Dakar-Echo

Abdou Sadji exporte la cuisine sénégalaise à la..Réunion

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Ouvert depuis plus de cinq ans, le restaurant le QG, situé à Bourg-Murat à la Plaine-des-Cafres, s’est imposé dans le paysage culinaire pei.

Une table où il fait bon manger et qui donne des envies d’évasion. Convivialité, rencontres, cuisines péi et sénégalaise sont autant de saveurs qu’Abdou Sadji, le propriétaire des lieux, mijote avec passion.

Plaine des cafres

Pour ceux qui connaissent un tant soit peu les bonnes tables de Bourg-Murat, le QG est devenu incontournable. Tant est si bien, qu’en quelques années, le restaurant s’est forgée une réputation digne des plus plus grandes adresses gastronomiques de la Réunion.

On vient de toute l’île déguster un cari pattes cochon, se délecter d’un rougail zandouilles ou s’offrir une parenthèse exotique avec un poulet yassa ou un mafe.

Ouvert en 2009, le QG s’est imposé dans le paysage culinaire et gourmand de l’ile sans faire de bruit, sans brusquer, avec pour seule arme l’amour de la cuisine. Mais on ne vient pas seulement ici pour la bonne bouffe.

Abdou Sadji, le propriétaire des lieux, avec sa tchatche et sa bonne humeur à su fidéliser ces clients. Il faut dire qu’il ne ménage pas non plus ces efforts. Ouvert 7 jours sur 7, de 7h du matin à 22h, il a voulu que cette adresse soit celle de tous.

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« Ici, les éleveurs se lèvent tôt et se couchent tôt. Ils peuvent venir boire un café le matin ou manger un riz chauffé. On rajoute quelques oignons, un ti piment et on fait revenir à la cheminée. Le soir, nous avons encore une autre clientèle.

J’aime que des touristes puissent manger aux cotés d’artistes locaux, des créoles, des zoreilles ou de personnalités telles que Nassimah Dindar ouTak. Quand j’ai ouvert le restaurant, je voulais que ce soit un lieu où tout le monde se retrouve. D’où son nom, le QG », explique Abdou partisan du meelting pot.

Une mixité des genres et des cultures que ce sénégalais d’origine cultive jusque dans son personnel. « J’ai une serveuse mauricienne, une autre uruguayenne, nous avons des apprentis créoles, je suis franco-sénégalais… Ça fait un bon mélange », dit-il le sourire aux lèvres.

« Je me sens comme au Sénégal »

Mais évidemment, la question que tout le monde se pose et pourquoi un sénégalais est venu s’installer à la fraicheur des hauts de la Réunion ? L’amour bien sûr, on l’aurait parié ! « J’ai rencontré mon ex-femme à Nice où on vivait. C’est une Yab des hauts. Quand elle est tombée enceinte, elle voulait accoucher à la Réunion, chez elle, à la Grande ferme. Alors, on est venu s’installer ici », raconte-t-il. C’était en 2005.

Pendant près d’un an, il travaille avec son ex beau-père dans l’élevage et se nourrit de la culture créole. Passionné de cuisine, il apprend avec sa belle-mère d’alors à faire le cari lontan, cuit au feu de bois.

« Je la regardais faire, j’épluchais les oignons. Je faisais la petite main. Je me rappelle encore la première fois que j’ai mangé un cari. C’était un cari coq pei avec les pattes, le gésier, le foie accompagné d’un sauté brédes. C’était fantastique », se rappelle t-il avec tendresse. Il n’en faudra pas plus à Abdou pour tomber amoureux de La Réunion.

« Je me suis rapidement senti chez moi comme au Sénégal. J’aime cette île, ses richesses et la convivialité qui se dégage. Ça faisait un moment que je zyeutais ce local pour en faire un restaurant ». En avril 2009, « le 14 exactement », précise t-il, le QG ouvre ses portes. « Nous avons tout fait nous mêmes. Les chaises et les tables en goyavier ont été fabriquées par Jean-François Hoareau. J’ai fait la cheminée avec un ami », énumère t-il.

Abdou cultive le local jusqu’au bout de sa cuisine. « Nous utilisons que des produits frais locaux. Les pommes de terre viennent de Piton Hyacinthe, la viande d’éleveurs péi, les légumes sont du coin et tout est cuit au feu de bois à l’ancienne ».

Un temps associé à l’artiste peintre André Béton, Abdou poursuit son aventure seul. Depuis 8 mois son petit frère, Cheikh, vient de le rejoindre dans cette belle entreprise. « Il est cuisinier de formation et il apporte un coté plus professionnel. Moi, je cuisine comme à la maison sauf qu’il y a beaucoup d’invités ! », dit-il amusé.

La carte s’est donc étoffée avec des plats plus classiques de la gastronomie française tels que des cailles farcies au foie gras, une côte de bœuf au fer à repasser, de la tête de veau et « des fantaisies » comme Abdou les appelle qui vous excitent les papilles.

Aujourd’hui, à 40 ans, mais on lui en donne 25, Abdou n’échangerait sa place pour rien au monde. « J’y passe du temps. Mais je n’y réfléchit pas. J’aime mon métier, je prends plaisir et ce qui me comble par dessus tout, c’est de voir les gens se régaler. J’aime être à la Réunion et donner l’impression de voyager ».

Et s’il retourne tous les ans au Sénégal, avec ses deux enfants, Zya, 8 ans et Salif, 4 ans, il se sent ici à la Réunion chez lui « On m’appelle Yab des hauts » confie amusé ce mi-Créole, mi-Sénégalais-zoreil.

Carine Chamfrault avec Clicanoo

Jean Louis Verdier- Bloggeur- Rédacteur en chef Digital -Paris
E-mail: dakarecho@gmail.com Tél (+00) 33 7 51 10 29 13

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