satirique Charlie Hebdo au Sénégal, un site du gouvernement du pays a été piraté le 18 janvier. L’attaque a été revendiquée par les Anonymous.

« Vous avez voulu interdire la caricature de la une de Charlie Hebdo ? Mauvais choix », pouvait-on lire sur le site internet de l’Agence de l’informatique de l’Etat (www.adie.sn).

A la place, la caricature du prophète Mahomet du journal et un hommage aux 17 victimes des attentats terroristes à Paris s’affichait tout l’après-midi sur la page d’accueil du site gouvernemental sénégalais dimanche .

Le site officiel a subit une attaque dite de « défacement », une technique qui consiste à changer la page d’accueil pour y diffuser un message revendicatif.

Le piratage a été signé « #OpC », en référence à l’opération Charlie Hebdo lancée par Anonymous le lendemain de l’attaque terroriste dans les locaux du journal le 7 janvier.

Le site du Ministère de l’Elevage et des Farines Animales a aussi été attaqué et hacké par les Anonymous.

Condamnant l’attentat, les hackers avaient rappelé leur combat pour la défense des libertés : « Attaquer la liberté d’expression, c’est attaquer Anonymous. Nous ne le permettons pas » promettant de contre-attaquer.

Charlie Hebdo interdit au Sénégal

adie_uneDans un communiqué, l’agence officielle sénégalaise a reconnu avoir été victime « d’une série d’attaques » sur son site web, qui a été rétabli quelques heures plus tard dans la soirée.

La publication des journaux Charlie Hebdo et Libération du 14 janvier, publiant en une la caricature du prophète Mahomet, a été interdite par le président sénégalais Macky Sall.

Les caricatures du journal satirique ont provoqué la colère de nombreux manifestants au Sénégal et dans plusieurs pays musulmans. Vendredi, des milliers de personnes se sont rassemblés devant l’ambassade de France à Dakar et dans le reste du pays pour protester contre les dessins « blasphématoires » de l’hebdomadaire.

Un site internet pour louer des hackers
hackerInternet«Hacker’s List» permet d’engager un as de l’informatique pour quelques centaines de dollars. Une activité très risquée, selon l’avocat Sébastien Fanti.

Faire disparaître des photos gênantes de la toile, accéder à la boîte email de son compagnon qu’on soupçonne d’infidélité ou modifier ses notes semestrielles. Voici les demandes les plus fréquentes postées sur «Hacker’s List», une nouvelle plateforme qui permet à tout un chacun de louer les services d’un hacker présenté comme professionnel.

Des services qui se monnaient de quelques centaines à plusieurs milliers de dollars selon la mission à accomplir, mais qui ne sont pas sans risques.

«Engager un hacker ne devrait pas être un processus compliqué», annonce d’emblée sur sa page d’accueil le site lancé en novembre 2014. Basé en Nouvelle-Zélande, «Hacker’s List» se présente comme une plateforme servant d’intermédiaire entre des as de l’informatique et des internautes cherchant à résoudre des problèmes.

Une fois enregistré, l’utilisateur peut soit déposer une annonce, soit contacter directement un hacker via la liste des membres inscrits sur le site. Comme sur eBay, le paiement se fait par carte bancaire auprès de la plateforme, qui prélève au passage une commission. Le hacker informe le client de l’avancée de sa mission via son profil et n’est payé qu’une fois le travail terminé.

«Annonces illégales»

Mais qu’en est-il de la légalité? Peut-on sans autre appeler au piratage de messageries email ou de banques de données? Hacker’s List se défend de toute activité hors la loi, mettant en avant ses conditions générales qui interdisent les recours à ses services «à des fins illégales». Une défense qui fait sourire l’avocat spécialisé dans le cyber-droit, Sébastien Fanti.

«La plupart des annonces postées sur la plateforme sont illégales, relève l’avocat valaisan. Malgré toutes les conditions générales qu’ils pourraient faire figurer sur le site, le jour où un acte illicite se produit, les exploitants du site, tout comme les utilisateurs, risquent d’être inquiétés, poursuit-il. Il s’agit là d’une instigation à une infraction.» Et de relever cette annonce qui appelle à pirater les données d’une banque suisse.

«Utilisateur fiché»

«Depuis l’article paru dans le New York Times, il est fort probable que le site ait déjà été mis sous surveillance par plusieurs services de renseignements, estime l’avocat valaisan. L’utilisateur qui s’y inscrit risque donc fort d’être fiché.»

Autre danger lié à ce type de service selon Sébastien Fanti: «Voir le hacker se retourner contre le client, le menaçant de le dénoncer à la police s’il ne verse pas davantage d’argent.»

Et de conclure: «De toute façon les vrais hackers, on ne les connais pas, ils ne s’affichent pas de la sorte!» Bref, un site «à éviter», selon le spécialiste en cyber-droit.

 

Jean Louis Verdier- Bloggeur- Rédacteur en chef Digital -Paris
E-mail: dakarecho@gmail.com Tél (+00) 33 7 51 10 29 13

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