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Accident d’un Boeing 737 MAX 8: Washington prêt à prendre des mesures « immédiates »

Accident d’un Boeing 737 MAX 8: Washington prêt à prendre des mesures « immédiates »

Les Etats-Unis se disent prêts à prendre des « mesures immédiates » si nécessaire après l’accident meurtrier dimanche d’un Boeing 737 MAX 8 de la compagnie Ethiopian Airlines, qui a fait 157 morts et conduit plusieurs pays, dont la Chine, à clouer au sol ce modèle phare de l’avionneur américain.

L’agence fédérale de l’aviation (FAA) a indiqué lundi qu’elle continuait « d’évaluer et de veiller à la sécurité des appareils commerciaux américains ». « Si nous identifions un problème affectant la sécurité, la FAA prendra des mesures immédiates et appropriées », a-t-elle assuré.

Elle a en outre indiqué qu’elle allait prochainement informer les autorités de l’aviation civile internationale des éventuelles décisions à prendre.

Le ou les scénarios de l’accident, qui s’est produit peu après le décollage, devraient être rapidement connus, les deux boîtes noires de l’appareil d’Ethiopian Airlines – celle contenant les données techniques du vol et celle enregistrant les discussions et les alarmes dans le cockpit – ayant été retrouvées lundi sur le lieu de la tragédie, dans un champ à environ 60 km au sud-est d’Addis Abeba.

Cet accident, survenu moins de cinq mois après celui d’un avion du même modèle de la compagnie indonésienne Lion Air, a provoqué des inquiétudes chez les investisseurs. Le titre Boeing avait cédé plus de 12% peu après l’ouverture de Wall Street lundi, mais n’a finalement perdu que 5,36% à 399,89 dollars.

A la suite de l’accident, Ethiopian Airlines a immobilisé ses quatre autres Boeing 737 MAX 8. Les compagnies Cayman Airways (îles Caïmans) et Comair (Afrique du Sud) ont fait de même.

Pékin a demandé lundi aux compagnies aériennes chinoises de suspendre les vols de cet appareil. Son utilisation pourra reprendre après confirmation par les autorités américaines et Boeing « des mesures prises pour garantir avec efficacité la sécurité des vols », a indiqué le Bureau chinois de l’aviation civile.

Boeing a jusqu’à présent livré 76 modèles 737 MAX 8 à des compagnies aériennes chinoises, soit un cinquième des livraisons mondiales de ce modèle. Il a engrangé plus de 4.661 commandes à fin janvier, soit l’équivalent de plus de sept ans de production au rythme actuel.

L’Indonésie a également décidé d’immobiliser ses 737 MAX 8, tout comme la Corée du Sud pour les deux appareils de la compagnie locale low-cost Eastar Jet, dans l’attente des résultats d’une inspection.

De nombreuses autres transporteurs dont FlyDubai, Norwegian, Icelandair, Southwest, American Airlines et Air Canada, continuent pour l’heure de faire voler leurs 737 MAX 8.

Boeing, pour qui ce modèle est la locomotive de ses ventes, a décidé de reporter la cérémonie de présentation de la nouvelle version de son long-courrier 777, le 777X, prévue mercredi.

Deuil national

Le vol ET 302, qui avait décollé dimanche à 08H38 (05H38 GMT) d’Addis Abeba, a disparu des radars six minutes plus tard. Selon un témoin, Tegegn Dechasa, l’arrière de « l’avion était déjà en feu lorsqu’il s’est écrasé au sol ».

Le Boeing, livré courant 2018 à la compagnie et qui avait fait l’objet d’une maintenance le 4 février, a été pulvérisé lors de l’impact.

Les enquêteurs de l’Agence éthiopienne de l’aviation civile ont été rejoints par une équipe technique de Boeing et des enquêteurs américains des autorités de l’aviation civile.

Réputée sérieuse, Ethiopian Airlines est détenue à 100% par l’État éthiopien et compte plus de 100 appareils, soit la flotte la plus importante d’Afrique. Une journée de deuil national a été décrétée lundi en Ethiopie.

Le Kenya était doublement endeuillé. Avec 32 ressortissants à bord, c’est le pays le plus touché par la tragédie, et Nairobi est par ailleurs le hub régional des Nations unies, durement affectées par la catastrophe.

Plusieurs délégués devant participer à la conférence annuelle du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), à Nairobi, se trouvaient à bord de l’avion. A l’ouverture de cette conférence lundi, la bannière bleue des Nations unies, hissée à mi-mât, flottait seule dans l’allée du quartier général du PNUE. Une minute de silence a été observée, certains dans l’assistance fondant alors en larmes.

Parmi les victimes onusiennes figurent six employés du PNUE, sept du Programme alimentaire mondial (PAM) et plusieurs du Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR).

35 nationalités

Les victimes du crash étaient de 35 nationalités différentes, selon des chiffres provisoires de la compagnie aérienne. Celle-ci a notamment dénombré 32 Kényans, 18 Canadiens, 9 Ethiopiens, 8 Italiens, 8 Chinois, 8 Américains, 7 Français, 7 Britanniques, 6 Egyptiens, 5 Allemands et 4 Indiens.

Les gouvernements français et britannique ont cependant fait état de la mort de neuf de leurs ressortissants.

Parmi les victimes figurent l’épouse et les deux enfants du député slovaque Anton Hrnko, un archéologue italien, un professeur d’université canadien d’origine nigériane, ainsi qu’un ancien secrétaire général de la fédération kényane de football.

Les messages de condoléances aux victimes ont afflué depuis dimanche, du pape François au président français Emmanuel Macron, qui sera en visite officielle en Ethiopie mardi et mercredi puis au Kenya mercredi et jeudi.

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