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Affaire Arcelor Mittal: Lithos corporation réclame sa part du gâteau

mr-lakshmi-mittalLe directeur général de Lithos Corporation, André Gyenfie, a accusé l’ancien Président Abdoulaye Wade d’avoir caché une part de la vérité concernant l’affaire Arcelor Mittal.

En conférence de presse organisée samedi dernier, André Gyenfie a indiqué que la genèse de cette affaire remonte au-delà de la transaction avec Kumba ressource-Arcelor Mittal.

Annonçant deux plaintes contre certaines officielles sénégalaises, il a dit regretter que Wade ait passé sous silence la mise à l’écart de sa société au profit de Kumba ressource sur la base de documents frauduleux.

Un scenario digne d’un film hollywoodien, c’est ainsi que l’on peut qualifier la tournure que prend l’affaire Arcelor Mittal.

Considérée au début comme un simple coup de gueule du père d’un prisonnier dans la traque des biens mal acquis depuis deux ans déjà, fût-il un ancien chef d’Etat, l’affaire Arcelor Mittal prend de plus en plus l’allure d’un grand déballage touchant des pratiques peu orthodoxes au sommet de la République.

A la suite des accusations de Me Wade contre Macky Sall, c’est au tour du directeur général de la société Ceo Lithos Corporation Pty Ltd, Andre Gyenfie, de monter au créneau pour étaler sur la place publique lui-aussi «sa vérité» sur cette affaire.

Lors d’une rencontre de presse tenue samedi dernier, Andre Gyenfie a notamment reproché à Me Wade de n’avoir pas dit toute la vérité sur cette affaire. Car, selon lui, la pratique nébuleuse sur ce dossier ne commence pas avec la transaction Kumba ressource-Arcelor Mittal, mais plutôt avec la mise à l’écart de Ceo Lithos Corporation Pty Ltd, en dépit du fait qu’elle est la première société à signer un contrat avec l’Etat sénégalais pour l’exploitation des mines de la Falémé.

Martelant dès le début de son propos, «Je suis témoin oculaire sur ce dossier», Andre Gyenfie relate ainsi la genèse de sa «vérité». «Nous sommes venus ici en 1996-1997 dans le cadre d’un partenariat qu’on essayait de faire avec une société qui, à l’époque, était dans l’exploitation de Sabadola…

Mais des circonstances n’ont pas permis que ce partenariat aboutisse. C’est dans cette foulée qu’on nous a parlé du projet de la Falémé… Le président Abdou Diouf était au courant de cette démarche et nous avons rencontré le Premier ministre, Habib Thiam…

On s’est mis à investir dans ce projet, un business de gros risques. Il fallait un milliard de dollars à l’époque. Cela, au moment où personne n’y croyait et on n’a pas demandé un franc au gouvernement sénégalais», précise le DG de Lithos.

Et de poursuivre, dans la foulée, «Avec l’Alternance, le nouveau président, Me Abdoulaye Wade nous a reçu trois fois exactement. Nous nous étions accordés sur comment poursuivre le dossier. Le président Macky Sall qui était à l’époque ministre des Mines est venu en Afrique du Sud sur instruction du Président pour confirmer notre relation et conforter Kumba à l’époque comme opérateur dans le projet. Kumba venait tout juste de se séparer d’une sidérurgie rachetée par Mittal et Kumba est resté dans les mines…

Tout se passait bien quand subitement, on fut exclu du projet par une simple lettre de Me Madické Niang au profit de Kumba. Alors que le contrat stipulait de faire venir un opérateur, ce que nous avons fait»

Deux plaintes pour sa part du gâteau
Pour réparer le préjudice subi par sa société dans cette affaire, André Gyenfie a annoncé deux plaintes dont une en Afrique du Sud contre Kumba ressource et l’autre au Sénégal contre les personnes qui pilotaient le dossier au moment de leur mise à l’écart, déposées par sa société.

Car, selon lui, c’est sur la base de faux documents que cette transaction a été faite.Sous ce rapport, il demande aussi à l’Etat du Sénégal de mettre fin au paiement des 70 milliards Cfa à Kumba, conformément à la décision de la Cour arbitrale de Paris.

«Nous avons découvert la supercherie, la concussion, l’association de malfaiteurs et comment le montage a été fait.Il y a tellement de faux dans ce dossier que la justice sénégalaise doit faire son travail. Le ministre Madické Niang n’avait pas le droit de nous faire sortir du projet», a-t-il dit pour conclure.

Nando Cabral GOMIS 

Jean Louis Verdier – Rédacteur en Chef Digital – Paris- Dubaï – China
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