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Les cadres de Rewmi en mode «Traking» pour perturber le sommeil de Macky Sall

Les cadres de Rewmi en mode «Traking» pour perturber le sommeil de Macky Sall

Les alternatives pour la création d’une véritable économie « bleue », l’inadéquation entre la formation professionnelle et l’emploi des jeunes et les contraintes du Plan Sénégal émergent (PSE) dans le développement du secteur privé national sont les trois questions essentielles sur lesquelles se sont penchés, samedi dernier à l’hôtel Pullman, les cadres de Rewmi qui ont dénoncé à cette occasion ce qu’ils ont appelé la « mauvaise gestion » du régime de Macky Sall.

A les en croire, la politique menée par le régime en place freinerait le développement des secteurs économique et social qui souffriraient d’inadéquation, de paralysie, d’incohérence, selon les cadres de REWMI qui comptent entamer la « traque » aux hommes du président Macky Sall.

Les cadres de Rewmi ne comptent plus lâcher les « hommes de Macky » d’une semelle. Ils vont essayer de faire souvent un « traking » de la gouvernance du chef de l’Etat. « On va désormais répondre au gouvernement du tic au tac », a déclaré hier le coordonnateur de la Cellule des cadres de Rewmi (CECAR).

Selon Dr Abdourahmane Diouf, son parti est dans une logique de « déconstruction-construction ». La tâche est dévolue à des « répondants automatiques », avec un « cerveau » dans chaque secteur d’activités. Les hommes de Idy sont ainsi dans une logique de mettre en branle leur « plan de guerre » pour « déloger » le président Macky Sall de son palais.

Après un temps de répit, suite à la polémique sur«Bakka»et«Makka», les«rewmistes » repassent à l’offensive. Cette fois-ci, ils ont choisi de s’attaquer enfin aux questions sérieuses. En ciblant notamment la « mauvaise gestion » du pays par le régime en place. Constitués en cellule, les cadres de Rewmi ont entamé une nouvelle démarche avec des séries de rencontres destinées à échanger sur des questions économiques et sociales.

Samedi dernier, l’hôtel Pullman leur a servi de cadre avec comme seul objectif : donner une alternative pour la création d’une véritable économie « bleue », échanger sur le couple formation professionnelle et emploi des jeunes — une véritable bombe à retardement, selon eux — et faire le point sur le Plan Sénégal émergent (PSE) notamment la contrainte qui empêche l’envol du secteur privé national.

« Il n’y a pas de surplus qui peut justifier les accords de pêche »
La nouvelle démarche part d’un constat, selon Pape Gora Ndiaye qui a fait une communication sur la raréfaction des ressources halieutiques. Et qui s’est indigné de la « surcapacité » dans le secteur et le sous-secteur de la pêche. Selon le cadre rewmiste, « il y a un déclin de stocks halieutiques dans une situation de pleine surexploitation. Un thiof sur deux n’est pas pêché au Sénégal. Et les autorités ne veulent pas qu’on en parle. Il n’y a pas de surplus au Sénégal qui pourrait justifier la signature d’accords de pêche avec un pays tiers. Ils ne font qu’enrichir des rentiers au détriment du pêcheur sénégalais », a soutenu « l’expert ès-pêche de Rewmi ». Qui invite le gouvernement à « geler » la signature d’accords pour parvenir à étaler le stock.

« La crise dans le secteur de la pêche s’est aggravée sous le régime de Macky Sall. Le secteur est en train de crouler sous les décombres d’une mauvaise gestion. Cela résulte de la recherche du profit immédiat maximal sans aucune précaution de durabilité », a dit M. Ndiaye selon qui la gestion des ressources maritimes et côtières est victime d’une politique incohérente et inadaptée ayant du mal à concilier gestion durable des ressources halieutiques, création de re- cherches nationales et sécurité alimentaire ».

Aussi, « plus de 18 000 » employés dans le secteur de la pêche sont-ils des « journaliers », a- t-il estimé. Tout espoir n’est pas perdu cependant pour ce secteur de la pêche, estime M. Pape Gora Ndiaye qui s’est dit convaincu qu’il est possible de redresser la situation « avec Idrissa Seck », dans un délai de « cinq ans ».

Une nouvelle loi fiscale pour protéger les entreprises locales
Les cadres de Rewmi sont formels. On ne peut pas faire émerger un pays sans un tissu économique local fort. Malheureusement, estiment-ils, « le secteur manufacturier national, secteur le plus important, est à 4,5 % de contribution du PIB (produit intérieur brut). Les petites et moyennes entreprises (Pme) sont presque paralysées.

Le Sénégal est à 63 % de taxes intérieures. Ce qui est énorme », selon El Hadj Mansour Samb qui parle d’un « code d’investissement vide » dans un « secteur cassé ». M. Samb, qui exposait sur le thème « PSE ; une contrainte structurelle au développement d’un secteur privé national » trouve qu’il est « nécessaire de mettre en place une nouvelle loi fiscale » afin de protéger les entreprises locales. Et surtout « fusionner les trois institutions de financements (Bnde, Fonsis et Fongip) et essayer de travailler avec elles pour trouver de l’argent.

En effet, déplore-t-il, les trois directeurs généraux de ces institutions s’activent chacun de son côté actuellement. Encore que les Sénégalais ne les sentent pas » tacle-t-il. Dans sa communication, El Hadj Mansour Samb a expliqué aussi comment l’aide liée ou l’offre spontanée contribue à l’appauvrissement des pays.

Combiner la formation théorique et l’expérience pratique
Les échanges des cadres du parti de M. Idrissa Seck ont aussi porté sur le social. Le troisième exposé a mis en exergue la question de la formation professionnelle et l’emploi des jeunes. « Il n’y a pas une adéquation entre ces deux entités. Or, la formation théorique et l’expérience pratique doivent être combinées ».

C’est la conviction de Abdou Fouta Diakhoumpa, qui introduisait le thème. Selon lui, le gouvernement de Macky Sall doit prévoir une nouvelle politique allant dans ce sens. Et penser à créer des pôles pour y développer des filières dans les zones des Niayes et le bassin arachidier. « On pourrait y développer plusieurs activités agricoles (comme la production et la vente), qui ne demandent pas une formation pointue. Et qui, pourtant, permettraient de désengorger la ville, fixer les populations et attirer d’autres qui vont se fixer elles-mêmes », a-t-il préconisé.

« Sénégal d’abord » ou le « fil d’Ariane » de REWMI
La cellule des cadres de Rewmi (CECAR) a ainsi commencé à distiller par « séries de petites mesures » la démarche qu’elle compte adopter pour les six prochains mois. Des cadres qui disent, « préférer Demba à Dupond » avec une seule préoccupation : « Le Sénégal d’abord », une politique qui sera le « fil d’Ariane » du programme de Rewmi pour la victoire de son candidat, l’ancien Premier ministre Idrissa Seck, au mois de février 2019.

D’où la mission que s’est assignée la CECAR, « locomotive du parti », selon son secrétaire général qui entend rendre le travail beaucoup plus performant à travers trois axes stratégiques. « Il s’agit de l’identification des problèmes des Sénégalais, de la recherche de solutions à ces problèmes et la proposition d’un programme alternatif pour le candidat Idrissa Seck », a expliqué Khaly Diouf.

Maimouna FAYE FALL

Jean Louis Verdier- Bloggeur- Rédacteur en chef Digital -Paris
E-mail: dakarecho@gmail.com Tél (+00) 33 7 51 10 29 13

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