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A Libreville, la famille Mebiame entraîne les renseignements dans ses conflits fonciers

A Libreville, la famille Mebiame entraîne les renseignements dans ses conflits fonciers

Depuis sa mort en 2015, les héritiers de l’ancien premier ministre Léon Mebiame Mba se déchirent autour de l’importante succession de l’un des plus gros propriétaires terriens du pays. Les « services spéciaux » sont intervenus à la demande des enfants de la première épouse, menés par Samuel Mebiame.

Quand la succession d’Omar Bongo continue d’alimenter les tensions familiales et les procédures judiciaires en France, une autre bataille d’héritage se déroule en toute discrétion à Libreville. Elle se joue au sein de la famille de l’ancien vice-président (1968-1975) et premier ministre (1975-1990) Léon Mebiame Mba, grand propriétaire terrien dans tout le Gabon et en particulier dans la capitale, le fief natal de celui qui était aussi un notable de la communauté fang.

Depuis sa mort en décembre 2015, en l’absence de testament clair, ses trois épouses, compagnes et sa vingtaine d’enfants se déchirent autour des centaines de millions d’euros d’actifs immobiliers et de titres de propriétés foncières.

Un héritier s’agite particulièrement. Samuel Mebiame a saisi la justice gabonaise et menace de déposer une plainte en France au sujet d’un terrain appartenant à son père et occupé par une station-service TotalEnergies à Libreville. Ce consultant est passé par la prison aux Etats-Unis (2017-2019) pour des faits de corruption d’agents publics au Niger, au Tchad et en Guinée pour le compte du fonds d’investissement américain Och-Ziff.

Etabli depuis en Afrique du Sud, où il dispose d’un entregent au sein de l’African National Congress (ANC), ce fils de la première épouse de Léon Mebiame s’est jeté dans les intrigues familiales, réactivant ses relations au sein des services de renseignement gabonais.

VIREMENTS SURVEILLÉS
Il a discrètement sollicité les « services spéciaux » invités à se pencher sur cet héritage contesté, en plus de la police judiciaire qui a mené des enquêtes durant quatre ans. Il estime que des biens ont été détournés par les enfants des deux autres veuves, avec la complicité de la notaire Suzanne Ogoula Nkondawiri.

Dans une note du 30 décembre 2020 transmise à la Direction générale des recherches (DGR), la direction des investigations de la gendarmerie nationale estime que des virements effectués par l’étude notariale du compte de succession, vers des clients tels que KPMG Afrique centrale, ne sont « pas relatifs à la succession Mebiame ». Contactée, la notaire Me Ogoula Nkondawiri n’a pas souhaité faire de commentaires.

Les autres héritiers se sont plaints en retour, dans une correspondance envoyée au ministre de la défense en décembre 2020, d’être « harcelés » par des agents de la DGR qui convoquent régulièrement les veuves et surveillent leurs opérations financières.

Les six enfants Samuel Mebiame de « dilapider » les biens de leur père. des dernières épouses du défunt accusent à leur tour surveillent leurs opérations financières. Les six enfants Samuel Mebiame de « dilapider » les biens de leur père. des dernières épouses du défunt accusent à leur tour

Dakarecho avec Africa Intelligence

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